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La visite du leader libyen, reçu en grandes pompes à Paris, avait agité l'opinion française. La visite du leader libyen, reçu en grandes pompes à Paris, avait agité l'opinion française. - (AFP)

 

Aidée par Ziad Takieddine, la justice se penche sur l’hypothèse d’un financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Selon une source judiciaire, le parquet de Paris a ouvert hier une information contre X pour « corruption active et passive », « trafic d'influence », « faux et usage de faux », « abus de biens sociaux », « blanchiment, complicité et recel de ces délits » dans le dossier du financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par la Libye en 2007. Cette initiative s'adosse aux accusations lancées par l'homme d'affaires franco-libanais, Ziad Takieddine.

" Pures affabulations "

L'enquête ne portera toutefois pas sur le document publié au printemps 2012 par Mediapart, attribué à un ex-dignitaire libyen et affirmant que Tripoli avait accepté de financer pour « 50 millions d'euros » la campagne de Nicolas Sarkozy. Ce volet de l'affaire avait suscité une plainte pour « faux et usage de faux » déposée par l'ancien président le 30 avril 2012 contre le site. Un deuxième volet avait été ouvert en décembre 2012. Ziad Takieddine, par ailleurs mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi, venait d'affirmer au juge Renaud Van Ruymbeke détenir des preuves « d'un financement plus général d'hommes politiques français » par la Libye. Les noms de l'ex-chef de l'État et de Claude Guéant ont été cités à cette occasion, sans, toutefois d'éléments concrets sur ces accusations.
Des perquisitions ont ensuite été menées, fin février chez Claude Guéant puis le 11 avril au domicile de Ziad Takieddine. Devant le juge, il a affirmé avoir des « preuves que trois sociétés françaises » avaient « bénéficié en Libye de contrats pour des prestations fictives sur des montants qui dépassaient 100 millions d'euros ».
Peu après la publication du document de Mediapart, entre les deux tours de la présidentielle de 2012, Béchir Saleh, secrétaire de Kadhafi, visé par une notice rouge d'Interpol, avait précipitamment quitté le territoire français. Ziad Takieddine accuse Claude Guéant d'avoir facilité son arrivée en France puis son départ.
L'ancien ministre de l'Intérieur a réagi en évoquant de pures « affabulations » et annoncé le dépôt d'une plainte en diffamation contre l'homme d'affaires. Le parquet de Paris n'avait pas confirmé son dépôt hier.
Des intermédiaires libyens, aujourd'hui en prison, seraient prêts à témoigner à charge.
Dans un autre volet judiciaire des relations franco-libyennes, Ziad Takieddine est l'objet d'une enquête pour corruption et blanchiment, conséquence de son interpellation le 5 mars 2011 avec 1,5 million d'euros à son retour de Libye.
Selon lui, c'est Claude Guéant, persuadé que l'homme d'affaires « détenait des preuves d'un financement par la Libye », qui avait organisé son interpellation afin de le réduire au silence.

 

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Tag(s) : #POLITIQUE

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