Arnaud Beltrame est mort des suites d'une blessure au cou. Un élément sur lequel les autorités n'ont pas immédiatement communiqué.
/image%2F1311484%2F20180325%2Fob_da9445_s.jpg)
1) Fiché S en 2014, naturalisé français en 2015 = normal ???? 2) 3) COMMUNIQUE DE PRESSE DU 24 MARS 2018 La Grande Loge de France rend hommage à son Frère, le lieutenant-colonel Arnaud Beltram...
http://www.brujitafr.fr/2018/03/prise-d-otage-a-trebes-un-coup-monte-de-l-elite-reseau-gladio.html
La rumeur s'est propagée samedi matin sur Twitter, dans la foulée de l'annonce de la mort du lieutenant-colonel Beltrame : une femme, dont le compte a depuis été supprimé, accusait Gérard Collomb de mensonge et affirmait que son frère, chirurgien à Carcassonne, lui avait révélé les véritables circonstances du meurtre du gendarme, "égorgé" et non tué par balles. Le témoignage laconique de cette personne, par ailleurs pourfendeuse de la "propagande islamiste" et un temps contributrice pour le site d'extrême droite Riposte Laïque, s'est propagé comme une traînée de poudre dans la fachosphère.
COMMUNIQUE DE PRESSE DU 24 MARS 2018
La Grande Loge de France rend hommage à son Frère, le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame
C’est avec une grande émotion que les Frères de la Grande Loge de France ont appris aujourd’hui le décès de leur Frère, le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, membre de la Respectable Loge Jérôme Bonaparte à l’Orient de Rueil-Nanterre.
Ils s’associent pour rendre un vibrant hommage à cet homme « parti en héros », qui a fait preuve d’un sens du devoir et du sacrifice exemplaire. Cet acte de bravoure et son patriotisme sans faille ont permis de sauver des vies et rappelle qu’il ne faut jamais plier face à la barbarie.
Toutes les pensées de nos Frères accompagnent sa famille en cet instant d’une grande tristesse.
La Grande Loge de France continue de saluer les représentants des forces de l’Ordre de la République qui combattent toutes les formes d'ostracisme, de xénophobie et de terrorisme, en un mot à toutes les formes de rejets des autres, nos Frères et Sœurs en humanité.
Philippe Charuel
Grand Maître de la Grande Loge de France
------------------------------------------------------------------
Il a fallu attendre dimanche après-midi pour que l'information soit partiellement confirmée de source judiciaire, par "le Parisien" puis "l'Obs". Selon l'autopsie réalisée samedi, Arnaud Beltrame est décédé des suites d'une "plaie gravissime de la trachée et du larynx par arme blanche", autrement dit d'un coup de couteau au cou ou d'un égorgement (les définitions du mot sont ambiguës). Mais le terroriste Radouane Lakdim, qui disposait d'un couteau et d'une arme de poing, avait également tiré plusieurs balles sur son otage, provoquant des "lésions non létales". Ce lundi soir, le procureur de la République de Paris François Molins a confirmé qu'une "plaie très grave de la trachée et du larynx, ayant entraîné une détresse respiratoire", était à l'origine du décès.
En 2015 et en 2016 déjà, de nombreux internautes marqués à droite ou à l'extrême droite avaient accusé les médias et les pouvoirs publics de cacher ou d'édulcorer la vérité sur les circonstances de la mort des victimes du Bataclan (le 13 novembre 2015) et du père Jacques Hamel (à Saint-Etienne-du-Rouvray). Quant à la présidente du FN Marine Le Pen, elle a été mise en examen le 1er mars pour avoir diffusé la photo de la décapitation de l'otage américain James Foley par Daech, fin 2015.
Nous avons contacté Nicolas Hénin, président du think tank Action Résilience, pour lui demander pourquoi les autorités ont tardé à divulguer ces éléments. Son dernier ouvrage, "Comprendre le terrorisme" (2017, éd. Fayard), comporte notamment un chapitre sur la communication et l'information autour des attaques terroristes.
Les djihadistes de l'EI ont fait du meurtre par égorgement ou décapitation une sinistre marque de fabrique. S'appuient-ils sur un prétexte religieux ou idéologique ou est-ce une pure stratégie de communication ?
C'est avant tout un acte spectaculaire, mais c'est aussi une atteinte à l'intégrité physique du corps du supplicié. Ça n'a d'ailleurs rien d'original. Ce n'est pas pour rien que la Révolution française, dans l'un de ses épisodes qu'on a nommé la Terreur, a inventé la guillotine. On retrouve ce genre de profanation du corps de l'ennemi tué dans énormément de cultures, de guerres et de guérillas. Dans tout conflit, quand on tue ou blesse un ennemi, il y a bien sûr l'aspect comptable d'avoir éliminé un combattant, mais il y a une recherche au moins aussi importante de l'effet psychologique.
Sur le mode opératoire pur, lorsqu'on étudie l'historique lointain du terrorisme islamique, on ne constate pas une tradition particulière d'égorgements et de décapitations. C'est relativement propre à l'Etat islamique. L'EI [à l'époque une branche locale d'Al-Qaida, NDLR] est créé au printemps 2004 en Irak, par Abou Moussab al-Zarqaoui, et c'est en mai 2004 qu'on a la première vidéo de décapitation d'otage [l'Américain Nick Berg, NDLR]. C'est à ce moment que ce mode opératoire s'installe dans le système de représentation djihadiste. L'EI a compris qu'il s'agissait d'un moyen efficace de resserrer ses propres troupes, de recruter de nouveaux partisans et en même temps de démoraliser l'adversaire.
Comment expliquer que les autorités n'aient communiqué sur cette blessure au cou que 48 heures après l'attentat, et au lendemain de la mort d'Arnaud Beltrame ?
La priorité, en matière de communication sur le terrorisme, c'est le respect absolu de la dignité des victimes. Peut-être qu'avec ce but en tête, et en se plaçant du point de vue de ses proches, les autorités ont voulu dans un premier temps rester pudiques sur la nature des blessures. Ce serait donc très grave que la fachosphère ait violé cette dignité en apportant ces détails. Tous ces propos forment une caisse de résonance qui amplifient et perpétuent l'atteinte à la dignité des victimes.
Le crime est parfaitement constitué, ainsi que son abomination, sans que le public ait besoin d'avoir tous les détails. Si par exemple des images du crime venaient à circuler sous le manteau, cela n'aurait absolument aucun intérêt, en matière d'information, que de les faire tourner.
Que dire à ceux qui crient au "deux poids deux mesures" ?
C'est très simple. Les seules images de victimes qui méritent de circuler sont les victimes qui sont niées ou ignorées. C'est d'ailleurs une des bases du métier de reporter de guerre. C'est ce qui justifiait pleinement les images de la Shoah par exemple, ou de tous les massacres oubliés. Là, aussi respectueusement que possible, il faut montrer les images des victimes. Par contre, dans un cas comme celui-ci, personne ne va nier le fait que des personnes innocentes ont été victimes d'un crime perpétré par un terroriste. Il n'y a aucune justification à rentrer dans les détails car il y a un consensus sur la réalité du crime.
Au contraire, je dirais même que c'est contribuer au dessein de démoralisation recherché par les terroristes que de propager l'effroi en surjouant l'émotion. L'émotion est là, elle est réelle, elle n'a pas besoin d'être surjouée. En matière d'information sur les questions terroristes, il faut toujours privilégier la sobriété, la précision des termes et la vérification des faits, car sinon on se retrouve rapidement à faire la promotion des gens qu'on prétend combattre.


Commenter cet article