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poules-elevages Chaque poule pondeuse devra désormais disposer d'au moins 750 cm carrés d'espace. © REUTERS.

De nouvelles normes européennes augmentant l'espace minimum dont devra disposer chaque poule pondeuse entrent en vigueur le 1er janvier. Pour les volatiles, la vie dans les élevages industriels ne deviendra pas une sinécure pour autant.

Une révolution se prépare-t-elle dans les basses-cours ? À compter du 1er janvier 2011, l’Union européenne interdit les "micro-cages" pour les poules pondeuses.

Une mesure qui touche, en réalité, non les basses-cours mais les élevages de volailles en batteries de plus de 350 poules.

En France, où 80% des poules pondeuses grandissent dans des élevages industriels, ces nouvelles normes concernent des millions de volatiles.

Pour la nouvelle année, ces poules peuvent-elles espérer des conditions de vie vraiment plus confortables ou vont-elles simplement troquer une cage de la taille d'un mouchoir de poche contre une autre à peine plus grande ? Jusqu'à présent, elles disposaient d'une cage de la taille d'une feuille de papier A4.

1. Quelques centimètres carrés de plus

À partir du 1er janvier, les cages des élevages en batteries qui ne réservent que 550 cm2 d'espace par poule ne seront plus autorisées. Les poules devront disposer d'au moins 750 cm2, pouvoir accéder à un nid et à un perchoir, battre des ailes et gratter une litière. Objectif de l'Union européenne : assurer un niveau de confort minimal aux pondeuses des élevages industriels.

Depuis janvier 2002, la construction de cages de moins de 750 cm2 "non aménagées" était déjà interdite pour les nouveaux élevages mais à partir de 2012 ces cages seront interdites dans tous les élevages industriels, quelle que soit leur ancienneté.

2. Un confort très relatif

"Pour le bien-être des poules, ces nouvelles normes ne changent pas grand-chose: c'est un moindre mal, mais cela reste de l’élevage intensif", estime Christophe Marie porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot.

"On passe à une superficie équivalente à une feuille A4 plus une carte postale, note-t-il. La litière peut être un simple bout de carton. Certains espaces, comme le perchoir, ne sont pas vraiment utilisables, car la cage n’est pas assez haute."

Toutefois, avec les nouvelles normes, les poules d'élevage industriel disposeront de 750 cm2 chacune mais "pourront se déplacer sur 4,5 m2", grâce au décloisonnement des cages, nuance Yves-Marie Baudet, président de la section œuf de l'Union des Groupements de Producteurs de Viande de Bretagne (UGPBV).

À titre de comparaison, l'élevage en plein air certifié Label rouge implique que les poules disposent d'au moins 5 m2 par tête sur un terrain arboré.

"Nous pensions, naïvement, que les éleveurs allaient passer au plein air à cause des contraintes économiques du réaménagement des cages mais cela n’a pas été le cas", déplore Christophe Marie.

3. Une mise aux normes coûteuse

Selon le ministère de l'Agriculture, "en 2010, avec un total de plus de 14 milliards d’œufs, la France est le premier producteur d’œufs de consommation de l’Union européenne devant l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie."

Les éleveurs français de poules pondeuses pratiquent-ils la politique de l'autruche ? Beaucoup d’entre eux ne se seraient pas encore mis aux normes, ce qui leur a valu des reproches de la Commission européenne au mois d'octobre.

Les professionnels soulignent le coût élevé de l’adaptation des exploitations : "d'’ici le 1er janvier 2012, les professionnels de la filière poules pondeuses auront investi 1 milliard d’euros, soit 25 euros par poule, pour se conformer à la réglementation européenne sur les hébergements collectifs", insiste le Comité national pour la promotion de l’œuf.

"Certains exploitants ont fermé à cause des fonds demandés -environ une année de chiffre d'affaires- ou parce qu'ils étaient trop âgés pour s'engager dans la mise aux normes", explique Yves-Marie Baudet, de l'UGPBV. Selon lui, en Bretagne, plus d'une trentaine d'élevages, c’est-à-dire 40% d’entre eux, rencontrent de grosses difficultés.

Les professionnels pestent contre ce qu'ils considèrent comme un double discours de l'État : d'un côté, il les contraint à s'adapter à de nouvelles normes, de l’autre il ne peut pas leur garantir que tous les œufs qui seront vendus en France seront conformes aux nouvelles normes de bien-être.

Les éleveurs britanniques sont encore plus remontés sur le sujet. Selon le journal The Independent, ceux-ci ont déboursé 400 millions de livres sterling (soit environ 480 millions d'euros) pour adapter leurs élevages par anticipation. Ils craignent aujourd’hui de subir la concurrence d’œufs polonais ou espagnols moins chers, qui ont trouvé le moyen de différer les dépenses de mise aux normes.

Tag(s) : #ACTUALITES

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