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Signe des temps : alors que se prépare une marche mondiale contre Monsanto le 12 octobre, l’association Kokopelli s’installe en Ariège avec sa collection planétaire de 2200 graines, et son esprit de résistance qui lui vaut d’être sur le devant de la scène.

 

 

Albert Jacquard le disait : la richesse en génétique, c’est la diversité. C’est toute l’action de l’association Kokopelli qui préserve d’anciennes espèces. Elle vient de trouver en Ariège un territoire à sa mesure. L’esprit rebelle des Ariégeois, et une terre rurale qui lui offre quinze hectares et une ferme pour installer son nouveau siège social, ainsi que sa collection d’exception de semences potagères.

 

RAPPEL :

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Du Gard, où elle a vécu ces quinze dernières années, elle transporte ses 2200 variétés de semences, et crée une dizaine d’emplois. Une heureuse nouvelle sur un territoire économiquement sinistré. La Poste du Mas d’Azil renaît également : l’association envoie en période hivernale, 400 colis de graines chaque jour, commandés sur sa boutique en ligne. Des graines qui feront d’autres graines. Ce qui est loin d’être une évidence aujourd’hui. 


Des semences anciennes pour les jardiniers amateurs

Dans la grande variété des semences, 650 sont des tomates de toutes les couleurs. "Ce qui est à la fois gros et anecdotique", s’amuse Ananta Guillet, gérant de l’association. "Il y a plus de 12.000 sortes de tomates recensées dans le monde ! Mais Kokopelli est la seule association en Europe a avoir essaimé une collection vivante dans les jardins amateurs, ce qui fait le caractère unique de notre travail. Ce sont des jardins autonomes, où les jardiniers peuvent refaire leur semences."

L’association compte 9000 adhérents, qui versent 20 euros par an, et qui participent à l’entretien de ce patrimoine vivant en cultivant les graines d’une année sur l’autre. Ce qui inquiète les multinationales qui prônent les OGM.


Des graines libres de droits et reproductibles

Il est là, l’étendard de Kokopelli. Libres de droit et reproductibles, les semences de l’association agacent les grands donneurs d’ordre, explique Ananta Guillet. Puisque ces graines échappent au catalogue du Gnis , le Groupement National Interprofessionnel des Semences :"Chaque variété doit y être inscrite. Elle doit se conformer à des critères d’homogénéité, et de stabilité, auxquels seuls les hybrides peuvent répondre ! Autrement dit celles dont on ne peut pas refaire la semence derrière. C’est incroyable que ce soient ces graines qui soient protégées par les lois."

Kokopelli est aujourd’hui au cœur d’un conflit qui oppose les pays pauvres, les défenseurs du vivant et les multinationales qui programment la dégénérescence des graines. "On ne peut pas replanter ces graines. les agriculteurs et les jardiniers sont menottés, puisque ces semences sont conçues pour être cultivées avec leur panoplie de produits chimiques, c’est un engrenage", constate Ananta Guillet.

Les semences de Kokopelli placent l’association dans le peloton de tête des résistants à cette privatisation du vivant. Via son programme Semences sans Frontières, Kokopelli envoie chaque année gratuitement 300 colis de graines dans le monde. Glissées au fond de sacs, pour éviter d’être détruites à la douane, les graines illicites traversent les continents. « Pour essaimer des semences fertiles », explique Ananta Guillet.

Virginie Mailles Viard

SOURCE

Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

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