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Mahmoud Abbas le 2 décembre lors d'une visite en Jordanie.
Mahmoud Abbas le 2 décembre lors d'une visite en Jordanie. Crédits photo : KHALIL MAZRAAWI/AFP

Après le vote de l'ONU octroyant à la Palestine le statut d'État observateur, Israël a annoncé des sanctions financières. Les États-Unis pourraient lui emboîter le pas.

Les représailles n'ont pas tardé après le vote de l'Assemblée générale de l'ONU, jeudi, octroyant à la Palestine le statut d'observateur. Le gouvernement israélien a annoncé dimanche le blocage du transfert de 100 millions de dollars de taxes collectées par Israël au profit de l'Autorité palestinienne. D'autres sanctions sont susceptibles d'être décidées aux États-Unis où le Congrès menace de prolonger le blocage d'une aide de 200 millions de dollars aux Palestiniens de Cisjordanie, en dépit du feu vert de l'Administration Obama.

Selon les experts, ces mesures de rétorsions risquent d'aggraver les difficultés économiques, déjà extrêmement préoccupantes, de l'Autorité palestinienne. Le budget présenté par le premier ministre Salam Fayyad présente cette année un déficit de 1,3 milliard de dollars et toutes les ressources (crédits bancaires, arriérés divers…) ont déjà été mobilisées.

Arme fatale

Les droits et taxes perçus par Israël au nom de l'Autorité palestinienne (clearance revenues, en anglais) constituent les deux tiers des recettes dont cette dernière peut bénéficier, soit environ 100 millions de dollars mensuels. En bloquant leur versement, le gouvernement israélien dispose d'une «arme fatale» dans une panoplie coercitive déjà bien fournie: interdiction de l'importation en Cisjordanie d'une longue liste de produits dits à double usage (engrais agricoles, glycérine…), fermeture du commerce entre les différentes parties des Territoires palestiniens…

Dimanche, la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland, a assuré que Washington encourageait le Congrès «à débloquer les 495 millions de dollars de fonds pour les Palestiniens au titre de l'exercice budgétaire 2012». Des engagements déjà formulés au printemps dernier par Hillary Clinton mais qui n'ont guère été suivis d'effets. L'aide budgétaire américaine à l'Autorité palestinienne, qui atteignait 300 millions de dollars en 2008, s'est progressivement réduite jusqu'à atteindre une somme nulle cette année.

«L'Europe tiendra son rang, mais pas davantage»

Tous les regards se tournent donc vers l'Union européenne, premier bailleur d'aide aux Palestiniens avec près de la moitié de l'aide totale (325 millions de dollars sur 700 millions). Des montants qui devraient être confirmés, en dépit de la crise, d'autant plus que le vote en faveur de l'État palestinien a progressé au sein de l'Union. En 2011, cinq pays de l'Union s'étaient opposés à l'accession des Palestiniens au statut de membre à part entière de l'Unesco, alors qu'un seul (la République tchèque) a voté «non» jeudi dernier. «L'Europe tiendra son rang mais ne fera pas davantage», prévient toutefois un diplomate.

Les pays arabes pourraient donc être mis sous pression pour compenser les défaillances financières de l'Autorité palestinienne. L'aide arabe aux Palestiniens (300 à 400 millions de dollars) s'est toutefois révélée quelque peu aléatoire. Certains pays, comme l'Arabie saoudite, traînent les pieds, invoquant leur refus de «financer l'occupation israélienne» ou réclamant préalablement une réconciliation des mouvements palestiniens. Par intérêt bien compris, Mahmoud Abbas semble les avoir entendus: de retour de l'ONU, le président de l'Autorité a déclaré dimanche qu'il allait œuvrer à ces retrouvailles interpalestiniennes. source

Tag(s) : #CONFLICTS DANS LE MONDE

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