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Les journalistes de l'ERT poursuivent leurs émissions sur le web. Après avoir brutalement fermé l'ERT, le gouvernement a annoncé la création d'un nouveau groupe audiovisuel.

 

Austérité en Grèce : la télé publique a cessé d'émettre

 

Les programmes de l'ERT se poursuivent mercredi 12 juin grâce à une diffusion sur le web.  Les programmes de l'ERT se poursuivent mercredi 12 juin grâce à une diffusion sur le web.  (LOUISA GOULIAMAKI / AFP) Par Francetv info avec AFP

Mis à jour le 12/06/2013 | 13:22 , publié le 12/06/2013 | 13:10

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Comment renaître de ses cendres après l'écran noir ? Après la fermeture de l'audiovisuel public en Grèce, une grève générale est prévue jeudi 13 juin. Les salariés des chaînes publiques grecques ERT tentent eux mercredi de faire revenir le gouvernement sur sa décision choc la veille de fermer abruptement tout l'audiovisuel public en Grèce, télévisions et radios, risquant d'ouvrir une nouvelle crise politique dans le pays.

Toutes les émissions des trois chaînes d'ERT ont été arrêtées mardi peu vers 22h30, heure de Paris, quelques heures seulement après l'annonce de la décision. Les canaux numériques ont été coupés et les écrans sont devenus noirs dans toute la Grèce, déclenchant une stupeur générale dans les couloirs du siège de la vénérable société d'audiovisuel public, remplis de journalistes en larmes ou d'assistantes éplorées découvrant qu'ils venaient tout juste de perdre leur emploi.

 

 

Les programmes continuent sur le web 

Privés d'antennes, les journalistes et techniciens d'ERT ont décidé de continuer leurs programmes mercredi. Leurs émissions sont visiblent sur le web www.ert.gr,  sur ce flux en direct (ustream) et sur la chaîne locale 902 en Grèce, un canal analogique appartenant au parti communiste grec KKE.

L'ERT continue également d'alimenter en vidéos sa page sur Youtube. Même chose sur les réseaux sociaux : ses comptes Facebook et Twitter appelent à s'opposer à la décision brutale du gouvernement grec. 

 

Des manifestants protestent mercredi 12 juin 2013 contre la décision du gouvernement grec de fermer brutalement l'audiovisuel public la veille. Des manifestants protestent mercredi 12 juin 2013 contre la décision du gouvernement grec de fermer brutalement l'audiovisuel public la veille. (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

 

Pendant ce temps, devant le siège de la radio télévision grecque, la foule afflue en mi-journée pour soutenir les journalistes et techniciens de l'audiovisuel public grec. "J'ai 51 ans et ils veulent me faire postuler de nouveau à mon propre emploi" se lamente Spyros Priovolos, réalisateur de documentaires venu soutenir les salariés, interrogé par l'AFP. "Ils ne veulent plus rien dans le public, les hôpitaux, les écoles, tout s'en va, ce sont des barbares", lâche dans un souffle Thérèse Alatsi, enseignante de français à la retraite, et spectatrice de la télévision publique, à ses côtés. La fermeture de la ERT, dont l'histoire remonte aux années 50, entraîne le licenciement de près de 2 700 employés, dont 677 journalistes.

Le gouvernement annonce la création d'un nouveau groupe audiovisuel public

Le gouvernement grec, qui rend des comptes cette semaine à la troïka des créanciers internationaux du pays, a mené une véritable guerre éclair contre ERT, aussi critiquée pour ses privilèges, son clientélisme, et sa mauvaise gestion que respectée dans les milieux culturels pour l'exigence de son travail, notamment en matière de documentaires.

Ce projet de loi, qui doit être discuté par les trois partis de la coalition gouvernementale et sera déposé au parlement pour être adopté, prévoit la constitution "d'une société anonyme publique appartenant à l'Etat", mais qui "a sa propre organisation administrative et économique et est sous l'égide de l'Etat", selon le premier article de ce projet de loi. "On ferme une chose qui était louche et qui a été construite d'une manière fausse", a lancé le porte-parole du gouvernement Simos Kedikoglou, en présentant ce projet de loi aux seuls correspondants de la presse étrangère, les journalistes grecs observant une grève de 24 heures. Selon le projet, "le fonctionnement de la nouvelle radiotélévision" grecque, qui devrait s'appeler Nerit S.A. "ne dépend pas de l'Etat" et "dispose d'indépendance rédactionnelle et de programmation".

Les syndicats réclament l'annulation de la fermeture

Les syndicalistes et le leader de l'opposition Alexis Tsipras (gauche radicale, Syriza) souhaiteraient notamment obtenir du président grec Carolos Papoulias qu'il ne signe pas le décret "à contenu legislatif" de la veille qui a entraîné la fermeture de l'audiovisuel grec, abusivement baptisé décret présidentiel, qui est en fait une bizarrerie permise par la constitution grecque en cas de "situation exceptionnelle" et à condition qu'elle se transforme en loi sous 40 jours.

 

Des employés de l'audiovisuel grec après la coupure du signal mardi 11 juin 2013. Des employés de l'audiovisuel grec après la coupure du signal mardi 11 juin 2013. (SAKIS MITROLIDIS / AFP)

 

"C'est un coup d'Etat", avait analysé Alexis Tsipras pour dénoncer cet acte législatif qui donnait au gouvernement la possibilité de fermer une entreprise publique par décision ministérielle. Un autre décret, signé mardi dans la foulée uniquement par le ministre s'occupant de l'audiovisuel, Simos Kedikoglou, lui-même ancien journaliste de la chaîne et actuel porte-parole du gouvernement, et le ministre des Finances Yannis Stournaras, a permis la dissolution de ERT et le transfert de tous ses biens au ministère de l'Economie. Le hic, car hic il y a, c'est que les deux partenaires juniors de la coalition gouvernementale, le Pasok socialiste et le Dimar (gauche modérée) ont déclaré publiquement leur opposition au premier décret.

"Nous sommes dans une nouvelle crise politique" analyse le politologue Ilias Nikolakopoulos. Selon lui, pour s'en sortir, le gouvernement, dirigé par le premier ministre conservateur Antonis Samaras (Nouvelle-Démocratie) "va tacher de faire voter très rapidement son projet de réorganisation de l'audiovisuel public par les trois partis de la coalition". "Une fois que le nouvel organisme sera en place, et qu'il y aura eu accord politique sur le contenu de la restructuration, la manière dont on a procédé pour y parvenir deviendra un détail et le premier décret, contesté, sera annulé". Et il ajoute : "C'est pour cela que le gouvernement est pressé de déposer son projet de loi sur l'audiovisuel public, avec l'argument de dire qu'on ne pouvait pas le faire si ERT était encore en activité"source

 

 


Tag(s) : #Crise de l'Euro

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