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Jusqu'à 40% des essaims selon les pays disparaissent encore.

 

La cause de l'effondrement est partiellement identifiée. La France engage les premières mesures.

La décision de la France d' interdire l'utilisation du pesticide Cruiser sur son territoire redonne espoir aux apiculteurs qui accuse le groupe suisse Syngenta qui le commercialise d'être à l'origine de la surmortalité de leurs ruches.

Une étude de l'Inra d'Avignon a confirmé leurs doutes ce printemps en mettant en évidence le rôle clef d'une des molécules de cet insecticide systémique, le thiaméthoxam.

Les chercheurs ont employé une approche originale pour démontrer ses effets : un panel de 650 insectes a été équipé de puces à radio-identification pour suivre leur aller et venue dans une ruche bardée de capteurs.

 

Le continent africain relativement épargné

 


La moitié de l'échantillon a été nourrie avec une solution sucrée contenant la dose équivalente à celle qu'elles peuvent rencontrer sur des cultures traitées. L'autre a reçu un placebo.

Relâchés loin de la ruche, la plupart des animaux empoisonnés a perdu la trace du retour entraînant une mortalité trois fois supérieure au taux normal (50% contre 15% en moyenne) notamment en raison de leur plus grande vulnérabilité à d'autres pathogènes (varroa, nosema, virus...) à une période critique du développement de l'essaim.

Un hectare sur deux (650.000 hectares) est protégé par du Cruiser en France.

Dans un récent rapport du PNUE, plusieurs autres régions du monde sont pointées du doigt avec des taux de mortalité spectaculaires de colonies d'abeilles : au Japon un taux de mortalité de l'ordre de 25%, au Canada avec 29%, en Allemagne (-40%)..

Le continent africain est pour l'instant relativement épargné même si l'on signale aussi des signes de CCD, « Colony Collapse Disorder » en Egypte, le long du Nil.

 

 

« Rendements moindres, fruits de moins bonne qualité »

Le scénario affole les agriculteurs. « Trois quart des cultures qui nourrissent l'humanité en dépendent », résume Bernard Vaissière, spécialiste des pollinisateurs à l'Inra (Institut national de recherche agronomique).

Arrivée sur terre 60 millions d'année avant l'homme, Apis Mellifera (l'abeille à miel) est aussi indispensable à son économie qu'à sa survie. Aux Etats-Unis où 90 plantes alimentaires sont polonisées par les butineuses, les récoltes qui en dépendent sont évaluées à 14 milliards de dollars.

« Sans elle, les rendements sont bien moindres et les fruits de moins bonne qualité », selon Axel Decourtye de l'Acta, le réseau des instituts des filières animales et végétales. Ils sont également plus chers.

Sur les contreforts de l'Himalaya, l'espèce sauvage qui pollinisait les pommiers a disparu. Alors les Chinois le font à la main, à l'aide d'un plumeau.

D'autres ont essayé de polliniser des amandiers par la force du vent des pales d'hélicoptère. En vain.

 

 

 

Auteur : Paul MOLGA

Source : www.lesechos.fr via Terre sacrée

Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

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