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Dominique Strauss-Kahn, le 12 septembre à Kiev.

Les cinq principales banques publiques n’ont plus accès aux marchés européens. La décision de l’Union bouscule tout le système financier.

Il ne faut pas se fier aux récents bons résultats de Sberbank, principale banque publique russe. Son bénéfice net a beau être en forte progression au deuxième trimestre (+ 13 % sur un an, à quelque 2 milliards d’euros) et son bénéfice d’exploitation augmenter de 9 %, à près de 5,5 milliards d’euros, le groupe bancaire a aussi accru ses provisions sur les crédits de mauvaise qualité. Celles-ci ont plus que doublé sur la même période, atteignant au deuxième trimestre 1,5 milliard d’euros. Cette précaution est la conséquence directe de la crise ukrainienne sur les banques russes.

Hausse des taux d’intérêt

Les sanctions européennes contre Moscou privent en effet certains grands groupes industriels mais surtout les cinq principales banques publiques (Sberbank, VTB, Gazprombank, Vnesheconombank, Rosselkhozbank) d’accès aux marchés financiers européens. Du coup, les activités de crédits s’intensifient en Russie même. Les emprunts aux entreprises octroyés par Sberbank y ont par exemple augmenté de 12 % depuis le début de l’année – et les prêts à la consommation de 16 %. Mais les taux d’intérêt, eux aussi, se sont fortement accrus. Cette situation, à terme, pourrait replonger la Russie dans le même cercle vicieux des crédits de mauvaise qualité qu’elle a déjà connu lors de la dernière crise financière. Une situation d’autant plus périlleuse aujourd’hui que l’économie, subissant les effets de la crise ukrainienne, est en net ralentissement et qu’une partie de la population, surendettée, a de plus en plus de mal à rembourser ses traites.

 
 

La hausse générale des taux a, en parallèle, renchéri un peu plus les investissements, dont l’insuffisance était déjà, avant la crise ukrainienne, le talon d’Achille de l’économie russe. Du coup, en quête d’alternatives, entreprises et banques se tournent vers l’Est. «  Les marchés asiatiques, comparables en volume aux marchés européens, sont les candidats les plus évidents, étant donné la politique étrangère russe », estime Standard & Poor’s dans un récent rapport. Mais l’agence prévient : cela prendra d’autant plus de temps que la plupart des groupes russes sont peu connus en Asie.

Sberbank n’est pas la seule banque menacée par cet engrenage. Le gouvernement russe a déjà approuvé l’injection de près de 6 milliards de dollars pour renforcer le capital de VTB, deuxième établissement du pays, et de Rossel­khozbank, cinquième ­banque mais principal prêteur du secteur agricole. VTB avait commencé à sentir les conséquences de la crise ukrainienne avant même les sanctions. Au premier tri­mestre, son bénéfice a chuté à 140 millions de dollars, contre 760 millions de dollars l’an passé pour la même période.

La banque centrale russe mobilisée

Face à ces premières difficultés et au risque d’escalade des sanctions, la banque centrale russe a promis d’étudier de nouvelles mesures. « Nous avons divers scénarios. La situation exige de la créativité », vient de prévenir Ksenia Yudaeva, sa vice-présidente, assurant être « en dialogue constant » avec les banques. Une nouvelle menace pèserait sur le système russe : les partisans de sanctions dures au sein de l’Union européenne suggèrent de restreindre l’accès au réseau d’échange Swift pour les ­banques russes. Comme au printemps, lors de son bras de fer avec Visa et MasterCard, Moscou a pris les devants et annoncé la création de son propre système local de services de messagerie financière. Mais interdire Swift en Russie ne manquera pas d’avoir des répercussions immédiates sur les échanges internationaux depuis Moscou.


Moscou et Pékin songent à un système swift commun

 

 

source via Maître Confucius

 

 

 

 
Tag(s) : #ECONOMIE - FINANCE

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