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Afp

Par Laurence Théault

L'Assemblée nationale a examiné ce mardi 6 décembre une résolution déposée par deux députés, une PS et un UMP, visant à pénaliser les clients des prostitué(e)s. La tendance actuelle est plutôt à la criminalisation, à l'abolitionnisme, les associations comme le Nid et autres voudraient un monde sans prostitution. Pour les associations anti-prostitution, les femmes sont des victimes. Elles veulent éradiquer ce fléau international et pour se faire selon elles, « il faut agir sur la demande du client ». Pourtant, le syndicat des travailleurs du sexe revendique le métier de prostitué(e). Pendant que les députés débattaient du sujet, des militants manifestaient devant l'Assemblée nationale.

C'est un beau garçon, au visage émacié, aujourd'hui il est venu sans maquillage et sans perruque. Tout le monde ici le connait, c'est « princesse Gilda » et il se définit comme une travailleuse du sexe. Il est contre la pénalisation du client. « Cela n'aiderait en rien à la sécurité des prostituées, en particulier celles qui se trouvent dans la rue et qu'on a déjà tenté d'exclure par la loi de 2003 sur le racolage passif. Aujourd'hui, on s'en prend à nos clients. Ca va provoquer un éloignement, encore plus grand donc inévitablement augmenter l'insécurité et la précarité.»

Peur de la police

Emmitouflée dans un gros anorak, Morgane Merteuil, jeune prostituée allume une cigarette. Elle est secrétaire générale du Strass, le syndicat des travailleurs du sexe, elle donne son avis « les passes se feront plus vite car il y aura la peur de la police, du coup les prostituées n'auront pas le temps, par exemple de négocier le port du préservatif. Les clients seront moins nombreux, les prostituées seront obligées de revoir leurs exigences à la baisse ».

La prison

Il est venu discrètement. Olivier, crâne chauve et petites lunettes cerclées, se sent concerné, il fréquente les prostituées. « L’idée de pénaliser le client est complètement liberticide, moi, j'ai peur d'aller en prison, dit-il. Si j'ai recours aux prostituées, c'est que je ne m'aime pas physiquement, pour moi c'est exutoire. Les féministes veulent nous dicter notre conduite alors que nous sommes entre adultes consentants ».

Rosalie, femme ronde aux cheveux colorés en roux, se revendique comme « une traditionnelle ». «Je pars au travail comme toutes les femmes. J'ai des clients réguliers et respectueux, je crois que le gouvernement fait un amalgame entre la prostitution traditionnelle et les réseaux de prostitutions où là effectivement les femmes sont traitées comme des esclaves.», proteste Rosalie.

Précarité

Les associations de lutte contre le sida sont venues nombreuses, elles craignent que la clandestinité et la précarité des prostituées augmentent les pratiques à risques. « Les prostituées se cachent dans les bois pour travailler, elles sont seules et vulnérables, explique un bénévole de Médecins du monde. La députée PS Danielle Bousquet et le député Ump Guy Geoffroy qui veulent abolir la prostitution sont bien au chaud dans leur bureau de l’Assemblée nationale », ajoute-t-il en se frottant les mains engourdies par le froid.

L’exemple suédois

Pour la sociologue Françoise Gil, la Suède, est un contre exemple. La pénalisation a pour inconvénient de rejeter les prostituées dans la clandestinité, l’isolement et la violence. Du coup des réseaux de prostitution se multiplient et c’est pire qu’ailleurs.

Environ 20 000 personnes se prostituent en France selon les estimations.

source: rfi

Tag(s) : #ACTUALITES

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