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Publié par Marc Lafontan "Au bout de la route"

 


On ne change pas une stratégie qui perd. Du moins en Europe.

L'effet dramatique de la "rigueur budgétaire" en Grèce, et ses conséquences en terme de récession et de mise sous tutelle de ce pays, n'empêchent pas nos chefs d’États européens de préconiser la même politique à l'ensemble de l'Europe. A l'instar des médecins de Molière, ils n'ont qu'un mot à la bouche "rigueur". "La saignée, la saignée, vous dis-je !".

Pourquoi ? Ou plutôt, pour qui ? Pour les peuples ? Allons donc. Nul ne croit encore que l'Europe a été construite pour les peuples qui la constituent, et, surtout, que toutes les décisions qui émanent de sa"gouvernance" (entendons "Commission européenne" et pas Parlement, car on aura remarqué que l'Europe, contrairement aux apparences, n'a pas un mode de gouvernement démocratique, les instances décisionnaires n'étant pas redevables devant l'ensemble des citoyens électeurs de leurs choix) sont prises dans leur intérêt.


La perte progressive de tous les systèmes de redistribution et l'atteinte du service public, c'est-à-dire tous les acquis du Conseil National de la Résistance, s'ajoutant aux mesures prises pour alléger les charges des plus riches, tout en favorisant des mesures de délocalisation qui appauvrissent les plus pauvres et fragilisent les PME, sont là pour démontrer que l'Europe, dès sa construction, a été pensée pour mettre en place activement le néolibéralisme sur des terres qui ne le souhaitaient pas. Sans le dire.
Actuellement, les loups sortent du bois, et nos dirigeants ne font même plus l'effort de parler du peuple. On sauve l'Euro. Merci pour lui.
Je n'ai pas eu l'honneur d'avoir été présentée à ce Monsieur, mais que veut dire sauver une monnaie, si ce sauvetage mène les pays qui l'utilisent à la ruine ?
Cela veut dire sauver les banques qui le détiennent, en appauvrissant au maximum les pays dans lesquels elles ont investi.
Le krak de 29 me semble le paradigme de ce que redoutent les spéculateurs. Donc il convient, pour eux, de tirer le plus de bénéfices d'un certain nombre d’États, de les saigner à blanc, puis de désinvestir. Comme le font depuis des années les fonds de pension dans nos entreprises, il s'agit de se servir, puis de partir.
Alors, pourquoi est-ce que nos chefs d’États vont servir la soupe à cette politique ? Parce qu'ils sont encore là. Et probablement, parce qu'un certain nombre d'entre eux sont là pour ça, comme on peut peut-être le supposer des deux nouveaux dirigeants, grecs et italiens, qui semblent "raccords" avec la finance internationale. Ils sont encore là, et ils sont pressés de mettre en place des règles qui empêcheront le peuple de décider d'une politique de gauche, grande crainte des banksters, car cette politique, celle d'une vraie gauche, pourrait commencer par refuser de payer les intérêts d'une dette indue, et par redonner aux États le droit de battre monnaie. Tant qu'à faire qu'à être pauvres, autant l'être à notre façon, c'est-à-dire en étant libres.
Quelque chose pourrait laisser supposer aussi qu'un certain nombre de ces dirigeants, très pressés de céder l'Europe à la finance, pourraient être ensuite grassement remerciés de leur effort, une fois qu'ils ne se présenteront pas aux élections et qu'ils trouveront de lucratifs postes de conseillers dans de grandes banques ou des groupes internationaux. Non ?
Tag(s) : #Crise de l'Euro

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