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BANLIEUE NORD D'ATHENES (GRECE), 11 JUIN 2013.  Des centaines de Grecs ont manifesté contre la fin des programmes de la télévision grecque.

BANLIEUE NORD D'ATHENES (GRECE), 11 JUIN 2013.  Des centaines de Grecs ont manifesté contre la fin des programmes de la télévision grecque. | AFP/LOUISA GOULIAMAKI.

 

 

 

Mardi vers 23 heures (22 heures en France), les écrans sont devenus noirs sur les chaînes de la télévision publique grecque ERT. Un peu plus tôt le gouvernement avait, à la surprise générale, annoncé la fin de toute diffusion dans les heures à venir. La raison? Une mauvaise gestion. Pour les journalistes et 2656 salariés, c'est le choc comme pour grand nombre de Grecs.


 

Après cette annonce, des centaines de personnes ont afflué autour du siège de la télévision publique, dans la banlieue nord d'Athènes.

ERT, qui est composée de trois chaînes nationales, constitue «un cas d'absence exceptionnel de transparence et de dépenses incroyables. Et tout ceci prend fin maintenant», a déclaré le porte-parole du gouvernement, Simos Kedikoglou, à la presse. Les 2656 salariés actuels recevront une compensation et seront autorisés à postuler à un emploi dans la nouvelle structure, a-t-il ajouté en substance.

L'émetteur principal situé sur une montagne près d'Athènes ayant été neutralisé par la police, selon une source syndicale. «C'est illégal. Le gouvernement a arrêté l'émetteur principal. Cela ressemble plus à un gouvernement de Ceausescu qu'à une démocratie», proteste le président du principal syndicat des salariés de la télévision, Panayotis Kalfayanis.

«ERT appartient au peuple grec»

Pantelis Gonos, un journaliste de la rédaction explique sa stupéfaction : «Le gouvernement, sans consultation ni discussion, a choqué tout le monde en annonçant la suspension à minuit de la télévision. Tous les écrans vont être noirs et personne ne sait quand elle rouvrira.»  «En tant que journalistes, nous allons essayer de la maintenir ouverte et de poursuivre les diffusions jusqu'à ce qu'on nous ferme. Peut-être vont-ils faire venir la police?»  s'est-il interrogé.

«ERT appartient au peuple grec ... c'est le seul média indépendant et la seule voix publique, qui doit rester dans le domaine public (...) nous condamnons cette décision soudaine, a annoncé le syndicat GSEE dans un communiqué. Le syndicat de journalistes Poesy a appelé à une grève immédiate de soutien dans les médias privés. «Le gouvernement est déterminé à sacrifier la télévision publique et la radio» pour satisfaire les créanciers, a estimé le syndicat.


Une annonce faite alors que la troïka est à Athènes

Cette nouvelle a été annoncée sans préavis alors que les chefs de file de la troïka des créanciers de la Grèce (l'UE, la BCE et le FMI, qui a pourtant fait son mea culpa la semaine passée ) sont à Athènes. ERT appartient aux multiples organismes d'Etat qui devaient être restructurés, selon le memorandum signé entre le pays et ses bailleurs de fonds. Lundi soir, les responsables de la troïka ont eu un entretien avec le ministre de la Réforme administrative Antonis Manitakis sur la restructuration du secteur public.

Selon, Okeanews, un «microblog francophone» sur l'actualité grecque, le Pasok (Parti socialiste) a demandé une réunion immédiate avec les deux autres partis au pouvoir dont celui du Premier ministre conservateur Antonis Samaras. Le parti d'extrême droite Aube dorée approuve quant à lui cette fermeture.

Au moins, 3000 Grecs étaient rassemblés autour du siège de la télévision publique vers 20h30.


Voir l'image sur Twitter





L'Union européenne de radio-télévision demande à la Grèce d'annuler sa décision :
Le président de l'UER, Jean-Paul Philippot, et sa directrice générale, Ingrid Deltenre, ont écrit mardi au Premier ministre grec Antonis Samaras pour l'appeler à «user de tous ses pouvoirs pour annuler immédiatement cette décision».«L'existence de médias de service public et leur indépendance à l'égard du gouvernement sont au cœur des sociétés démocratiques», souligne l'UER qui est  la plus importante association professionnelle de radiodiffuseurs nationaux dans le monde avec 75 membres actifs dans 56 pays d’Europe, d’Afrique du Nord et du Proche-Orient, et 45 membres associés dans 25 autres pays.

 

LeParisien.fr 

Que va-t-il advenir des salariés ? 

Le porte-parole du gouvernement a précisé que l'organisation publique rouvrirait sous une autre forme, avec un nombre de salariés considérablement réduit. Tous les employés actuels, au nombre de 2 700 selon les médias grecs, recevront une compensation et seront autorisés à postuler à un emploi dans la future structure. 

"ERT appartient au peuple grec ... C'est le seul média indépendant et la seule voix publique, qui doit rester dans le domaine public (...). Nous condamnons cette décision soudaine", a déploré le syndicat GSEE. Selon les syndicats, en fermant ERT, le gouvernement remplit d'un coup l'objectif assigné par les créanciers de la Grèce de supprimer 2 000 emplois publics d'ici à la fin juin : une "solution facile pour répondre aux exigences de la troïka", souligne le syndicat Poesy, tandis que la Confédération des fonctionnaires du service public Adedy a qualifié le texte législatif de "coup d'Etat"

Comment l'annonce a-t-elle été reçue ?

"C'est un choc total", commente un journaliste de la rédaction, Pantelis Gonos, tandis que des centaines de personnes ont afflué autour du siège de la télévision publique, dans la banlieue nord d'Athènes. "Le gouvernement, sans consultations ni discussions, a choqué tout le monde en annonçant la suspension à minuit de la télévision, tous les écrans vont être noirs et personne ne sait quand elle rouvrira", poursuit le journaliste.

Le syndicat de journalistes Poesy a quant à lui appelé à une grève immédiate de soutien dans les médias privés.

source

 

Tag(s) : #Crise de l'Euro

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