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Le général Al-Sissi s'est exprimé mercredi à la télévision.

Le généréal Abdelfatah Al-Sissi, le 3 juillet 2013. Le généréal Abdelfatah Al-Sissi, le 3 juillet 2013. (EGYPTIAN TV / AFP) Par Francetv info

 

Mohamed Morsi n'est plus le président de l'Egypte. Ainsi en a décidé l'armée, qui a annoncé, mercredi 3 juillet, la "feuille de route" promise après l'expiration de l'ultimatum lancé lundi. Les militaires avaient donné 48 heures au président issu des Frères musulmans pour "satisfaire les revendications du peuple" après les manifestations monstres de dimanche.


Francetv info répond aux questions que vous vous posez sur cette nouvelle révolution égyptienne après le renversement d'Hosni Moubarak en 2011.

Que s'est-il passé ?

Tout au long de la journée, des conciliabules entre les militaires, les chefs religieux et l'opposition se sont tenues au ministère de la Défense. Après 17h et l'expiration de l'ultimatum, les évenements se sont accélérés. Vers 19h, l'armée a annoncé à Mohamed Morsi qu'il n'était plus président du pays. Puis, aux alentours de 21h, le chef d'Etat-major, Abdel Fattah Al-Sissi, a pris la parole à la télévision.

Il a annoncé la suspension de constitution, mettant fin au mandat de Mohamed Morsi et la feuille de route préparée par l'armée pour sortir le pays de la crise. Après une brève période de transition politique, une élection présidentielle anticipée sera organisée.

Qui prend le pouvoir ?

Même si l'armée est la principale force derrière ce changement de régime, ce n'est pas elle qui prend directement le pouvoir. Le président de la Cour constitutionnelle, Adly Mansour, devient le chef de l'Etat par intérim. Il est chargé de nommer un gouvernement de technocrates et de former une commission chargée d'écrire une nouvelle Constitution.

Le général Al-Sissi a également pris le soin d'associer diversers personnalités et responsables égyptiens à sa démarche. Les dispositions de la feuille de route ont en effet été approuvée par le grand cheikh de la mosquée Al Azhar et le patriarche de l'Eglise copte, Théodore II, ainsi que par le chef de file de l'opposition Mohamed El-Baradeï.

Comment a réagit la rue ?

A l'annonce du chef d'état-major des armées, une immense explosion de joie a retenti dans les rues du Caire, où les opposants à Mohamed Morsi rivalisent de feux d'artifice et de rayons laser.

Avant même l'annonce du chef d'état-major, les anti-Morsi fêtaient déjà la chute imminente du chef de l'Etat devant le palais présidentiel ou devant le ministère de la Défense, QG du chef de l'armée.

Dans les régions favorables au président Morsi, la situation est plus tendue. Dans la ville de Marsa Matrouh, au Nord, quatre supporters du président déchu sont morts dans des affrontements avec la police.

Comment se défend Mohamed Morsi ?

Quelques minutes après l'annonce de l'armée, Mohamed Morsi, dont la parole a été relayée par son entourage, a appelé à résister "pacifiquement" au "coup d'Etat". Sur le compte twitter de la présidence égyptienne, il a ensuite dénoncé "un coup d'Etat complet", "rejeté par tous les hommes libres qui luttent pour une Egypte civile et démocratique".

Dans un enregistrement vidéo pré-enregistré, aux images tremblantes et de mauvaise qualité, il s'est fait plus menaçant. "Je suis le président élu d'Egypte", a-t-il lancé, demandant "au peuple de défendre (sa) légitimité". On ignore où il se trouve à l'heure actuelle.

Qu'en pense la communauté internationale ?

Pour le moment, peu de diplomates étrangers ont réagi à cette annonce.

Le président syrien Bachar Al-Assad s'est exprimé le premier. "ce qui se passe en Egypte est la chute de ce que l'on connaît comme étant l'islam politique. Où que ce soit dans le monde, quiconque utilise la religion dans un but politique (...) est condamné à l'échec", a-t-il déclaré, comme un message envoyé aux groupes rebelles syriens dont certains se réclament de l'Islam.

Puis, c'est le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui a réagi sur Facebook. "De nouvelles élections ont finalement été annoncées, après une période de transition. La France en prend acte. Elle souhaite que les échéances soient préparées dans le respect de la paix civile, du pluralisme, des libertés individuelles et des acquis de la transition démocratique", a-t-il expliqué.

De son côté, Washington a ordonné l'évacuation de son ambassade au Caire. Et un sénateur démocrate, président de la commission du Congrès qui contrôle l'aide aux pays étrangers, a laissé entendre que les Etats-Unis pourraient couper l'aide de 1,5 milliards de dollars (1,15 milliards d'euros) qu'ils versent chaque année à l'armée égyptienne. "Notre loi est claire: l'aide américaine est coupée quand un gouvernement démocratiquement élu est renversé par un coup d'Etat", a-t-il déclaré.

Egypte: Obama appelle à l'élection rapide d'un nouveau gouvernement civil

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Tag(s) : #CONFLICTS DANS LE MONDE

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