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PARIS, 1 décembre 2011 (AFP) - Documentation foisonnante et parfois erronée, clef du tableau électrique indisponible car en commande: une visite inopinée de parlementaires dans deux centrales nucléaires pour des exercices d'urgence n'a rien dévoilé d'alarmant mais donné lieu à des "situations parfois burlesques".

Les exploitants sont animés par "un haut de degré de responsabilité" a souligné d'entrée Claude Birraux, président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), avant de détailler les péripéties de sa visite nocturne dans la centrale de Paluel (Seine-Maritime).

Les responsables de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui l'accompagnaient mercredi soir y ont simulé "une perte totale des alimentations électriques" et du diesel de secours du réacteur numéro 1 qui nécessitait son branchement sur la tranche numéro 2 pour rétablir l'alimentation en énergie.

Un cas de figure similaire à celui qui a provoqué l'accident dans la centrale japonaise de Fukushima le 11 mars dernier.

L'alerte fictive est lancée à 22h00 et les agents d'astreinte arrivent sur place rapidement pour préparer ce raccordement électrique, une opération qualifiée d'"exotique" par EDF, a rapporté M. Birraux jeudi lors d'une conférence de presse.

Les déconvenues s'enchaînent : à 23h30, les agents annoncent qu'une clef nécessaire pour ouvrir un panneau d'alimentation électrique est actuellement "en commande" et n'est pas disponible sur le site... A 00h00, l'équipe arrive dans le local électrique de la tranche 1 "mais les indications du document de procédure ne correspondent pas au panneau électrique" qu'ils y trouvent.

"le local non plus n'est pas numéroté"

"Il y a un doute : les clefs sur le panneau sont-elles mal étiquetées ou bien sommes-nous dans le mauvais local ? Le local non plus n'est pas numéroté", ce qui ne facilite pas la manoeuvre, poursuit le député.

Il faudra "plusieurs allers et retours" entre la tranche 1 et la tranche 2 pour que les agents de la centrale découvrent qu'une partie des instructions qu'ils ont entre les mains sont "inexactes". "L'énigme est résolue" mais l'opération n'est pas effectuée pour autant. L'équipe décide alors, de sa propre initiative et "à raison", de se rendre dans la tranche 3.

Malheureusement, le guide de procédure d'EDF comporte de nouvelles inexactitudes, des ambiguïtés et "certaines actions semblent tout bonnement inutiles au personnel sur place", relève Claude Birraux.

Jugement sans appel de l'ASN, cité par l'Opecst : le guide technique d'EDF pour cette procédure, daté de décembre 2008, comporte de "nombreuses erreurs" et "lacunes", et il n'était "à l'évidence pas opérationnel".

"Toutefois, il est important de signaler que le personnel a su se poser de bonnes questions, n'est jamais resté bloqué devant ces situations parfois burlesques, et au final réussissait à progresser dans ce guide technique qu'il n'hésitait pas à critiquer lui-même ouvertement", insiste M. Birraux.

L'inspection menée par le sénateur Bruno Sido, vice-président de l'Opecst, à la centrale du Blayais (Gironde) a là encore mis en lumière les difficultés des agents à se repérer dans le maquis documentaire d'EDF décrivant les consignes à suivre en cas d'incident.

Il aura ainsi fallu une demi-heure et quatre personnes compulsant frénétiquement leurs fiches pour répondre à la question posée par l'ASN : "quel est le critère conduisant à l'arrêt du pompage d'eau en cas d'inondation ?".

Les agents d'EDF cherchaient dans la rubrique "pompage" alors que la réponse se trouvait dans la rubrique "inondation", a expliqué M. Sido.

ban/jca/phc

Rédigé par Par Laurent BANGUET

source: tahiti-infos
Tag(s) : #INSOLITE

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