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Carla Bruni-Sarkozy, et, à sa droite, le président du Fonds mondial de lutte contre le SIDA Michel Kazatchkine © REUTERS

Carla Bruni-Sarkozy, et, à sa droite, le président du Fonds mondial de lutte contre le SIDA Michel Kazatchkine © REUTERS

L’hebdomadaire Marianne a publié le 7 janvier dernier une longue enquête sur les activités philanthropiques de Carla Bruni-Sarkozy. Le journal accuse la Première dame de France d’être au cœur d’un « scandale financier international ». L’affaire est complexe et troublante.

A l’origine de l’affaire, l’enquête de Frédéric Martel, chercheur, écrivain et spécialiste des politiques culturelles. Proche du parti socialiste, il est l’auteur d’un récent ouvrage « J’aime pas le sarkozysme culturel », dans lequel il s’intéresse aux activités philanthropiques de Carla Bruni-Sarkozy.

La Première dame de France a deux principales activités philanthropiques :

  • Elle dirige, depuis le 23 avril 2009, la Fondation Carla Bruni-Sarkozy. Cette fondation a une activité dans le domaine de la lutte contre l’illettrisme.
  • Elle est ambassadrice des Nations Unies contre le sida. C’est une fonction bénévole : au même titre que Michèle Obama, elle met sa notoriété au service de la lutte contre le sida. En sa qualité d’ambassadrice, elle participe à plusieurs opérations du Fonds mondial contre le sida. Ce Fonds, créé en 2002 et financé principalement par les États-Unis et la France, est dirigé par le médecin Français Michel Kazatchkine.

L’affaire « Carla Bruni-Sarkozy » commence en novembre 2011, à l’occasion d’un conseil d’administration du Fonds mondial à Accra, au Ghana. Les administrateurs examinent les résultats d’un audit financiers et découvrent que des sommes importantes ont été versées, au mépris des procédures normales (et notamment sans appel d’offre), à des sociétés dont les dirigeants sont des proches de Carla Bruni-Sarkozy.

Selon Mediapart, qui a complété l'enquête de Frédéric Martel, deux versements posent problème :

  • 550.000 euros ont été versés à la société « Mars Browsers » dans le cadre d'un campagne intitulée « Born Hiv Free ». Cette société appartient à Julien Civange, un ami proche de Carla Bruni-Sarkozy (il était témoin à son mariage avec Nicolas Sarkozy). Civange serait en outre, selon le Canard enchaîné, conseiller rémunéré à Élysée, où il disposerait d’un bureau.
  • 132 756 euros ont été versés à la société « La Fabrique du Net » pour réaliser la partie "lutte contre le sida" du site carlabrunisarkozy.org, un site qui met en valeur l’image de la Première dame de France. On apprend sur Numerama que cette société est également prestataire de la Fondation Carla Bruni-Sarkozy. Le montant de la facture paraît excessif pour quelques pages web sur lesquelles ont été publiés, en moyenne, 17 billets par an. Surtout, on ne voit pas pour quelle raison le Fonds mondial a financé un site dont l'objectif principal est la promotion de l'image de Première dame.

Interrogé par Marianne, Michel Kazatchkine confirme les versements : « Carla Bruni m’a personnellement dit qu’elle avait totalement confiance en Julien Civange auquel elle avait délégué le dossier du sida. Elle m’a demandé de passer par lui pour tout ce qui concernait le sida ». Selon lui, ces opérations sont « légales et transparentes, à part deux appels d’offres effectivement non conformes avec Julien Civange ».

L’affaire ne mérite peut être pas le qualificatif de « scandale financier international », mais elle révèle un mélange des genres très troublant.

Nicolas Sarkozy a d’ailleurs réagi rapidement : tous les liens entre le Fonds mondial et les activités philanthropiques de Carla Bruni-Sarkozy ont été rompus. Les deux contrats objets des versements litigieux sont stoppés.

Tag(s) : #ACTUALITES

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