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"Les réformes envisagées sont dangereuses pour les chômeurs"

Quatre organisations de chômeurs (MNCP, CGT-Chômeurs, Apeis, AC!) comptent se mobiliser contre le projet patronal de réforme de l'assurance chômage, qu'elles considèrent comme une "attaque importante" contre les droits des demandeurs d'emploi.

Alors que les partenaires sociaux se réunissent de nouveau ce 14 mars pour négocier, la CGT et les associations de chômeurs et précaires, sonnent l'alarme. Les propositions du patronat constituent, considèrent-ils, une "grave menace ".

Réformer l'assurance-chômage en en faisant payer le prix aux personnes fragiles est intolérable, ont tenu à rappeler ce 13 mars lors d'une conférence de presse, les "travailleurs privés d'emplois et précaires" CGT, et les associations AC !, Apeis et MNCP*. Le calendrier n'était pas choisi au hasard, alors que se tient mardi 14 mars la deuxième des quatre réunions de négociations entre partenaires sociaux, qui (re)planchent sur les moyens de remettre l'Unedic dans le vert. Une "intersyndicale" se tient en fin d'après-midi aujourd'hui, en vue de ce rendez-vous. "Aujourd'hui, la situation est critique, s'inquiète le CGtiste Alain Florin. Le Medef passe à l'offensive en s'appuyant sur la complicité de certains syndicats et en tablant sur l'appui du politique après les élections".  

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Alors que moins de 50 % des demandeurs d'emploi sont indemnisés, le représentant d'AC ! Marc Moreau a indiqué que la priorité était aujourd'hui à la revalorisation des minima sociaux pour assurer un revenu décent à tous. "Il est là, le véritable échec de l'assurance-chômage", estime-t-il. "La société est beaucoup, beaucoup plus riche qu'en 1945, où l'on a quand même réussi à créer la Sécurité sociale, a rappelé de son côté Philippe Villechalane, de l'Apeis. Ce n'est pas de choix financiers que nous devons faire aujourd'hui, ce sont des choix de société". 

"Une autre assiette de cotisations"

Dans les propositions du mouvement de Pierre Gattaz, certaines seraient plus alarmantes que d'autres. "L'attaque la plus dangereuse, explique Marc Moreau, c'est la conversion des jours travaillés en droits. Seuls les jours travaillés seraient pris en compte. Alors qu'aujourd'hui un contrat de travail de quatre mois garantit une indemnisation de 4 mois, il faudrait travailler six mois pour avoir droit à ces mêmes quatre mois! C'est remettre en cause la "mensualisation" gagnée dans les années 70! La baisse du nombre de jours d'indemnisation, la hausse des sanctions et le sort des plus de 50 ans (qui auraient des indemnités pendant à peine deux ans au lieu de trois, ndlr), ne sont également pas acceptables."  

Les chômeurs et précaires n'ont pas d'autres propositions pour revoir le financement de l'assurance-chômage que de continue à faire payer le patronat davantage. Ils préconisent des surcotisations qui dissuadent les employeurs de recours à des contrats courts et des temps partiels. L'Apeis milite aussi pour "mettre en place une autre assiette de cotisations, car se baser sur la seule masse salariale comme c'est le cas aujourd'hui pénalise les patrons qui embauchent dans des conditions décentes (CDI) avec des salaires corrects et favorise ceux qui ont recours aux licenciements et à la précarité comme variable d'ajustement de leurs profits." Cette autre assiette inclurait dans les cotisations "les profits, les bénéfices et les produits financiers des entreprises".  

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"Il faudrait aussi régler le problème des ruptures conventionnelles, pointe Alain Florin. Elles atteignent des niveaux record, et ne sont ni plus ni moins qu'un moyen pour le chef d'entreprise de faire payer à sa place l'ensemble de la société. La nouvelle logique, c'est 'je vous donne à peine deux mois de salaires pour quitter la boîte, mais ce n'est pas grave puisque derrière, vous avez droit au chômage'."  

"Derrière les statistiques, il y a des vies"

Alors que dans le cadre des débats à la présidentielle émerge l'idée d'un financement de l'assurance-chômage par l'impôt, la CGT et les représentants des demandeurs d'emploi ont rappelé l'importance de conserver un système avec une logique assurantielle. Faire payer "tout le monde" au lieu de faire payer les responsables (les patrons via les cotisations patronales, ndlr) n'est pas une logique admissible, jugent-ils.  

Ne l'est pas non plus à leurs yeux le fait d'être privé de ses droits à indemnisation en cas de refus de deux offres d'emploi "décentes", mesure-phare du programme d'Emmanuel Macron. "Derrière les statistiques, il y a des vies, s'insurge Philippe Villechalane. Quand accepter un emploi revient à voir sa famille brisée, par une séparation géographique, par exemple, n'est-ce pas un refus légitime ?"  

* AC ! (Agir ensemble contre le chômage), MNCP (Mouvement national des chômeurs et précaires), Apeis (Association pour l'Emploi, l'information et la solidarité des chômeurs)

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Tag(s) : #ACTUALITES, #VIE QUOTIDIENNE

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