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Le Brésil est lui aussi confronté au vieillissement de sa population, et au problème que cela pose en termes de financement des retraites du pays, note Mac Margolis de Bloomberg. En effet, l’âge de prise des pensions dans le pays, combiné à la générosité de certains régimes de retraite, font des pensions une véritable bombe à retardement pour le pays.

 

« Le problème du Brésil est qu’il devient vieux avant de devenir riche », a synthétisé Marcelo Caetano, un économiste de l’Applied Economic Research Institute, qui a publié une vaste étude sur le système de sécurité sociale du pays.

Il a noté que le pays consacrait déjà 12,2% de son PIB aux prestations sociales, et qu’on y comptait un retraité pour 3 travailleurs, un chiffre qui est déjà supérieur à celui des membres du G7, à l’exception de l’Italie.

Il n’existe pas d’âge minimal de la pension dans le secteur privé brésilien, ce qui signifie que les Brésiliens prennent leur retraite bien avant les employés des autres pays du monde : 54 ans pour les hommes en moyenne, et même 52 ans pour les femmes. Et comme dans les autres pays, l’espérance de vie s’allonge, ce qui signifie qu’un Brésilien peut espérer vivre à la retraite pendant 26 ans, et une Brésilienne, 33 ans.

Même si les pensions du pays sont relativement modestes, puisqu’elles sont de 536 euros par mois en moyenne, de telles durées de versement ont un impact énorme, et cette année, le système de sécurité sociale, qui ne paye que les retraites du secteur privé, devrait présenter un déficit de 50 milliards de reais (environ 17 milliards d’euros).

Le système connaît donc déjà de graves difficultés, et si les politiciens n’engagent pas rapidement des réformes, il risque de tomber en faillite ; or, malheureusement, ces réformes semblent très improbables. Sur les 30 dernières années, divers amendements ont été votés, notamment en 1998, en 2003 et en 2012. Chacun a permis de faire des avancées, mais tous ont été remis en cause par des groupes d’intérêt.

L’un des groupes d’intérêt les plus puissants du pays est celui des fonctionnaires, dont l’âge de la pension est de 60 ans pour les hommes, et 55 ans pour les femmes. Ils bénéficient de pensions qui représentent la moyenne des salaires qu’ils ont perçus au cours de leur carrière (un peu moins que ce montants pour les dernières recrues). Pour les militaires, le régime est encore plus favorable, puisqu’ils touchent une pension égale à leur dernier salaire, et que leurs filles bénéficient d'une pension à vie, un vestige qui remonte aux temps où le Brésil était en guerre avec le Paraguay, à la fin des années 1860.

Du coup, le Brésil a dupliqué sur les pensionnés les grandes inégalités de revenus qui ont inspiré à l’économiste Edmar Bacha de surnommer le pays « Belindia », un nom valise qui résulte de la contraction de la Belgique et de l’Inde, pour évoquer l’existence d’une élite de privilégiés (les « Belges » de Belindia), entourés d’une vaste foule de gens très pauvres (les « Indiens » de Belindia). La somme que le Brésil débourse pour payer les retraites d’un million de retraités de la fonction publique est la même que celle qui est consacrée à 27 millions de pensionnés du secteur public.

Le Brésil vieillit, et il doit donc se donner les moyens de générer de la croissance, mais avec un nombre d’actifs en baisse, cela implique d’augmenter la productivité. Mais les dirigeants du pays optent encore pour des politiques de redistribution, espérant ainsi relancer la croissance. Il est encore possible de réformer, mais compte tenu du rythme de vieillissement du pays, il n’y a plus de temps à perdre, conclut Margolis.

Source via Maître Confucius

Tag(s) : #ECONOMIE - FINANCE

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