En 2025, la France a enregistré 1268 homicides, soit en moyenne un meurtre toutes les sept heures, selon le dernier bilan annuel du ministère de l’Intérieur.

Des membres de la police scientifique française recueillent des indices sur les lieux d'un crime après qu'un homme a été abattu en plein jour, à Marseille, dans le sud de la France, le 9 octobre 2025.
Photo: MIGUEL MEDINA/AFP via Getty Images
Ce total, en hausse de 8% par rapport à l’année précédente, confirme l’ancrage d’un niveau de violence qui était au milieu des années 2010, de moins de 900 homicides par an.
Cette progression intervient alors que certains autres indicateurs de la délinquance – comme les vols de voitures ou les cambriolages – connaissent une forme de reflux, ce que Beauvau qualifie de situation « contrastée ». À l’inverse, les atteintes volontaires à l’intégrité physique, les violences intrafamiliales et les règlements de comptes liés aux trafics de stupéfiants continuent de tirer vers le haut les statistiques de la criminalité.
Une hausse confirmée par les bilans officiels
Les chiffres consolidés pour 2025 s’inscrivent dans le prolongement d’une tendance déjà signalée par le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) pour 2023 et 2024. Le rapport « Insécurité et délinquance en 2024 » faisait état de 980 homicides, soit environ trois par jour, après 1.010 en 2023 et 959 en 2022.
En 2025, le cap des 1268 morts violentes marque un nouveau pallier, avec un rythme proche de quatre homicides en 24 heures. Sur une période plus longue, les données ministérielles montrent une hausse d’environ 30% du nombre de victimes d’homicide entre 2016 et le milieu des années 2020, alors que la France flirtait encore avec la barre des 900 faits il y a moins de dix ans, selon le Figaro.
Les statistiques trimestrielles publiées au fil de l’année avaient déjà laissé entrevoir cette remontée. Interstats signalait ainsi, pour le premier trimestre 2025, 287 homicides enregistrés, avec une légère baisse par rapport à la fin 2024, mais dans un contexte de plateau élevé par rapport au début de la décennie.
Criminalité du quotidien et trafics sous tension
Le ministère de l’Intérieur souligne que cette hausse des homicides se combine avec une augmentation des violences physiques, qu’elles surviennent à tous les niveaux, dans le cadre intrafamilial, sur fond de conflits de voisinage ou lors d’agressions en extérieur. Les coups et blessures volontaires, déjà à un niveau historiquement haut, constituent le terreau d’une partie de ces passages à l’acte mortel.
Les bilans officiels insistent également sur le rôle du narcotrafic et des règlements de comptes entre bandes, qui pèsent lourdement dans la mortalité criminelle. Dans plusieurs grandes agglomérations, une part significative des homicides résulte d’affrontements liés au contrôle des points de deal, parfois commis en pleine voie publique.
Un indicateur emblématique de la sécurité
Les homicides demeurent, en valeur absolue, un phénomène rare au regard de l’ensemble des crimes et délits enregistrés, dominé par les atteintes aux biens et les violences non mortelles. Mais leur charge symbolique en fait un baromètre central de la perception de la sécurité, largement relayé par les médias et le débat politique.
Au-delà des homicides, les tentatives connaissent une dynamique encore plus marquée. Le SSMSI relevait pour 2024 plus de 4300 tentatives d’homicide, en hausse d’environ 7% en un an et de 8% par an en moyenne depuis 2016, quand les homicides augmentaient d’environ 1% par an, selon
Cette divergence tient notamment aux progrès médicaux et à la prise en charge plus rapide des victimes, qui permettent de sauver des personnes qui, dans des contextes antérieurs, seraient mortes de leurs blessures. Les enquêteurs constatent aussi une banalisation des armes blanches et des armes à feu dans certains milieux criminels, multipliant les situations où une agression peut basculer en tentative d’homicide.
Pour les services de police et de gendarmerie, cet ensemble de données justifie le renforcement des dispositifs de prévention et de lutte contre les violences, qu’il s’agisse des cellules dédiées aux violences intrafamiliales, des plans anti-drogue ou des opérations ciblées contre les trafics d’armes.
Les autorités insistent sur le fait que ces chiffres ne reflètent qu’une partie de la réalité, celle des faits portés à la connaissance des forces de l’ordre et enregistrés dans les systèmes statistiques. Les enquêtes de victimation, menées en parallèle par l’Insee et le ministère de l’Intérieur, montrent systématiquement un niveau de violences vécu supérieur au volume de violences déclarées.
Nous le ressentons tous, même si nous n'en comprenons pas toujours toutes les causes ou les complexités.
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