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Ça ne pue pas un peu ça, alors que l’on nous parle de « flexibilité », de baisse de salaire, et bientôt la réforme des retraites. C’est en Espagne, mais pour nous c’est sur la table des négociations. Il est désormais plus qu’évident, que les banques continueront d’être sauvées, jusqu’à la chute, et que nous allons devant une catastrophe…

 


C’est parti. Ce qui devait arriver arrive, malgré les dires des sceptiques, des naïfs et des menteurs. La Commission européenne qui s’est permis cette semaine d’exhorter la France à une mesure similaire se frotte les mains. La Banque d’Espagne qui croule sous 168 milliards d’euros d’emprunts toxiques a trouvé la solution facile, du niveau de la taxation des dépôts bancaires que le gouvernement espagnol va mettre en place. Que les Espagnols gagnent déjà 17% de moins que la moyenne de l’UE n’ est pas son souci.

Il est évident qu’en Espagne comme ailleurs, des voix érudites vont enfourcher à nouveau ce cheval de bataille au nom de la compétitivité et de la sortie de « crise », pour faire de nous des minijobers devant se contenter des miettes de la richesse que nous créons. Belle Europe, on ne le dira jamais assez.

 

 La Banque d’Espagne a indiqué dans son rapport annuel pour 2012 que le risque de chômage de longue durée devient «chronique» est «très préoccupant», et veut explorer la possibilité de contracter le salaire minimum (SMI), qui est actuellement à € 645,30 par mois. Rendez-vous compte: 645 euros c’est trop. Le pire est que cette rémunération, bien inférieure au seuil de pauvreté même en Espagne, soit considérée comme un « salaire » alors qu’il ne s’agit tout au plus qu’une « indemnisation » ou d’un « défraiement ». Le terme « Pourboire » pourrait même convenir parfaitement.

Les arguments avancés par la Banque d’Espagne pour étayer sa proposition ne manquent pas de sel. Il s’agit en effet selon elle:

- «d’explorer des mécanismes  pour empêcher la loi sur le salaire minimum comme une restriction à certains groupes de travailleurs ayant plus de difficultés dans leur insertion professionnelle». On est dans le « 400 euros c’est mieux que rien », argument d’une morale et d’une intelligence économique imparables, que seuls les Bacs +20 au QI de 160 peuvent se permettre.

 

- de créer des emplois à court terme en introduisant une plus grande flexibilité des salaires par de «nouvelles formules qui permettent, dans des cas particuliers, un écart temporaire avec les  termes de la négociation collective». Les Bangladais montrent chaque jour comment leurs conditions de travail abominables ont permis de tirer leur pays vers le haut…

La Banque d’Espagne a également son opinion sur les retraites. Elle estime, conformément aux recommandations de Bruxelles, qu’ « il serait sage d’anticiper l’entrée en vigueur du report de l’âge de la retraite (à 67 ans) et l’allongement de la période de calcul de la base (15 à 25 années) « .

La Banque d’Espagne omet de rappeler que le gouvernement espagnol a commencé à puiser dans la caisse des retraités pour combler les manques de sa politique délirante.

Pour finir, selon elle, il convient de procéder à un examen «en profondeur» de la taille du secteur public, des différents programmes de dépenses et du système fiscal.

Vous l’aurez compris la Banque d’Espagne a fait un récital de la pensée libérale la plus aboutie. Réduction des salaires, corvéabilité flexibilité du travail, privatisations, recul de l’âge de la retraite avec allongement de la période de calcul de base afin d’en réduire le montant.

Tout cela sent bien sûr l’arnaque et l’exploitation à plein nez. Encore une fois, les  salariés espagnols seront les dindons de la farce, car la richesse dégagée par leurs sacrifices leur sera confisquée pour tomber toujours dans les mêmes mains. A vous les salaires de misère, les conditions de travail déplorables, à nous les bénéfices.

La paupérisation devient désormais un mode de fonctionnement, les droits sociaux ne seront bientôt qu’un vague souvenir. L’économie de subsistance sera le nouveau crédo.

Olé!


Source: Opinion de Tenerife  via les moutons enragés

Tag(s) : #Crise de l'Euro

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