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Dans l’œil des marchés : Dominique Trenet, stratégiste dans une société de gestion indépendante, dresse, chaque mardi, un panorama de ce qu'écrivent les analystes financiers et politiques les plus en vue du marché.

 

La France est le plus grand risque de la zone euro pour Eric Stein gérant du Global Fixed Income Fund chez Eaton Vance.

 

La France est le plus grand risque de la zone euro pour Eric Stein gérant du Global Fixed Income Fund chez Eaton Vance. Crédit Reuters



Dominique Trenet   http://www.atlantico.fr/decryptage/france-devenir-gros-risque-zone-euro-analyses-financieres-dominique-trenet-273894.html?page=0,2

 

Dominique Trenet est stratégiste dans une société de gestion indépendante

Chaque semaine, il réalise pour Atlantico une synthèse des opinions les plus significatives sur l’évolution de la crise que nous sommes en train de vivre.

 

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Le dossier grec pèse toujours sur les marchés puisqu’il s’agit d’effacer 100Md€ de dette sur un encours de 350Md€. Un accord sur la base du PSI (Private Sector Involvment) est donc vital. Pour le moment, le montant de l’abandon de créance est de 70% avec un taux sur les nouvelles obligations de 4%. C’est le taux qui fait encore problème. Si aucun accord n’est trouvé on s’acheminerait vers un défaut désordonné, ce qui serait profondément déstabilisant pour l’ensemble de la zone euro y compris l’Allemagne. Si l’on arrive à un compromis, il faut s’attendre à ce que le Portugal, voire l’Espagne demande à bénéficier des mêmes annulations de dette…

La croissance de la masse monétaire en zone euro reste très faible mesurée par sa composante élargie M3 (3,1% sur un an) trois ans après la faillite de Lehman Brothers. On voit que le crédit bancaire reste très affaibli (1,6% sur un an) et qu’il faut selon Morningstar s’attendre à une rechute de la croissance de la masse monétaire dans les prochains mois. Nous sommes dans une véritable trappe à liquidité, car il y a une réticence du secteur privé à s’endetter avec une montée des comportements de précaution des entreprises et des ménages.

 

En Europe, il faudra mettre en place des politiques moins restrictives. Si les États diminuent leurs dépenses publiques il sera nécessaire qu’il y ait des relais de la part des entreprises et des ménages. Philipe Waechter, Directeur de la stratégie de Natixis AM a expliqué dans le cadre de la réunion annuelle organisée au George V cette semaine, que le dosage de l’austérité serait très difficile à mettre en place au moment ou le commerce mondial tourne au ralenti.

 

L’Allemagne et les Pays Bas vont quitter la zone euro dans les prochains mois nous explique Charles Dumas Chef Economiste de Lombard Street Research à Londres. Ces deux pays ne pourront pas faire accepter des transferts annuels de l’ordre de 60Md€ pour l’Allemagne et de 15Md€ pour les Pays-Bas juste pour maintenir le fonctionnement de la monnaie commune…

 

La France est le plus grand risque de la zone euro pour Eric Stein gérant du Global Fixed Income Fund chez Eaton Vance. Il estime que la BCE peut résoudre des problèmes de liquidité, mais aucune décision sérieuse n’a encore été prise pour résoudre les problèmes structurels de l’économie française.

 



L’issue de la campagne présidentielle française est encore très imprévisible pour les investisseurs. François Hollande a du mal à passer du rejet de Nicolas Sarkozy au registre de l’adhésion à ses idées. Il a un vrai problème d’autorité au sein de son parti (nucléaire, CSG, quotient familial, enseignants)... Comme il s’est imposé de ne rien promettre, cela ne fait pas rêver. Nicolas Sarkozy semble avoir, pour le moment, épuisé la capacité d’écoute des Français. En face des deux candidats de gouvernement Jean Louis Bourlanges Professeur à Sciences Po considère que nous avons trois candidats contestataires : Jean Luc Mélenchon dans le populisme de gauche, Marine Le Pen dans le populisme de droite et François Bayrou dans le populisme subliminal. La seule chose dont on est sûr est que les candidats qui voudront rester crédibles aux yeux des Français ne pourront pas promettre n’importe quoi, car la crise va s’emparer du débat politique.

 

 

États-Unis : doutes sur la qualité de la reprise

 

L’indice des indicateurs avancés de l’économie américaine va être modifié. Sa nouvelle composition sera annoncée le 26 janvier. Elle est de nature, d’après Lance Roberts de Street Talk Live de décevoir de nombreux investisseurs, car elle montrera que le mouvement de reprise auquel on assiste actuellement est beaucoup moins prononcé que ce montrait l’ancien indicateur.

 

L’économie américaine entre dans une période de risque parce que l’amélioration que l’on peut constater dans les indices n’est pas soutenable. Pour Comstock Partners à New York les salaires réels ne progressent pas et le niveau de consommation ne se maintient qu’avec un mouvement de désépargne. Le hedge fund s’attend à une révision en baisse des estimations de bénéfices des sociétés américaines.

 

 

Japon : les avis sont partagés sur l'état de l'économie

 

La balance commerciale est tombée dans le rouge en 2011. Le Yen est trop fort, le pays va être obligé de placer une partie de sa dette à l’étranger… l’opinion du consensus est assez négative.

 

Pour d’autres le Japon est en bonne santé. A bien des égards l'économie japonaise a très bien su traverser les fameuses années perdues inaugurées par le kravch boursier de 1990. Les industriels japonais qui suscitaient beaucoup de jalousie ont bien compris qu’ils préféraient que leurs partenaires commerciaux américains et européens basculent dans la compassion. Eamonn Fingleton du New York Times montre très bien que malgré certains signaux encourageants les États-Unis connaissent toujours un chômage élevé et la croissance semble y être à l’arrêt.

 

 

Matières premières : soja, maïs et pétrole à surveiller

 

La sécheresse qui sévit au Brésil et en Argentine en raison du phénomène de La Nina ont ravagé les cultures de Soja (28% de la production mondiale au Brésil et 18,6% en Argentine)et de maïs (6,9% de la production mondiale au Brésil et 2,7% en Argentine). Pour Samantha Pearson du Financial Times ce sont deux matières premières à surveiller en priorité car elles influencent l’inflation alimentaire qui est pratiquement toujours à l’origine des troubles sociaux.

 

L’interruption par l’Iran de ses livraisons de pétrole provoquerait une augmentation rapide du prix du baril de l’ordre de 40$. C’est le calcul qui a été fait par Sabine Stels Senior Global Commodity Strategist de Bank of America Merrill Lynch. Seule une mise sur le marché par les États-Unis de ses réserves stratégiques pourraient éviter que le baril de pétrole ne monte pas plus.

 

 

Secteurs : embellie des banques européennes

 

Les banques européennes ont progressé cette semaine a la suite de recommandations de brokers qui ont émis un avis positif sur le secteur , notamment Guillaume Tiberghien d’Exane. Il estimait à la date du 18 janvier le potentiel de hausse de la Société Générale à 42%, de 32% pour Natixis,de 26% pour BNP Paribas 26% et de 3% pour Crédit Agricole. Signe important, les fonds monétaires américains qui avaient vendu beaucoup d’obligations émises par les banques européennes se sont remis à en acheter.

 

Les banques américaines ont annoncé des résultats mitigés plutôt bon pour Bank of America et Goldman Sachs…



Obligations : l'avènement de la corporatocracie

 

Les modèles de prévision classiques ne fonctionnent plus nous dit John Plender du Financial Times… On est entré dans la « corporatocracie » avance Michael Santoli du magazine américain Barron’s. SAB Miller a pu emprunter 7Md$ la semaine dernière dont une tranche à 10 ans pour laquelle la société a payé 3,75% soit 0,65 de plus que la France. Au-delà du problème des agences de notation les investisseurs montrent clairement qu’ils préfèrent investir sur des sociétés que sur des états.


 

Marche : la Chine stimulée par le dragon

 

Le marché européen mérite d’être acheté dans les niveaux actuels explique Stefan Keitel le Chief Investment Officer de Credit Suisse. Selon lui nous sommes en voie de stabilisation et les petits pas qui sont accomplis vont dans la bonne direction.

 

Le marché allemand offre un niveau de P/Book très bas nous dit le Dr Asoka Wöhrmann CIO de DWS.

 

Le marché chinois entre dans l’année du dragon. Dans l’astrologie chinoise, les dragons sont les esprits du zodiaque, le conformisme est leur ennemi car les règles et les principes ce sont pour les autres...La bourse de Shangai a baissé de 25% en 9 mois. Avec un price/earnings ratio de 9,4x pour les douze prochains mois , on est à un niveau d’achat selon Peter Esho Chief Market Analyst chez City Index.

 

 

Art

 

Le fameux « Dollar Sign » d’Andy Warhol a atteint un prix exceptionnel lors de la dernière vente organisée par Christies puisque la transaction s’est effectuée à 698 500$ soit deux fois l’estimation. L’heureux vendeur avait acheté le tableau 27 000$ 23 ans plus tôt !

 

Tag(s) : #Crise de l'Euro

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