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En cette rentrée, les industriels de l'agroalimentaire s'inquiètent de la baisse de la production au premier semestre. Du jamais vu.
  
C'est une première dans l'histoire de l'agroalimentaire: la production a reculé en volume au premier semestre. Elle a chuté de 2,2 %, selon les premiers chiffres dévoilés ce matin par Coop de France qui fédère les coopératives agricoles de l'Hexagone. En 2013, la progression avait été de 0,6 % sur la même période.

De quoi susciter la «profonde inquiétude» de Philippe Mangin, président de Coop de France. «En début d'année, dit-il, j'affirmais que nos secteurs s'en sortaient plutôt bien par rapport à d'autres. Ce temps est malheureusement révolu. La tendance au ralentissement observée en 2013 s'accentue.»

Depuis le début de l'année, un millier d'emplois ont été supprimés dans l'agroalimentaire. Même si ce chiffre peut sembler rassurant par rapport aux 4.800 pertes d'emplois enregistrées l'an passé, Coop de France s'attend à une dégradation de la situation au deuxième semestre. «Tous les maillons de la chaîne alimentaire souffrent», estime Philippe Mangin, de la production à la distribution en passant par la restauration. Conséquences, de nombreuses entreprises sont contraintes de stopper leurs investissements, de reporter leurs projets et de rechercher à tout va des moyens de restaurer leur compétitivité, tant interne qu'externe.
Touchées de plein fouet

Si le président de Coop de France pointe du doigt les prélèvements fiscaux et sociaux, le poids de la réglementation et la lourdeur des contraintes environnementales, les maux s'accumulent en cette rentrée.

La situation s'est aggravée en Bretagne en raison de la dégradation observée dans les filières du porc et de la volaille. «On va au devant d'une catastrophe», estime Philippe Mangin. En ligne de mire, des entreprises comme Gad ou encore comme Doux et Tilly-Sabco, touchées de plein fouet par la fin des restitutions européennes, ces subventions à l'exportation dans le cadre de la politique agricole commune (PAC). «Les coopératives portent à bout de bras les difficultés de ces deux groupes», déplore encore Philippe Mangin, qui appelle de ses vœux la création de tours de table auxquels participeraient des poids lourds comme Sofiprotéol et InVivo.

Parmi les autres sujets de préoccupation, Coop de France évoque la poursuite de la déflation, conséquence de la guerre des prix que se livrent les enseignes de la grande distribution. Au mois de juin, la France a enregistré le quatrième mois consécutif de déflation des produits alimentaires: leurs prix ont reculé de 1,8 %, selon les chiffres de la profession.


Un risque de dumping

«Nous sommes dans une vraie spirale avec cette course effrénée à la baisse des prix, dont les conséquences sont négatives pour tous les maillons de la chaîne», estime Philippe Mangin. Et ce, alors que les industriels s'apprêtent à reprendre à l'automne leur cycle annuel de négociations commerciales avec les distributeurs. Ils déplorent les renégociations régulières de leurs tarifs pendant l'année. Un rapport de la DGCCRF sur ce sujet devrait être rendu public courant septembre. Il épinglerait les dérives des distributeurs.

À cela s'ajoute les conséquences de l' embargo russe contre les produits issus de l'Union européenne qui met notamment en danger les producteurs de fruits et légumes. L'agroalimentaire représente 8 % des exportations de l'UE vers la Russie, soit 9 milliards d'euros. «Tout ce que nos voisins ne peuvent plus exporter risque de se retrouver sur les marchés européens avec un risque de dumping pour écouler la marchandise», craignent les industriels de l'agroalimentaire. Ils demandent au ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, qui se réunira vendredi avec ses collègues européens, de réclamer de nouveaux moyens d'aide: «Bruxelles devra mettre la main à la poche, déclare Philippe Mangin. Il faut qu'on réussisse à convaincre qu'on ne peut traiter ce sujet dans le seul cadre du budget agricole».

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Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

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