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Manaf Tlass, le n°2 de la garde présidentielle de Bachar el-Assad semble avoir quitté Damas. Alors que le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius annonçait son arrivée en France et que d'autres l'annonçaient en Turquie, la vérité serait pourtant tout autre.

 

Il y a une semaine, les médias occidentaux ont annoncé à grands cris le début de l’effondrement du régime de Bachar El Assad. Preuve : la défection du général Manaf Tlass, n°2 de la Garde Présidentielle commandée par le frère de Bachar El Assad, Maher.

Manaf Tlass est le fils de l’ancien ministre de la Défense, le général Tlass, francophile et francophone, âgé aujourd’hui de 78 ans et qui n’a plus de poste officiel, tout en conservant une influence importante. Le ralliement de son fils aux opposants du régime alaouite aurait été évidemment un coup dur pour le président syrien.

L’information avait été fournie aux médias par l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme, basé à Londres, émanation des Frères musulmans syriens. D’après l’OSDH, Manaf Tlass se serait enfui en Turquie d’abord pour gagner la France.

Depuis, aucune nouvelle. La vérité est très différente.

Manaf Tlass a bien quitté la Syrie. Par la route, car il se trouve en ce moment à Beyrouth. Il n’a pas fait défection – ce qu’il n’a jamais revendiqué – mais s’est rendu au Liban pour des discussions informelles avec les sunnites libanais. En effet, la famille Tlass est sunnite et non alaouite.

D’ailleurs, le pouvoir syrien n’a fait aucun commentaire sur son déplacement.

S’il était en fuite, Beyrouth est le dernier endroit où il se rendrait, car les Syriens y comptent d’abord une ambassade avec de nombreux membres des Moukhabarats qui traquent les défecteurs pour les ramener en Syrie où ils sont interrogés, torturés et souvent exécutés. Pour les exfiltrer, ils utilisent le camp de l’ancien terroriste palestinien Ahmed Djibril, qui a toujours été très proche des Syriens. Son camp se trouve dans la Bekaa, en territoire libanais, mais à cheval sur la frontière avec la Syrie, ce qui permet de discrètes exfiltrations.

En réalité, Manaf Tlass est venu discuter avec les Libanais de l’emprise croissante d’Al Qaida sur la Syrie. Les Libanais ont toujours réussi à tenir à l’écart Al Qaida. Or, en Syrie, Al Qaida est de plus en plus présente, se manifestant par des attentats spectaculaires et ciblés : la destruction, à Damas, du QG du Moukhabarat Al Ascariya, grâce à un camion chargé de 1500 kilos d’explosifs.

A Deir El Zor, Al Qaida dirige une unité, Jahbat Al Nosra. Son chef est Abu Mohammed Al Fateh Al Joulani et il a sous ses ordres environ 250 hommes. A Deraa, Al Qaida a infiltré un bataillon islamiste, le Rijal Allah.

A Hama et Tell Marak, Al Qaida est présente au sein du bataillon Ahrar Al Cham, sous les ordres du lieutenant Abdel Majib Ayoub. Un petit groupe de 250 hommes. Toutes ces informations inquiètent profondément les Libanais, y compris les sunnites qui ne portent pourtant pas Bachar El Assad dans le cœur.

Le voyage à Beyrouth de Manaf Tlass a pour but d’établir des passerelles entre les sunnites syriens pro-Bachar et ceux de Beyrouth, du bord opposé. source

Tag(s) : #CONFLICTS DANS LE MONDE

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