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Monsanto étend son emprise sur toute la planète.

Nouveau projet est une gigantesque usine de semences génétiquement modifiées en Argentine.

Monsanto crée des semences génétiquement modifiées + combinées à des pesticides toxiques, elles sont utilisées en monoculture: dans ces champs, rien d’autre ne pousse. Ce procédé est une plaie pour nos écosystèmes.

Or aujourd’hui, l’entreprise projette de bâtir l’une des plus grandes usines de semences OGM dans la petite ville de Malvinas. manifestation à Cordoba, Argentine, septembre 2013

 

Monsanto annonçait en juin 2012 la construction en Argentine de sa plus grande fabrique de semences de maïs transgéniques (OGM) d'Amérique Latine. Le pays, déjà deuxième producteur mondial d'OGM, est en passe de devenir un exportateur de semences GM bon marché. Sur le terrain, le bras de fer entre les habitants et la firme devient des plus musclés.

L'endroit choisi pour ce projet de « méga-fabrique » se nomme Malvinas Argentinas dans la proche banlieue de Cordoba, une ville entourée de soja GM et dont les habitations sont régulièrement soumises à des fumigations intempestives. Face au mutisme des autorités qui cautionnent le projet, des associations de défense de l'environnement, des organisations sociales, et des habitants bloquent désormais l'accès au chantier depuis fin septembre 2013.

Rapidement après l'annonce du projet, l'Assemblée des Habitants de Malvinas en Lutte pour la Vie s'est constituée à l’initiative de mères de familles et de résidents fatigués de subir cette pollution quotidienne. Les habitants ont vainement réclamer des informations à la municipalité et au gouvernement provincial.

En novembre 2012, l'Assemblée a commencé à exiger que la population de Malvinas Argentinas puisse se prononcer par référendum. Le maire Daniel Arzani et le gouverneur José Manuel de la Sota ont à nouveau refusé l'initiative. Les habitants exigent également le respect de la Loi Générale de défense de l'environnement qui oblige la réalisation d'une étude d'impact environnemental, mais faute d'avoir été réclamée par les autorités, Monsanto s'est affranchie sans difficulté de cette contrainte.

Occupation et résistance
Le 19 septembre 2013 un festival populaire, un « Printemps sans Monsanto », se tenait sur le site marquant le lancement d'une opération de blocage qui dure depuis deux mois. Depuis, les entreprises de construction avaient retiré leurs machines et les ouvriers ne se rendaient plus sur le site. Mais face à la résistance qui s'installe, Monsanto cherche à intimider les leaders locaux et menace de traîner en justice les habitants participant à l'occupation.

Le 31 octobre dernier, Monsanto a accusé Sofia Gatica de l'organisation des Mères de Ituzaingo et Eduardo Quispe, de l'Assemblée de Malvinas Argentinas, de « porter atteinte à la sécurité publique » en raison du blocage, tout en dénonçant de supposés « actes de violence contre le personnel » du chantier. En 2012, Sofia Gatica recevait le prix Goldman Environmental Prize pour son combat des mères argentines contre les pollutions agrochimiques affectant la santé des enfants. Les avocats de Monsanto accusent ces militants d'occuper illégalement le terrain, ce qui, selon le code pénal argentin pourrait leur valoir des peines de prison allant jusqu'à trois ans et de lourdes amendes au civil pour préjudices économiques.

Dernier rebondissement marquant une détérioration du conflit, le 28 novembre au matin, un groupe d’environ 60 « gros bras » s’est présenté sur le site pour saccager le camp. Les militants ont dénoncé la participation du délégué d'un syndicat de la construction (UOCRA), des engins de chantier et des camions étant par ailleurs immobilisés sur le site depuis plusieurs jours après une première tentative de déloger les occupants.

Un mouvement qui prend de l'ampleur
Deux enquêtes d'opinion révèlent que 63,2% des argentins sont contre l'installation de la multinationale dans la province et 66,8% soutiennent le mouvement de résistance des habitants. Trois universités nationales ont également dénoncé publiquement la légalité de l'installation de Monsanto. Les professeurs de droit de l'Université Catholique, celle de Rio Cuarto (UNRC) et celle de Cordoba ont soulignent le fait que la construction ait été autorisée sans la réalisation préalable d'une évaluation d'impact environnemental ni consultation publique, deux dispositions pourtant obligatoires. Elles ont également rappelé l'existence d'un « principe de précaution argentin », des mesures de protection devant être prises lorsqu'il y a des risques sur la santé publique et l'environnement.

Depuis, la grogne s'étend dans la province voisine de San Luis et reçoit un soutien grandissant dans la capitale. « Monsanto promeut un modèle d'agriculture industrielle, elle fait déboiser des milliers d'hectares pour y semer ses cultures transgéniques de maïs et de soja pour en tirer des graines, elle y fait régulièrement pulvériser des produits hautement dangereux pour la santé durant le cycle de culture, sans le consentement de notre communauté », a dénoncé l'Association Paysans de la Vallée Conlara, réunissant les familles rurales voisines d'une autre usine de l'entreprise.

Pour les paysans argentins, « ce modèle n'a pas crée d'emplois, il ne produit pas d'aliment pour notre région et menace notre santé », ils dénonçent également les fumigations à proximité de leurs maisons, dont les effets terrifiants ont été démontrés par une enquête récente d'Associated Press. Au pays des soyeros tout puissant, tenant la presse et la politique, la population argentine a décidé d'affronter Monsanto sur le terrain, ils auront besoin de soutien !

Source : Dos meses de bloqueo, Dario Aranda, Pagina12, 23 novembre 2013.http://www.pagina12.com.ar/diario/sociedad/3-234192-2013-11-23.html

 

Manu Chao et Marie Monique ont apporté publiquement leur soutien à cette occupation fin novembre 2013

Manu Chao au campement de Malvinas, 29/11/2013 

 

 

Marie Monique Robin, mi novembre 2013 
Marie Monique Robin, mi novembre 2013 ©
http://www.arte.tv/sites/fr/robin/2013/11/19/moissons-de-medailles-en-argentine/

 

L'Argentine empoisonnée par les pesticides ?


EN IMAGES. L'Argentine empoisonnée par les pesticides ?

Publié le 26-10-2013 à 08h01 - Mis à jour à 08h02 - Par

 

Des bidons Monsanto, originellement conçus pour accueillir l'herbicide Roundup, attendent d'être recyclés dans la ville de Quimili, en mai 2013. Les produits chimiques utilisés en Argentine pour l'agriculture se sont multipliés par huit en vingt ans.  (Natacha Pisarenko/AP/SIPA)

 


EN IMAGES. L'Argentine empoisonnée par les pesticides ?

"L'agriculteur Fabian Tomasi n'a jamais été formé pour utiliser des protections lorsqu'il maniait des pesticides. Aujourd'hui, à l'âge de 47 ans, c'est un squelette vivant." Ainsi débute l'enquête de l'agence américaine Associated Press (en anglais) sur l'utilisation intensive de produits agrochimiques en Argentine. Diffusé cette semaine, le reportage pointe le manque de régulation et ses potentielles conséquences sanitaires. (Natacha Pisarenko/AP/SIPA)


EN IMAGES. L'Argentine empoisonnée par les pesticides ?

La petite Aixa Cano, 5 ans, est née pour une raison inconnue avec le corps recouvert de volumineux grains de beauté. Elle aussi vit à Avia Terai, commune agricole où 31% des habitants ont un membre de leur famille souffrant du cancer. En comparaison, à Charaidai, un village d'éleveurs de la même région, ce chiffre se limite à 3%. (Natacha Pisarenko/AP/SIPA)

 


 

 
Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

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