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En Angleterre

Les printemps anglais sont en train de perdre leurs chants annonceurs, celui des coucous, des rossignols et des tourterelles


Les scientifiques ont du mal à expliquer la baisse catastrophique du nombre de ces oiseaux. Ils disparaissent par milliers.

"L'appel printanier du coucou pourrait être réduit au silence dans un proche avenir, il existe désormais un risque réel que les oiseaux migrateurs en provenance d’Afrique ne viennent plus nicher dans nos contrés" explique le Dr Danaé Sheehan

le nombre d'oiseaux migrateurs en provenance d'Afrique ont considérablement diminué au Royaume-Uni depuis 1995. Le chiffre des pertes pour les tourterelles est estimé à 71%; 53% pour rossignols, et 44% pour les coucous.

"C'est une baisse très importante et très inquiétante" a t-elle ajouté.

"Mais le véritable problème, c'est qu'il y a tellement de causes possibles de ces pertes, qu'il nous est difficile de démêler les facteurs impliqués dans ces déclins, et de préparer des plans sauvegardes pour améliorer cette situation.


La RSPB et des groupes tels que le British Trust for Ornithology ont lancé une série de projets au Royaume-Uni et en Afrique. Il s'agit notamment d'enquêter sur les migrations de ces oiseaux en Grande-Bretagne et en Afrique, afin de déterminer les facteurs perturbants qui réduisent leur colonies.

Ces travaux comprendront un inventaire des coucous, des rossignols et des tourterelles des bois mais aussi des pouillots siffleurs, des fauvettes des jardins, des tariers des prés, et des gobe-mouches; leurs effectifs ont chuté toutes espèce confondues de 30% depuis 1995.


Cependant, ce travail sera trés difficile à accomplir, en raison notamment de la complexité de la migration des oiseaux entre l'Afrique et la Grande-Bretagne.

les résidences d'hiver sont très différentes entre les espèces. Certains oiseaux, comme le rossignol, le coucou passent l'hiver dans les régions humides de l'Ouest - entre le Nigeria et le Ghana, tandis que d'autres, comme la tourterelle des bois et la bergeronnette printanière, passent l'hiver dans les zones arides du Sahel.

"Ces deux régions sont grandement touchées par l'extension de la population humaine, qui peut avoir des effets sur certaines espèces d'oiseaux,» dit Sheehan.

Néanmoins, les scientifiques soupçonnent aussi de nombreuses autres causes possibles et en particulier la difficulté pour ces oiseaux de se nourrir quand ils viennent se reproduire en Grande-Bretagne.

Par exemple, les coucous mangent de grands papillons et il est aujourd'hui reconnu que la présence de ces insectes a nettement baissé au Royaume-Uni.

D'autre part, le Dr Sheehan souligne, que les changements climatiques qui ont profondément bouleversé les saisons des cultures en Grande Bretagne et en Europe en général, semble perturber profondément la reproduction et les habitudes de ces oiseaux pour nourrir leur petits. La perte des garrigues sablonneuses où se reproduisaient les tourterelles et les rossignols sont aussi montré du doigt. Mais aussi la chasse qui en tue des milliers chaque année. Bref une multitude de raisons sont à clarifier.

"Beaucoup d'anglais vont entendre leurs coucous en ce début de printemps ce week-end. Mais il n'est pas garanti qu'ils seront en mesure de les entendre encore d'ici 10 ans."

Source: le Guardian
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En France

Le mois d'avril marque traditionnellement le retour des hirondelles sur notre territoire. Revenus de leur périlleuse migration en Afrique, où les zones désertiques se multiplient, ces oiseaux réapparaissent près de nos maisons, de moins en moins nombreux. La LPO (Ligue de protection des oiseaux) tire la sonnette d'alarme...

Les hirondelles comptent parmi les animaux qui se sont le mieux adaptés à la proximité avec l’homme. La France accueille cinq espèces: l’hirondelle rustique (à la gorge rouge), celle de fenêtre (noire et blanche), celle de rivage, au pelage brun, l’hirondelle des rochers et la rousseline.

D’années en années, ces mangeuses d’insectes qui annoncent le printemps sont moins présentes en Europe, mais aussi sur notre territoire: depuis 1989, le nombre d’hirondelles rustiques a baissé de 12% et celui des hirondelles de fenêtre de 41%. Seules les hirondelles de rivage ont vu leur population augmenter de 28% depuis 2001. Les causes du déclin? L’utilisation de pesticides ou de débrousailleuses dans les jardins et les cultures, ainsi que la trop grande propreté des fermes qui amenuisent les réserves en insectes, base de leur alimentation. Avec l’apparition de nouveaux bâtiments, peu favorables à leur installation, leur reproduction est également devenue plus difficile.

Que peut-on faire? Ne pas utiliser abusivement de pesticides et surtout ne pas détruire les sites de nidifications essentiellement d’avril à septembre, par exemple près des fenêtres de maisons ou sous les ponts. «Détruire un nid d’hirondelle, une espèce protégée par l’article L 411-11 du code de l’environnement, peut d’ailleurs vous coûter jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000€ d’amende!», rappelle Frédéric Malher du Centre Ornithologique Ile-de-France.

Pour protéger les hirondelles, la LPO met en place des nichoirs artificiels dans les gares. «La Ligue s’investit aussi pour que des périodes de protection des nids soient instaurées, explique Gunter de Smet de la LPO. Cela peut empêcher, par exemple, le démarrage de travaux de construction ou de rénovation». Enfin elle cherche à rendre les colonies d’hirondelles de rivage pérennes en consolidant les abris construits, sans empêcher la terre de se renouveler et d’éliminer ainsi les parasites présents.

D’autres dangers guettent les hirondelles dans le monde, essentiellement en Afrique, lors de leur migration, où la déforestation s’accélère. Il faut enfin rappeler que 35% des hirondelles rustiques sont tuées par la chasse chaque année et que près de 100 000 hirondelles meurent tous les ans pour la consommation, essentiellement en Afrique.

Source: 20 minutes.fr

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Au Canada

Des dizaines d'espèces d'oiseaux en déclin

Au moment où l'effervescence printanière gagne une multitude d'oiseaux qui se préparent à nicher, des scientifiques s'interrogent sur l'avenir de plusieurs espèces.

Les résultats préliminaires obtenus dans le cadre de l'Atlas des oiseaux nicheurs du Québec, dont le but est de déterminer la distribution des oiseaux qui se reproduisent ici, indiquent que la population de dizaines d'espèces indigènes a connu une baisse considérable au cours des dernières années. Par contre, d'autres, beaucoup moins nombreuses toutefois, sont en pleine expansion.

La situation de plusieurs hirondelles (rustiques, des rivages, noires et à front blanc), de l'engoulevent bois-pourri, de l'engoulevent d'Amérique, un oiseau autrefois abondant dans le ciel de Montréal, et surtout du martinet ramoneur dont les effectifs ont considérablement baissé au cours des récentes décennies, inquiète les biologistes. Même l'universel moineau domestique est en déclin.

Plusieurs espèces qui fréquentaient jadis les terres abandonnées de nos banlieues sont aussi en chute libre parce que ces espaces vitaux diminuent comme peau de chagrin. C'est le cas du goglu des prés, de la maubèche des champs ou encore de la sturnelle des prés, des oiseaux qu'il était assez facile d'observer autour de Montréal il y a une vingtaine d'années à peine. D'autres comme le tyran tritri, la bécasse d'Amérique, la perdrix grise, le pluvier kildir ou encore le vacher à tête brune, oiseau parasite qui fait pourtant élever ses petits par les autres, voient aussi leurs populations décroître.

Des 443 espèces déjà signalées au Québec, seulement 278 vivent sur place ou viennent y élever leurs petits. Certains experts estiment que la diminution pourrait toucher près de la moitié d'entre elles.

Responsable de la coordination de l'Atlas pour Environnement Canada, le biologiste Michel Robert précise cependant qu'il faudra attendre que la compilation des données soit terminée, à la fin de 2014, pour avoir un portrait précis de l'évolution de nos oiseaux. Mais déjà, si l'on compare les résultats obtenus l'an dernier avec ceux du premier Atlas publié en 1995, il est évident que la situation de nombreuses espèces est précaire.

Plusieurs facteurs sont en cause. «Les oiseaux qui se nourrissent exclusivement d'insectes, particulièrement ceux qui les capturent en vol, comme les engoulevents, les hirondelles ou les martinets déclinent, indique le scientifique. La situation n'est pas particulière au Québec et pourrait être attribuable à la baisse considérable d'insectes, un problème probablement lié à l'agriculture intensive sur tout le continent. Dans certains cas comme chez l'hirondelle rustique, c'est la rareté des lieux de nidification qui pose problème. Le réchauffement climatique et les pratiques agricoles (les bêtes élevées en enclos, l'élimination des zones tampons, le fauchage très hâtif, etc.) sont également en cause.»

Par ailleurs, de nombreuses espèces migratrices sont malmenées dans les lieux d'hivernage, en Amérique centrale et en Amérique du Sud, en raison de la destruction des habitats et de l'utilisation massive des pesticides qui empoisonnent la chaîne alimentaire. Par exemple, la sarcelle à ailes bleues, un canard qui voit souvent son nid détruit par les coupes hâtives du fourrage au Québec, est abondamment chassée sur les sites d'hivernage.

DES PERDANTS

Le moineau domestique

Introduit d'Europe par des lâchers aux États-Unis dans les années 1850 et même à Québec en 1868, le moineau domestique s'est merveilleusement adapté à son nouveau milieu. Au point qu'à peine 20 ans plus tard, le 20 juillet 1889, La Presse titrait en une: Mort aux moineaux. La disparition du cheval de nos rues et plus récemment, la modification de l'architecture urbaine, l'élevage en enclos et la concurrence livrée par un nouvel arrivant, le roselin familier, ont tous contribué au déclin du moineau qui s'est accentué depuis deux ou trois décennies

L'hirondelle rustique

L'hirondelle rustique, notre hirondelle des granges, doit composer avec une baisse considérable des lieux de nidification, les bâtiments de ferme étant moins nombreux et plus modernes. La chute des populations d'insectes volants aurait aussi contribué à la dimunition de la population. Le gigantesque ouragan Wilma, à l'automne 2005, en pleine période migratoire, serait également responsable d'une hécatombe dans la population. Cette espèce migre jusqu'en Argentine.

Le martinet ramoneur

Étonnante évolution que celle du martinet ramoneur, oiseau de petite taille, encore présent dans le ciel montréalais, toujours en vol ou presque, souvent confondu avec l'hirondelle. La colonisation ayant décimé les arbres où il nichait, l'espèce s'est installée dans les cheminées qui cessaient de fumer durant la saison de reproduction. Quelques siècles plus tard, les cheminées disparaissaient en quelques décennies ou étaient grillagées en raison de la réglementation. À cela s'ajoute la rareté des insectes volants. Résultat: un déclin d'effectifs de plus de 90% au cours des récentes décennies. Aujourd'hui, la population totale ne dépasse guère les 4000 individus. L'oiseau hiverne en Amérique du Sud (Chili, Pérou, Équateur, Brésil).

DES GAGNANTS

L'urubu à tête rouge

Souvent appelé à tort vautour à tête rouge, l'urubu est un nouveau venu au Québec. Même si on l'imagine beaucoup plus dans les étendues désertiques du Sud que dans la forêt boréale. La première mention de nidification, dans l'Outaouais, date de 1986. Ce charognard au charme particulier est maintenant en pleine expansion et on le trouve aussi bien au Témiscamingue qu'en Abitibi ou sur la Côte-Nord. De nombreux individus sont signalés chaque année dans la région métropolitaine, même en plein coeur de Montréal. Le réchauffement climatique, la grande population de chevreuils et la circulation automobile, qui lui procure des milliers de carcasses, seraient en cause.

Le dindon sauvage

Jadis présent dans le sud du Québec au XVIIIe siècle pour ensuite disparaître en raison de la chasse intensive, comme ce fut le cas aussi dans une bonne partie des États-Unis, le dindon sauvage fait un retour remarquable sur le territoire québécois ces dernières années, notamment en Estrie et en Montérégie. Ces oiseaux proviennent à l'origine des États américains limitrophes où le dindon a été réintroduit. Le réchauffement climatique a favorisé le dindon mais certaines populations ailleurs au Québec, comme dans l'Outaouais, doivent leur existence aux lâchers réalisés par la Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec.

Le cardinal rouge

Le cardinal rouge, une espèce familière particulièrement prisée des amateurs d'oiseaux en raison de son vif coloris, est en nette progression vers l'est, notamment dans la région de Québec où il était absent il y a 20 ans. Cette expansion territoriale aurait aussi été favorisée par les hivers plus doux de même que par la présence de mangeoires installées par les amateurs pour observer et nourrir les oiseaux durant la saison froide.

Source: Cyberpresse.ca

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Tag(s) : #AIR DU TEMPS

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