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Extrait de l’ouvrage LA GUERRE SECRETE DU PETROLE, de Pierre Fontaine, écrit il y a une quarantaine d’années.



Le pétrole est un symbole, celui de la colonisation occulte des pays dépourvus de sources énergétiques indispensables au travail des hommes. Il est à la base de la plupart des transformations de matières diverses engendrant d’autres trusts d’importance moindre. Ceux qui en captèrent la production et la commercialisation sont devenus plus puissants que les gouvernants issus du suffrage universel ; ils sont dangereux et mal connus.

Les premiers pétroliers (américains) pensèrent essen­tiellement à un « business » international. En accaparant les sources et le commerce du pétrole, ils ne visaient que le monopole commercial d’un produit devenant, par la motorisation, de plus en plus indispensable au monde à un cours imposé par eux sans tenir compte du prix de revient. Feu J. D. Rockefeller, le créateur du business, jouissant d’un revenu QUOTIDIEN d’entre trois et quatre millions de francs. Les pétroliers britanniques se lancè­rent sur la même piste que leurs confrères d’outre-Atlan­tique pour le même objectif, avec les mêmes discutables méthodes, mais en liant leurs intérêts aux intérêts généraux du Royaume-Uni. Politique bientôt imitée par les pétroliers américains. En contrôlant la quasi-totalité des sources de pétrole éparses à travers le monde, Américains et Britanniques supervisaient l’activité économique des nations dépourvues de gisements du précieux carburant. Le pétrole remplaçait avantageusement les troupes d’occupation et les protectorats visibles.

Le 1er Reich voulut secouer, le premier au monde, le joug pétrolier anglo-saxon en cherchant, avec les Turcs, le pétrole mésopotamien. Cette tentative aboutit à la guerre de 1914. Et le monde retomba sous l’emprise pé­trolière américano-britannique.

Ce livre donne l’origine indiscutable de la guerre de 1939 dont le prélude était de faire rentrer le pétrole soviétique dans le giron pétrolier anglo-saxon. Aujourdhui, phase plus dramatique pour Londres et Washington, le pétrole soviétique prépare sa revanche et, tout comme le pétrole adverse, il est aussi teinté de politique. […]

Qui donc a préconisé la recherche du pétrole en France AVANT celle du Sahara ? Je crois être l’un des premiers et l’un des rares à l’avoir conseillé. Avec l’Algérie indépendante, où nous retrouvons-nous en matière pétrolière ? Pourquoi la France, à défaut de pétrole, se désintéresse-t-elle de ses roches pétroligènes ? Quels partis politiques se penchèrent, en un demi-siècle, sur le problème d’indépendance économique sans laquelle l’indépendance politique n’est quun leurre ? Ce silence destiné à maintenir le pays dans la dépen­dance des profits étrangers (sachant rétribuer les concours intérieurs) ne put être imposé qu’avec la collabo­ration de gouvernants, pusillanimes parfois, incompétents peut-être, mais le plus souvent employés inféodés. Ce qui revient à dire que la véritable indépendance nationale fut délibérément monnayée : la vassalité entraîne la complicité de guerre. Les trusts pétroliers n’ont pas seulement l’exclusivité dune matière première, ils détiennent aussi une extraordinaire puissance finan­cière particulièrement dangereuse dans les régimes à ir­responsabilité totale des politiciens et des grands commis.

M. Guy Mollet, président du conseil en 1956-57, ne me démentira pas. Plouto-démocrates, les gouvernements an­glais et américain soutiennent leurs pétroliers leur ame­nant lappui de leur emprise économique corruptrice. « La Standard Oil fera pour les Etats-Unis ce que la Royal Dutch-Shell fait pour la Grande-Bretagne », est une phrase pétrolière « historique ». […]

Toutes les recherches en dehors de l’orbite anglo-saxonne furent systématiquement sabotées. En France surtout ! Alors, au moment où elle devenait puissance pétrolière avec le Sahara, le Gabon, tout craqua et la France se retrouve comme avant, sous la dépendance du carburant étranger. Aucun hasard, ni « sens de l’histoire » dans l’opération, une implacable politique des pétroliers tout simplement, annoncée par nous bien avant sa réalisation.

Cette pesante sujétion anglo-saxonne dura plus d’un demi-siècle sur le monde. Est-elle terminée ou sur le point de l’être avec l’accession de l’U.R.S.S. au deuxième rang de producteur mondial de pétrole ? La vieille Europe occidentale, accaparée par les jeux de l’agio et se vau­trant devant le veau dor dispensateur de ses commodités sans songer aux lendemains de sa descendance, tombera­ t-elle dans le piège de la moderne motorisation à l’excès pour se trouver, un jour, devant de beaux jouets sans produits pétroliers pour les animer ? Le pétrole, nouvel esclavagiste des peuples sans idéal, peut-il de­venir un facteur de chantage et de troubles plus efficace qu’une guerre ? En France, oui et tout demeure possible dans le domaine pétrolier quand les questions économi­ques NON RÉGIES PAR DES LOIS FIXES sont sou­mises au bon plaisir des hommes de passage de la poli­tique. Or, si l’on fit une loi pétrolière pour le Sahara et pour le Mali, on se garda bien d’en promulguer une pour la métropole, afin que le pétrole demeurât une matière dépendant du fait du prince dont la prévoyance et la clairvoyance ne sont pas les qualités maîtresses.

Le pétrole est entre les mains de sociétés bancaires et il englobe une partie de l’industrie par le raffinage, les transports spécialisés, les pipelines, les appareils de recherche et de distribution, la pétrochimie. Directement et indirectement, il est devenu la plus extraordinaire affaire mondiale. Si le pétrole anglo-saxon venait à sauter, tout un système international s’effondrerait. Moscou le sait bien, Washington et Londres ne l’ignorent pas. Mais les Français préfèrent twister sur le volcan. La perte de l’Algérie-Sahara en contrôle direct d’une source pétrolière affaiblit considérablement les positions françaises, car, seule, une économie indépendante en carbu­rants pourrait maintenir la France à l’écart d’un litige au règlement inéluctable. Malheureusement, la masse tenue dans l’ignorance volontaire des causes n’a pas acquis le sentiment des réalités qui conditionnent son exis­tence. Dans très peu d’années, il sera trop tard.

A cinquante années de carences volontaires et de ser­vage succède l’irréalisme de technocrates et de politiciens combinards. Le pétrole existe EN FRANCE sous diffé­rentes formes ; l’essence de pétrole n’est ni indispensable ni le meilleur des carburants. Nous pouvons nous créer une autonomie de ressources énergétiques et ne plus dé­pendre des apports extérieurs. Puisque le pétrole est une question de guerre ou de paix, au public à réfléchir avec ces nouveaux arguments qui s’étagent d’hier à demain.

Extrait introduction de LA GUERRE SECRETE DU PETROLE – 15 € franco de port

LIESI – BP 18 – 35430 CHATEAUNEUF

source: L.I.E.S.I.

Tag(s) : #ECONOMIE - FINANCE

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