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Microblogs restreints, fermetures de sites et arrestations d’internautes ont été annoncés ce week-end en Chine

Parmi les plus de 500 internautes chinois, comme ici dans un café Internet à Hami, dans le nord-e...

CHINA OUT AFP PHOTO

Parmi les plus de 500 internautes chinois, comme ici dans un café Internet à Hami, dans le nord-est du pays, près de la moitié utilisent le site de microblogging Weibos, visé par des mesures restrictives.

 

Le régime chinois se raidit et ne veut prendre aucun risque. Deux semaines après la mystérieuse crise politique dans la mégalopole de Chongqing dans le sud-ouest du pays qui a vu le limogeage brutal du secrétaire général du Parti communiste local Bo Xilai et provoqué d’étranges rumeurs de coup d’État de l’armée, Pékin a annoncé ce week-end d’importantes restrictions sur l’utilisation d’Internet : microblogs limités, fermetures de plusieurs sites et arrestations de centaines de personnes accusées d’avoir véhiculé de fausses rumeurs.

À quelques mois d’une transition de pouvoir importante au sommet du régime en octobre, Pékin verrouille la blogosphère chinoise afin d’éviter l’explosion de mécontentements d’une opinion publique instable.

Des sites qui servent à dénoncer des abus de pouvoir

Ainsi les deux principaux services de microblogs chinois, Sina Weibo et Tencent QQ, ont suspendu samedi 31 mars la possibilité pour les internautes de mettre en ligne des commentaires, officiellement afin de lutter contre « les rumeurs nuisibles ».

Les deux géants ont souligné que ces mesures resteraient en vigueur jusqu’au 3 avril, alors que les autorités montrent des signes d’une nervosité croissante face au flot de critiques véhiculés par les microblogs. Ces courts messages de 140 idéogrammes au maximum sont très populaires parmi la jeunesse chinoise qui peut se plaindre d’abus ou dénoncer certains abus des autorités communistes locales.

Alors que la censure frappe déjà les internautes chinois, avec le blocage de Twitter, Facebook et YouTube, certains savent détourner ces barrières pour s’exprimer par d’autres canaux. Ainsi un cyberactiviste du nom de Peng Xiayun a appelé ses pairs à se mobiliser en annonçant qu’il déménageait sur Google + à l’étranger.

Plus de 1000 suspects arrêtés

Dans une vaste campagne nommée « Brise de printemps », menée depuis mi-février, les autorités ont par ailleurs interpellé un total de 1 065 suspects, effacé plus de 208 000 messages « nuisibles » et averti les opérateurs de plus de 3 000 sites. Cette opération visait, selon l’agence officielle Chine nouvelle, la contrebande d’armes, de drogues, de produits chimiques dangereux, ainsi que la vente d’organes humains.

La Chine, où la presse est muselée par l’État, compte plus d’un demi-milliard d’internautes et plus de 300 millions de comptes Weibo enregistrés. L’étau s’est resserré ces derniers mois sur cette vaste communauté de plus en plus habituée à s’exprimer ouvertement.

 

Dorian MALOVIC  via "incapable de se taire"

Tag(s) : #INTERNET - COMMUNICATION

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