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Vive les Belges !

Au moins eux, leur gouvernement tente de protéger leur intérêts.

Le socialiste Paul Magnette, ministre-président de la Wallonie, et le vice ministre-président Jean-Claude Marcourt lors d'un débat sur le CETA, le 14 octobre 2016. REUTERS/Francois Lenoir

Le socialiste Paul Magnette, ministre-président de la Wallonie, et le vice ministre-président Jean-Claude Marcourt lors d'un débat sur le CETA, le 14 octobre 2016. REUTERS/Francois Lenoir

Le traité de libre-échange Europe-Canada, appelé Ceta, doit être adopté par les ministres des Finances de l'UE le 18 octobre prochain. Mais la composante wallonne de la Belgique refuse de donner son accord.

C'est non pour les Wallons. Malgré les pressions internationales, la région francophone de Wallonie a mis vendredi son veto à la signature par la Belgique du controversé traité de libre-échange entre l'UE et le Canada (Ceta). Elle réclame des garanties supplémentaires avant la mise en oeuvre de l'accord. 

L'aval du Parlement de la Wallonie, l'une des sept assemblées législatives de Belgique est indispensable à la ratification du traité, négocié pendant sept ans par l'UE. Il s'agit en effet d'un traité mixte, qui nécessite l'accord des Etats-membres pour être valable. Quand ces Etats sont fédéraux, ils ont besoin de l'accord des Parlements régionaux pour prendre une décision. Trente-huit Parlements auront ainsi leur mot à dire. 

"La Belgique ne signera pas le Ceta le 18 octobre"

Le Parlement wallon a adopté à une large majorité une résolution demandant à son ministre-président, le socialiste Paul Magnette, de ne pas autoriser la Belgique à signer l'accord avec le Canada. "Je ne donnerai pas les pleins pouvoirs au gouvernement fédéral et la Belgique ne signera pas le Ceta le 18 octobre". A cette date, les ministres des finances de l'UE sont censés adopter le traité à Luxembourg. 

"Vous n'avez pas le sens de l'Etat, vous prenez en otage la Belgique et l'Europe", l'a tancée sa collègue libérale Virginie Defrang-Firket, estimant que la région, après ce vote, allait devenir le "Cuba de l'Europe". Jeudi, la Nouvelle alliance flamande (N-VA, nationaliste), plus grand parti de Flandre, a accusé la "République soviétique de Wallonie" de mettre en péril les intérêt commerciaux de la Flandre. 

La Wallonie souffre de la mondialisation

"Nous sommes une part du pouvoir européen", a souligné la député socialiste Olga Zrihen, au nom de la majorité de centre-gauche qui dirige la Wallonie. Dans cette région de quelque quatre millions d'habitants, l'industrie souffre des effets de la mondialisation, comme l'a encore prouvé l'annonce récente de la fermeture de la grande usine de Charleroi du fabriquant américain d'engins de chantier Caterpillar.  

Paul Magnette a répliqué en disant préférer un "isolement diplomatique" à une coupure avec la société civile wallonne, dont des pans entier (syndicats, ONG, agriculteurs...) s'opposent au traité négocié par la Commission au nom des 500 millions d'Européens et par Ottawa pour les 35 millions de Canadiens, de crainte qu'il affaiblisse les services publics ou sonne l'arrêt de mort de l'agriculture wallonne déjà en crise. 

Un accord de dernière minute est possible

Le Wallon a toutefois laissé la porte entrouverte à un accord de dernière minute, en ne réclamant pas une réouverture des négociations sur l'ensemble du traité. Il a insisté pour que la récente "déclaration interprétative" rédigée par la Commission européenne pour rassurer les sceptiques, soit dotée du "même poids juridique" que le Ceta lui-même. Ce qui n'est pas le cas actuellement. 

La patience du Canada a ses limites. "Si dans une semaine ou deux, l'Europe est incapable de signer une entente commerciale progressiste avec un pays comme le Canada, avec qui l'Europe pense-t-elle faire affaire dans les années à venir?", a prévenu Justin Trudeau.

Source : L'Express.fr

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Tag(s) : #ACTUALITES, #ECONOMIE - FINANCE

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