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Débarrassé de ses milliers de collectivités locales coûteuses, notre pays pourrait enfin être géré avec efficacité.

Elle avait pourtant tout pour plaire, cette nouvelle collectivité locale alsacienne. En fusionnant les départements du Haut et du Bas-Rhin avec la région, on allait mettre un terme au chassé-croisé insensé des trois pouvoirs locaux sur cette minuscule plaine rhénane. Et permettre enfin de réaliser des économies d’échelle sans altérer le service rendu aux citoyens. Hélas ! Figés dans leurs conservatismes ancestraux, les Alsaciens ont refusé par référendum en avril dernier cette nouvelle organisation. Les habitants de Colmar craignaient d’y perdre leur beffroi et ceux de Mulhouse d’être dominés par les Strasbourgeois ! «C’est un immense gâchis», s’est désolé Philippe Richert, le président de la région, qui défendait ce projet de bon sens.

Allez, ce n’est que partie ­remise… Car le processus de rationalisation de notre millefeuille territorial, dont tout le monde parle depuis si longtemps, semble désormais inéluctable. Il a d’ailleurs été discrètement engagé ici et là ces derniers mois. En décembre 2012, par exemple, le conseil général du Rhône et la communauté urbaine de Lyon se sont entendus pour se transférer des compétences : à l’avenir, le premier ne conservera la main que sur les cantons ruraux, et la seconde prendra tous les pouvoirs sur les zones urbaines, ce sera plus simple et plus rationnel.

A quelques encablures de là, les départements du Loir-et-Cher, de l’Eure-et-Loir et du Loiret ont décidé pour leur part de mettre plusieurs de leurs services en commun, notamment l’organisation de leurs appels d’offres ou la formation de leurs soldats du feu. Et d’autres projets de rapprochement pourraient rapidement voir le jour. «Dans dix ans, ce mouvement général de regroupement de collectivités aura sans doute bien avancé», pronostique l’ancien ministre des Collectivités locales Daniel Hoeffel, qui connaît le dossier par cœur. Et l’on commencera enfin d’y voir clair dans notre organisation locale.

Les dépenses des collectivités dépassent désormais 11% du PIB

Il ne sera que temps ! Avec ses 36.785 communes, ses 101 départements, ses 27 régions, ses 2.809 intercommunalités, ses 19.281 syndicats locaux de gestion des eaux ou des ordures ménagères et ses îles à statut spécifique, la France relève presque du phénomène de foire. Aucun de ses voisins n’aurait l’idée d’entretenir un tel empilement de pouvoirs locaux – le Royaume-Uni n’en abrite que 437, pour un nombre d’habitants équivalent – ils ne sont pas assez fous pour cela. Car cette organisation hypertrophiée génère chaque jour des gaspillages colossaux.

Il suffit de regarder les chiffres pour en prendre la mesure. A compétences inchangées, notre mammouth territorial a fait bondir ses effectifs de 1,2 à 1,6 million entre 1998 et 2010, soit une dérive de 33% ! Et dans certaines collectivités, l’envolée a été carrément ­démentielle, de 41,5% par exemple à la ville de Paris, prétendument gérée au cordeau par Bertrand Delanoë. Naturellement, les impôts locaux ont suivi le mouvement. Pendant la décennie 2001-2011, ils ont valsé en moyenne de 41% hors inflation dans l’ensemble des collectivités territoriales. Si bien que le budget consolidé des régions, des départements, des intercommunalités et des communes représente désormais plus de 11% du PIB.

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Tag(s) : #ECONOMIE - FINANCE

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