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La liberté de recherche sur les OGM est totalement bridée pour de mauvaises raisons politiques, exposant la France à une nouvelle désindustrialisation, faute d'innovation.

Droite et gauche, tous responsables

Le dernier champ de plantes génétiquement modifiées de France vient de cesser ses activités.

L’Histoire retiendra qu’à la veille du 14 juillet 2013, l’INRA a rendu les armes de la bataille des OGM, n’ayant pu lever le siège d’Orléans où se déroulait le dernier essai au champ de plantes génétiquement modifiées en France, en l’occurrence des peupliers (1). Faute de prolongation de l’autorisation par le gouvernement, l’INRA a détruit son expérimentation.

 

Il s’agit là de la dernière conséquence en date de la décision politicienne irréfléchie du président Nicolas Sarkozy de convoquer un grenelle des lobbies de l’environnement. Les OGM furent sacrifiés comme prix du cautionnement du grenelle par les organisations de l’écologie politique (2).

Ces peupliers à la composition en bois modifiée faisaient l’objet de recherches fondamentales, afin d’examiner (entre autres) la possibilité de les utiliser comme biocarburant. Ils s’inscrivaient donc dans la logique de "transition énergétique", un concept-valise porté par le gouvernement de François Hollande. Ayant fait tanguer le Batho de l’alliance avec les Verts, il n’allait pas provoquer une nouvelle tempête en prolongeant un essai, même ancien (2007) et sans aucun risque environnemental ou sanitaire.

Une logique de décroissance

La direction actuelle de l’INRA n’est pas à blâmer, même si sa méthode Coué d’annonces de la poursuite des recherches (" L'INRA sera prêt à proposer de nouveaux essais au champ et à conduire des recherches sur l’ensemble des enjeux associés") n’apparaît aucunement à la hauteur desdits enjeux et du découragement des chercheurs. Dans une étude historique des destructions d’expérimentation d’OGM, j’ai montré que ceux-ci ont frappé plus de 80 fois la recherche publique en Europe (y compris des essais en milieu confiné) (3).

Les arguments rhétoriques contre la domination d’une "multinationale américaine ...

La liberté de recherche sur les OGM est totalement bridée pour de mauvaises raisons politiques, exposant la France à une nouvelle désindustrialisation, faute d'innovation. Ci-gît... Publié le 17 juillet 2013 RSS 0 0 3 0 5 Le dernier champ de plantes génétiquement modifiées de France vient de cesser ses activités. Le dernier champ de plantes génétiquement modifiées de France vient de cesser ses activités. Crédit Reuters L’Histoire retiendra qu’à la veille du 14 juillet 2013, l’INRA a rendu les armes de la bataille des OGM, n’ayant pu lever le siège d’Orléans où se déroulait le dernier essai au champ de plantes génétiquement modifiées en France, en l’occurrence des peupliers (1). Faute de prolongation de l’autorisation par le gouvernement, l’INRA a détruit son expérimentation. Droite et gauche, tous responsables Il s’agit là de la dernière conséquence en date de la décision politicienne irréfléchie du président Nicolas Sarkozy de convoquer un grenelle des lobbies de l’environnement. Les OGM furent sacrifiés comme prix du cautionnement du grenelle par les organisations de l’écologie politique (2). Ces peupliers à la composition en bois modifiée faisaient l’objet de recherches fondamentales, afin d’examiner (entre autres) la possibilité de les utiliser comme biocarburant. Ils s’inscrivaient donc dans la logique de "transition énergétique", un concept-valise porté par le gouvernement de François Hollande. Ayant fait tanguer le Batho de l’alliance avec les Verts, il n’allait pas provoquer une nouvelle tempête en prolongeant un essai, même ancien (2007) et sans aucun risque environnemental ou sanitaire. Une logique de décroissance La direction actuelle de l’INRA n’est pas à blâmer, même si sa méthode Coué d’annonces de la poursuite des recherches (" L'INRA sera prêt à proposer de nouveaux essais au champ et à conduire des recherches sur l’ensemble des enjeux associés") n’apparaît aucunement à la hauteur desdits enjeux et du découragement des chercheurs. Dans une étude historique des destructions d’expérimentation d’OGM, j’ai montré que ceux-ci ont frappé plus de 80 fois la recherche publique en Europe (y compris des essais en milieu confiné) (3). Les arguments rhétoriques contre la domination d’une "multinationale américaine", bouc émissaire facile, ne saurait donc masquer les vrais objectifs des opposants, à savoir empêcher l’innovation (y compris de la recherche publique) pour saboter l’économie "capitaliste". On peut d’ailleurs noter que les activistes se sont immédiatement tournés, n’ayant plus d’OGM à détruire en France, vers un nouvel "ennemi", les variétés de plantes améliorées par "mutagénèse", avec là aussi utilisation de la violence (en l’occurrence contre les récoltes d’agriculteurs) (4). Tout observateur lucide ne pourra que constater que les cibles de l’écologie politique sont toujours celles qui participent à la croissance économique d’aujourd’hui ou de demain. Rien n’est plus logique pour des adeptes de la décroissance… Innover pour un redressement productif Face à des attaques politiquement motivées, les promoteurs des innovations doivent se doter de moyens de communication adaptés. Notons que le centre de recherche britannique de Rothamsted a, lui, su gagner la bataille médiatique et empêcher la destruction par des activistes d’un essai de blé repoussant les pucerons via l’émission d’une substance répulsive naturelle (difficile d’être plus en adéquation avec un autre concept-valise à la mode, l’agro-écologie !). Il est vrai que l’innovation en biotechnologie des plantes est soutenue par le gouvernement britannique, tandis que la gauche au pouvoir en France "est gagnée par un conservatisme de principe" pour reprendre la formule d’André Comte-Sponville. Il sera néanmoins indispensable, tôt ou tard, d’étendre le concept de "redressement productif" à l’agriculture (plus exactement à celle qui affronte la concurrence internationale). Ne pas comprendre aujourd’hui les apports bénéfiques de la génétique pour une agriculture soutenable nous exposera demain à une nouvelle désindustrialisation. La France ne produit pas d’écrans électroniques, pas de téléphones portables, et en fait de moins en moins de choses… Faut-il qu’elle perde aussi, faute d’innover, des pans de son agriculture ? Il ne s’agit pas là uniquement d’OGM, mais bien d’innovations (les OGM peuvent simplement servir à établir une preuve de concept). Une liberté d’innover absente Le message d’Orléans est clair : la liberté de recherche sur les OGM est totalement bridée pour de mauvaises raisons politiciennes, faisant ainsi écho à l’absence de liberté de choix pour les agriculteurs de cultiver des OGM suite au grenelle. Notamment, un maïs qui réduit pourtant l’usage des insecticides chimiques. Cette interdiction de culture, comme nous l’avons montré dans une publication validée par un journal scientifique international (5), est basée sur une fabrication, en 2012, par le ministère de l’Ecologie dirigé par Nathalie Kosciusko-Morizet, de fausses conclusions scientifiques. Nous sommes là dans une démarche politique que nous renoncerons à adjectiver… Je suis aujourd’hui d’un âge où je peux me permettre de donner quelques conseils expérimentés aux jeunes chercheurs. A la vue des turpitudes politiciennes et étatiques résumées ci-dessus, je ne peux recommander qu’une chose aux jeunes talents : partez construire votre carrière à l’étranger ! Note : ce texte n’est pas une position officielle de la direction du CNRS, qui d’ailleurs n’en a pas sur ce sujet. ________________ 1) http://presse.inra.fr/Ressources/Communiques-de-presse/Inra-essai-peupliers-OGM-dans-le-Loiret 2) http://www.atlantico.fr/decryptage/nicolas-sarkozy-francois-hollande-agriculture-ogm-marcel-kuntz-311712.html 3) http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-vandalism-108181917.html 4) http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-tournesols-80585525.html 5) http://www.nature.com/nbt/journal/v31/n6/full/nbt.2613.html
Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/requiem-recherche-francaise-ogm-ete-definitivement-enterree-13-juillet-marcel-kuntz-788069.html#FTSUturEOrHxP60f.99
La liberté de recherche sur les OGM est totalement bridée pour de mauvaises raisons politiques, exposant la France à une nouvelle désindustrialisation, faute d'innovation. Ci-gît... Publié le 17 juillet 2013 RSS 0 0 3 0 5 Le dernier champ de plantes génétiquement modifiées de France vient de cesser ses activités. Le dernier champ de plantes génétiquement modifiées de France vient de cesser ses activités. Crédit Reuters L’Histoire retiendra qu’à la veille du 14 juillet 2013, l’INRA a rendu les armes de la bataille des OGM, n’ayant pu lever le siège d’Orléans où se déroulait le dernier essai au champ de plantes génétiquement modifiées en France, en l’occurrence des peupliers (1). Faute de prolongation de l’autorisation par le gouvernement, l’INRA a détruit son expérimentation. Droite et gauche, tous responsables Il s’agit là de la dernière conséquence en date de la décision politicienne irréfléchie du président Nicolas Sarkozy de convoquer un grenelle des lobbies de l’environnement. Les OGM furent sacrifiés comme prix du cautionnement du grenelle par les organisations de l’écologie politique (2). Ces peupliers à la composition en bois modifiée faisaient l’objet de recherches fondamentales, afin d’examiner (entre autres) la possibilité de les utiliser comme biocarburant. Ils s’inscrivaient donc dans la logique de "transition énergétique", un concept-valise porté par le gouvernement de François Hollande. Ayant fait tanguer le Batho de l’alliance avec les Verts, il n’allait pas provoquer une nouvelle tempête en prolongeant un essai, même ancien (2007) et sans aucun risque environnemental ou sanitaire. Une logique de décroissance La direction actuelle de l’INRA n’est pas à blâmer, même si sa méthode Coué d’annonces de la poursuite des recherches (" L'INRA sera prêt à proposer de nouveaux essais au champ et à conduire des recherches sur l’ensemble des enjeux associés") n’apparaît aucunement à la hauteur desdits enjeux et du découragement des chercheurs. Dans une étude historique des destructions d’expérimentation d’OGM, j’ai montré que ceux-ci ont frappé plus de 80 fois la recherche publique en Europe (y compris des essais en milieu confiné) (3). Les arguments rhétoriques contre la domination d’une "multinationale américaine", bouc émissaire facile, ne saurait donc masquer les vrais objectifs des opposants, à savoir empêcher l’innovation (y compris de la recherche publique) pour saboter l’économie "capitaliste". On peut d’ailleurs noter que les activistes se sont immédiatement tournés, n’ayant plus d’OGM à détruire en France, vers un nouvel "ennemi", les variétés de plantes améliorées par "mutagénèse", avec là aussi utilisation de la violence (en l’occurrence contre les récoltes d’agriculteurs) (4). Tout observateur lucide ne pourra que constater que les cibles de l’écologie politique sont toujours celles qui participent à la croissance économique d’aujourd’hui ou de demain. Rien n’est plus logique pour des adeptes de la décroissance… Innover pour un redressement productif Face à des attaques politiquement motivées, les promoteurs des innovations doivent se doter de moyens de communication adaptés. Notons que le centre de recherche britannique de Rothamsted a, lui, su gagner la bataille médiatique et empêcher la destruction par des activistes d’un essai de blé repoussant les pucerons via l’émission d’une substance répulsive naturelle (difficile d’être plus en adéquation avec un autre concept-valise à la mode, l’agro-écologie !). Il est vrai que l’innovation en biotechnologie des plantes est soutenue par le gouvernement britannique, tandis que la gauche au pouvoir en France "est gagnée par un conservatisme de principe" pour reprendre la formule d’André Comte-Sponville. Il sera néanmoins indispensable, tôt ou tard, d’étendre le concept de "redressement productif" à l’agriculture (plus exactement à celle qui affronte la concurrence internationale). Ne pas comprendre aujourd’hui les apports bénéfiques de la génétique pour une agriculture soutenable nous exposera demain à une nouvelle désindustrialisation. La France ne produit pas d’écrans électroniques, pas de téléphones portables, et en fait de moins en moins de choses… Faut-il qu’elle perde aussi, faute d’innover, des pans de son agriculture ? Il ne s’agit pas là uniquement d’OGM, mais bien d’innovations (les OGM peuvent simplement servir à établir une preuve de concept). Une liberté d’innover absente Le message d’Orléans est clair : la liberté de recherche sur les OGM est totalement bridée pour de mauvaises raisons politiciennes, faisant ainsi écho à l’absence de liberté de choix pour les agriculteurs de cultiver des OGM suite au grenelle. Notamment, un maïs qui réduit pourtant l’usage des insecticides chimiques. Cette interdiction de culture, comme nous l’avons montré dans une publication validée par un journal scientifique international (5), est basée sur une fabrication, en 2012, par le ministère de l’Ecologie dirigé par Nathalie Kosciusko-Morizet, de fausses conclusions scientifiques. Nous sommes là dans une démarche politique que nous renoncerons à adjectiver… Je suis aujourd’hui d’un âge où je peux me permettre de donner quelques conseils expérimentés aux jeunes chercheurs. A la vue des turpitudes politiciennes et étatiques résumées ci-dessus, je ne peux recommander qu’une chose aux jeunes talents : partez construire votre carrière à l’étranger ! Note : ce texte n’est pas une position officielle de la direction du CNRS, qui d’ailleurs n’en a pas sur ce sujet. ________________ 1) http://presse.inra.fr/Ressources/Communiques-de-presse/Inra-essai-peupliers-OGM-dans-le-Loiret 2) http://www.atlantico.fr/decryptage/nicolas-sarkozy-francois-hollande-agriculture-ogm-marcel-kuntz-311712.html 3) http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-vandalism-108181917.html 4) http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-tournesols-80585525.html 5) http://www.nature.com/nbt/journal/v31/n6/full/nbt.2613.html
Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/requiem-recherche-francaise-ogm-ete-definitivement-enterree-13-juillet-marcel-kuntz-788069.html#FTSUturEOrHxP60f.99
Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

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