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Nicolas Sarkozy, mardi à Carcassonne. «Nous allons essayer d'aller au fonddes choses», a-t-il confié, mercredi, à propos de l'émission de jeudi soir.
Nicolas Sarkozy, mardi à Carcassonne. «Nous allons essayer d'aller au fonddes choses», a-t-il confié, mercredi, à propos de l'émission de jeudi soir.Crédits photo : PHILIPPE WOJAZER/REUTERS

Par Charles Jaigu

Le chef de l'État s'adresse aux Français jeudi soir, après le sommet de Bruxelles.

Après le sommet de tous les dangers, voici l'émission vérité. Nicolas Sarkozy a différé au maximum le moment d'une intervention télévisée. Le chef de l'État a estimé qu'il «devait une explication aux Français sur ce qui se passe en Europe», résume son entourage. Des Français qui seront tout ouïe, tant les conclusions du marathon européen auront été dramatisées et médiatisées. «Le sommet de Bruxelles est encore tout chaud, c'est maintenant qu'il doit parler», résume-t-on. Cette intervention dans le vif du sujet place aussi Nicolas Sarkozy dans l'attitude du «président au travail». D'une certaine manière, la séquence bruxelloise est censée illustrer de façon presque paroxystique la combativité propre à Nicolas Sarkozy dans la crise de l'euro.

«Nicolas Sarkozy veut faire croire comme d'habitude qu'il est le Tarzan de la négociation», a déjà raillé, sans attendre sa prestation, le député PS Michel Sapin, proche de François Hollande. Il est vrai que dans les dernières enquêtes d'opinion, le chef de l'État a perdu en partie l'aura internationale dont il était largement crédité jusque-là. François Hollande, en effet, est jugé capable de faire aussi bien que lui dans les négociations internationales. «En 2008, l'Europe avait réagi vite et fort, sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy qui assurait la présidence du Conseil, mais cette fois-ci, il doit trouver des solutions partagées, et c'est beaucoup plus compliqué», décrypte l'un de ses amis et ancien conseiller à l'Élysée.

Prendre acte de la crise

En attendant, le chef de l'État a déjà souligné, mardi matin devant les élus de la majorité, que François Hollande avait fait une suggestion «inepte» en disant que le sommet européen aurait dû se terminer dès dimanche dernier: «On ne peut pas reprocher à François Hollande de ne pas connaître le fonctionnement d'un Conseil européen étant donné qu'il n'a pas eu l'occasion d'y participer», a tranché le chef de l'État.

Nicolas Sarkozy se fera jeudi soir l'écho de cette difficulté à trouver un accord. «Nous allons essayer d'aller au fond des choses», a-t-il confié mercredi à quelques interlocuteurs à propos de cette émission. Aller au fond des choses, cela veut dire prendre acte de la crise. «Jamais encore le président ne l'a vraiment fait. C'est peut-être le moment où il doit dire “mon projet en 2007 avait été conçu pour un autre monde, et le monde a changé, nous devons en tirer des conséquences”», résume l'un de ses visiteurs habituels.

«Machine à dire oui à tout le monde»

Mais cela ne veut pas dire se résigner à une politique d'austérité. Le président s'y refuse, soulignant qu'une telle notion déprimerait un peu plus le climat économique et tasserait encore la croissance. Les ajustements attendus dans le budget 2011, qui doivent tenir compte d'une croissance moindre que celle prévue, ne devraient pas non plus être annoncés jeudi soir par le président. «Aller au fond des choses», cela veut dire aussi annoncer aux Français qu'il n'y a pas de solution du côté de la «démondialisation», et que la seule voie possible est d'accepter «plus d'Europe», c'est-à-dire éventuellement un budget national défini ex ante au niveau européen. Un aveu risqué, car la cote d'amour à l'égard de l'Europe n'est guère remontée depuis le référendum de 2005. «Il avait réussi à réconcilier la France du oui et celle du non en 2007, il faut qu'il y parvienne à nouveau», constate l'un de ses proches.

Mardi, lors d'un déplacement à Carcassonne, Nicolas Sarkozy a rodé son propos en rappelant à son auditoire que la France était très loin encore du remède de cheval infligé aux autres partenaires européens: «Devrais-je vous parler de la Grèce où les salaires et les retraites ont été diminués, de l'Espagne, de l'Italie, de l'Irlande ?» Il s'emploiera à souligner qu'il a contribué à épargner aux Français les mesures les plus dures. Mais qu'ils doivent se préparer à des changements : «Je suis bien obligé de tenir compte des réalités. Je ne peux pas être une machine à dire oui à tout le monde. Si vous voulez quelqu'un pour dire oui… Ça viendra, croyez-moi, ils sont nombreux !»

 


 

Une heure sur la crise

Une heure et quart «maximum» pour expliquer la crise. Nicolas Sarkozy s'exprimera ce soir à partir de 20h15. L'émission ne devrait durer en théorie qu'une heure. Et l'Élysée ne s'accorde qu'un petit quart d'heure supplémentaire mais «pas plus», contrairement à d'autres émissions du chef de l'État où le temps prévu avait largement été dépassé.

Le président répondra en direct sur TF1 et France 2 aux questions de Jean-Pierre Pernaut, présentateur du journal télévisé de 13 heures, et Yves Calvi, animateur de l'émission «Mots croisés» sur France 2. L'émission se déroulera depuis le Salon des portraits qu'il a converti en «bureau d'été» au rez-de-chaussée de l'Élysée. Aménagé dans l'ancien cabinet de travail de Napoléon III, il est entouré de huit portraits des chefs d'État contemporains de Napoléon III.

Dans cette émission intitulée «Face à la crise», Nicolas Sarkozy sera installé derrière son bureau en érable, de style contemporain. Les deux journalistes lui feront face dans des fauteuils. L'émission a été proposée par Jérôme Bellay, actuel directeur du Journal du dimanche et producteur d'émissions pédagogiques pour France 5, comme «C'dans l'air» ou «C'politique».


source: LeFigaro

Tag(s) : #Crise de l'Euro

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