Le ton exceptionnellement virulent adopté par les médias d’État chinois après la purge suscite l’attention d’analystes qui y voient un possible signe d’instabilité au sein des forces armées.
La Chine annonce une nouvelle purge militaire après la chute brutale de hauts généraux, selon des analystes 👇👇👇

Séisme au sommet de l’armée chinoise – La chute soudaine de deux des plus hauts responsables militaires de Chine a déclenché une riposte particulièrement virulente des organes de propagande du Parti communiste chinois (PCC), alimentant chez les analystes et observateurs de la Chine l’hypothèse que cette purge pourrait être liée à une tentative de remise en cause de l’autorité de Xi Jinping.
Le 24 janvier, le ministère chinois de la Défense nationale a annoncé l’ouverture d’une enquête visant Zhang Youxia, membre du bureau politique et vice‑président de la Commission militaire centrale (CMC), ainsi que Liu Zhenli, membre de la CMC et chef de l’état‑major interarmées, pour de « graves violations de la discipline et des lois ».
Environ huit heures plus tard, le Quotidien de l’Armée populaire de libération, organe officiel de l’armée, publiait un éditorial au vitriol fustigeant les deux hommes dans des termes rarement employés à l’égard de responsables de ce rang.
Le texte accusait Zhang et Liu d’avoir sapé les prérogatives du président de la CMC, poste actuellement occupé par Xi. Il les chargeait en outre d’avoir mis en péril les fondements du pouvoir du PCC, affaibli la loyauté politique de l’armée, corrompu les chaînes de commandement internes et nui à la préparation au combat — un vocabulaire qui dépasse de loin les accusations classiques de corruption.
Un éditorial à forte portée politique
Officiellement, le Quotidien de l’APL présentait cette enquête comme un volet supplémentaire de la campagne anticorruption menée par Pékin. Le journal appelait l’armée à maintenir une unité absolue autour du comité central du Parti et de Xi à sa tête, et à se conformer sans réserve aux ordres de ce dernier.
Mais les analystes soulignent que la virulence des attaques — et l’accent mis sur la déloyauté politique plutôt que sur les malversations financières — ne sont pas passées inaperçues.
Le commentateur des affaires chinoises Li Linyi a déclaré à Epoch Times que cette rhétorique semblait accréditer indirectement des rumeurs de longue date, selon lesquelles Zhang et Liu auraient été impliqués dans une tentative de manœuvre politique contre Xi.
Après l’annonce officielle, Du Wen, ancien conseiller juridique du gouvernement de Mongolie‑Intérieure ayant fui la Chine et vivant aujourd’hui en Belgique, a affirmé, sur sa chaîne YouTube en chinois, qu’il est largement admis que Zhang et Liu auraient tenté un coup de force contre Xi au nom du « sauvetage du PCC ». Il a décrit une situation hautement volatile.
Epoch Times n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante l’existence d’une telle tentative de coup d’État.
Alerte maximale dans l’armée
Du Wen affirme également que Xi aurait ordonné la mise en état d’alerte renforcée de l’ensemble de l’appareil militaire chinois, demandant aux unités de suspendre leurs activités courantes et d’attendre de nouvelles instructions de la direction centrale du Parti. Selon son récit, les troupes auraient été cantonnées dans leurs garnisons, les communications extérieures coupées et tout redéploiement interdit — des mesures qui, d’après lui, refléteraient la crainte de Xi de voir des unités converger vers Pékin.
Lingling Wei, correspondante en chef pour la Chine au Wall Street Journal, a écrit sur X que les retombées de cette affaire sont probablement loin d’être terminées. Sous la direction de Zhang et Liu, a‑t‑elle rappelé, des milliers d’officiers ont été promus à des postes de haut rang. « Ces responsables comprennent désormais qu’ils constituent les cibles privilégiées d’une purge systémique », a‑t‑elle écrit.
Selon cette même publication, les téléphones portables des militaires auraient été confisqués et les unités placées en alerte renforcée.
Le PCC n’a pas reconnu publiquement de telles mesures.
Tests de loyauté et risque d’instabilité militaire
Le commentateur Li estime que, même si le récit officiel présente Xi comme ayant repris la main, l’effet profond au sein de l’armée pourrait être déstabilisateur.
« Tous les soldats et officiers peuvent constater à quelle vitesse même les plus hauts dirigeants du PCC peuvent être renversés », observe‑t‑il. « Si tout le monde est, par définition, suspecté de corruption et de déloyauté, le moral s’érode et le risque de troubles augmente plutôt qu’il ne diminue. »
Su Tzu‑yun, chercheur à l’Institut de recherche sur la défense nationale et la sécurité, à Taïwan, a déclaré à Epoch Times que cet épisode reflète des problèmes structurels plus profonds au cœur du système de pouvoir de Xi. Il décrit les luttes internes au sein du PCC comme un signe de mauvais augure pour la stabilité du régime.
Selon lui, la ligne politique dure et l’orientation idéologique très à gauche de Xi sont de plus en plus en décalage avec la réalité économique de la Chine, ce qui pourrait nourrir de nouvelles crises internes.
« Xi lui‑même est devenu le principal accélérateur du déclin du PCC », estime‑t‑il.
La dernière vague de remaniements s’inscrit dans une série de purges spectaculaires dans l’armée au cours de l’année écoulée. Lors du quatrième plénum du PCC, en octobre 2025, l’ancien vice‑président de la Commission militaire centrale He Weidong et le membre de la CMC Miao Hua, entre autres, ont été écartés. Ces figures étaient jusqu’alors considérées comme proches de Xi.
Quelques semaines après ces purges, l’organe officiel du Parti, le Quotidien du peuple, publiait un article signé Zhang Youxia, en novembre, dans lequel ce dernier mentionnait Xi ou « le président Xi » plus de vingt fois, mettant en garde contre les « personnes à double visage » affichant une loyauté de façade.
« Le système lui‑même fabrique des “personnes à double visage” », souligne Li, rappelant que de nombreux responsables avaient publiquement proclamé leur loyauté avant de tomber en disgrâce.
« Les déclarations politiques [de loyauté] de Zhang Youxia n’avaient aucune valeur. »
Tang Bing a contribué à cet article.
La Chine annonce une nouvelle purge militaire après la chute brutale de hauts généraux, selon des analystes
La rhétorique idéologique des médias d’État et les avertissements d’analystes laissent penser que Xi Jinping pourrait durcir encore la vaste restructuration en cours au sein de l’appareil militaire du régime.

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