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09h39

Peut-on choisir de sauvegarder une espèce plutôt qu’une autre ?

Peut-on favoriser la sauvegarde d'espèces emblématiques telles que l'ours polaire au détriment d'autres moins « attrayantes » mais tout autant -voire plus- importantes dans le fonctionnement des écosystèmes ?

 

Les espèces emblématiques telles que l’ours polaire ou le tigre ont plus de chance d’être sauvées que d’autres, moins connues et moins attrayantes…

Il est une raison pour laquelle l’ours polaire symbolise le réchauffement climatique. Ce n’est pas parce que ce plantigrade, certes menacé par la hausse du thermomètre mondial, l’est plus que d’autres espèces, mais d’abord en raison du « capital sympathie » qu’il dégage.

L’être humain est en effet plus facilement attristé par l’éventuelle disparition d’un bébé phoque que par l’extinction d’un crapaud… Aussi, certains estiment-ils plus judicieux de profiter des attributs physiques de certaines espèces pour mettre en avant la nécessité de leur préservation.

Un point de vue loin de faire l’unanimité et qui amène à se poser une question fondamentale : peut-on privilégier la sauvegarde d’une espèce plutôt qu’une autre en fonction de nos propres préférences ?

Tout comme le WWF et son célèbre panda, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) sait profiter des jolis petits minois de certains animaux pour faire passer son message. Par exemple, dans la vidéo promotionnelle pour son programme SOS (« Save our Species », « Sauvons nos espèces »), le premier cliché présenté est celui d’un tigre, animal lui aussi mythique et en danger d’extinction.

« Regardez le nom des équipes de sports. Vous en voyez une se baptiser “Les fourmis du Cameroun” ? “Les éponges de Colombie” ? Qu’on le veuille ou non, les grands prédateurs intéressent les gens », remarque en outre Jean-Christophe Vié, directeur du programme SOS, pour qui « les espèces qui ont un fort pouvoir d’attractivité sont un vecteur de sensibilisation dont il ne faut pas se priver. Notamment pour attirer dans le financement de la conservation de la nature des investisseurs privés ».

Mais si l’un des grands objectifs du programme SOS est effectivement la sauvegarde des tigres sauvages, l’ONG n’a pas non plus tiré un trait sur d’autres espèces moins attrayantes. En témoigne par exemple sa mission en Colombie pour renforcer la protection des grenouilles.

L’approche préférentielle n’en fait pas moins débat au sein de la communauté scientifique. Et alors que certains restent formellement opposés à l’idée de soutenir une espèce plutôt qu’une autre, de plus en plus d’experts s’accordent à dire qu’il faut concentrer davantage les efforts de préservation –notamment financiers– sur les espèces ayant le plus de chance de survivre.

Or, celles ayant le plus de chance de survivre sont celles qui parviendront à amasser le plus de fonds donc, inévitablement, des espèces emblématiques et mondialement connues comme le tigre, le panda et l’ours polaire.

« Le jour où il n’y aura plus de tigres, plus d’éléphants et plus d’ours, plus rien n’arrêtera l’Homme dans sa volonté d’exploiter les espaces naturels où ils vivaient », estime quant à elle Christine Sourd, directrice adjointe des programmes WWF en France, qui voit ces espèces symboliques comme « des ambassadrices pour leurs écosystèmes respectifs ».

A prendre ou à laisser, donc, en attendant que le capital sympathie d’espèces à la mine plus patibulaire ne gagne des points…

 

Un article de Jessica Rat, publié par zegreenweb

 

Auteur : Jessica Rat

Source : www.zegreenweb.com

Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

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