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La Turquie se sépare de l'Iran par un mur, des tours et des barbelés. Pourquoi ?

Ankara envisage d’ériger un mur à sa frontière avec l'Iran afin de prévenir les «infiltrations». Pourtant, ce pays ne représente aucune menace pour la Turquie: au contraire, l’Iran se porte garant de la sécurité et symbolise la lutte contre le terrorisme sur l’ensemble du Proche-Orient, a déclaré à Sputnik l’expert iranien Hassan Hanizadeh.

Cherchant à endiguer l'entrée en Turquie de combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré par Ankara comme une organisation terroriste, les autorités turques s'apprêtent à ériger un mur à la frontière avec l'Iran, annonce le quotidien Hurriyet, se référant à une source au sein de la direction du pays qui a préféré garder l'anonymat.

« L'Iran ne représente aucune menace pour son voisin, mais, au contraire, il se porte garant de la sécurité et symbolise la lutte contre le terrorisme sur l'ensemble du Proche-Orient », a déclaré à Sputnik le politologue iranien Hassan Hanizadeh, ancien rédacteur en chef de l'agence MehrNews.

Et d'ajouter que la construction de murs à la frontière ne pouvait pas garantir la sécurité.

« Nul n'ignore que la stabilité et la sécurité du pays passent par l'unité nationale de son peuple », a souligné l'interlocuteur de l'agence.

Il a rappelé que les derniers développements en Turquie, notamment la politique intérieure pratiquée par le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan, avaient suscité des mécontentements et des contradictions à l'intérieur du pays habité, entre autres, par quelques 20 millions de Kurdes.

« Cet immense groupe ethnique a été délogé et poussé vers les zones frontalières, […] a été privé des droits nationaux les plus élémentaires et des libertés sociales, ce qui provoque de l'indignation au sein de la société turque », a poursuivi l'expert.

Selon ce dernier, l'idée même de la construction de murs à la frontière irano-turque est absurde en soi, l'Iran figurant parmi les rares pays stables du Proche-Orient.

« Aussi, une telle démarche de la part de la Turquie ne ferait que l'isoler encore plus sur le plan politique », a résumé M. Hanizadeh.

Selon Ankara, le PKK possède plusieurs camps sur le territoire iranien à la frontière turque où se trouvent entre 800 et 1 000 combattants kurdes. C'est la raison pour laquelle la Turquie entend construire un mur de 70 kilomètres à la frontière des provinces d'Agri et d'Igdir avec l'Iran. Sur la partie restante de la frontière, des tours de surveillance et des clôtures barbelées seront érigées.

Téhéran souligne pour sa part que toute action sur ses frontières avec les pays voisins doit au préalable être portée à la connaissance de l'Iran.

En janvier dernier, la Turquie a construit un mur en béton de 330 kilomètres de long à sa frontière avec l'Irak et la Syrie.

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Tag(s) : #ACTUALITES, #CONFLICTS DANS LE MONDE

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