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Alors que la situation de la zone euro ne cesse de s’empirer, des dizaines de milliers d’Irlandais, Grecs et Portugais quittent leur pays pour commencer une nouvelle vie ailleurs rapporte le Guardian, notamment dans l’hémisphère sud.

Depuis sa conception, l’Union européenne a toujours été un refuge pour ceux qui fuyaient la guerre et la pauvreté. Mais la crise économique actuelle, qui fait connaître au Vieux continent ses heures les plus graves depuis la Seconde Guerre mondiale selon Angela Merkel, semble avoir définitivement inversé la tendance.



Cette année, près de 2.500 citoyens grecs sont partis s’installer en Australie, et plus de 40.000 ont «exprimé l’envie» de partir vivre dans l’hémisphère sud selon le Guardian. En Irlande, le bureau central des statistiques estime qu’environ 50.000 personnes quitteront le pays d’ici la fin de l’année 2011, notamment pour chercher du travail en Australie ou aux Etats-Unis.
Au Portugal, le ministère des Affaires étrangères rapporte qu’au moins 10.000 personnes sont parties pour l’Angola, une ancienne colonie très riche en pétrole. Au 31 octobre 2011 par exemple, plus de 97.000 citoyens portugais ont été enregistrés dans les consulats des villes de Luanda et Benguela, presque deux fois plus qu'en 2005. Le Guardian note que le Brésil fait aussi partie des destinations préférées des Portugais: alors qu’ils étaient 276.000 en 2010, ils sont maintenant près de 330.000.
Enfin en Espagne, l’Institut national de statistiques (INE) constate que chaque année, un demi-million d’Espagnols émigrent pour échapper à la situation économique du pays. Ce phénomène inquiétant est d’ailleurs évoqué par El País dans un long article intitulé «Emigrants, à nouveau» dont Slate vous a déjà parlé. Les raisons de quitter son pays d’origine sont multiples explique le quotidien: pour beaucoup d’Espagnols, c’est d’abord à cause du manque de travail, de la précarité, et d’une absence de perspective d’avenir.
Au contraire, les pays qui connaissent de forts taux de croissance comme le Brésil attirent beaucoup de gens, note le Guardian, qui prend l'exemple de Gonçalo Pires, graphiste à Lisbonne qui vit désormais à Rio de Janeiro:

«L’environnement est vraiment déprimant là-bas [au Portugal]. Alors qu’au Brésil, il y a plein d’opportunités pour trouver du travail, pour trouver des clients et des projets.»

Pour Joy Drosis, qui est partie de Grèce pour vivre en Australie, les raisons sont à peu près les mêmes:

«Je devais faire quelque chose. Si j’étais restée en Grèce, nous étions tous condamnés. J’ai de la chance de parler la langue: beaucoup d’autres ne peuvent pas.»

En Irlande, rappelle le quotidien britannique, l’émigration n’a pas arrêté d’augmenter depuis 2008 et la chute de Lehman Brothers, la banque américaine qui est en grande partie responsable de la bulle immobilière que le pays a connu à partir du début des années 2000. Les experts pensent d’ailleurs que la situation ne va pas s’arranger vu les nouvelles mesures d’austérité qui ont été annoncées début décembre, ainsi qu’une augmentation des impôts à hauteur de 1,6 milliard d'euros.

Source vu sur " Au bout de la route"

Tag(s) : #Crise de l'Euro

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