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Que se passe t-il quand on touche le fond ?  Hé bien, on continue de creuser...

Exactement un et demi an depuis le début de l'accident nucléaire du 11 mars 2011, c'est là où en est le Japon. Toute l'hypocrisie sur le « fait de protéger les enfants » ou « les enfants sont notre avenir » eh bien, est bien de l'hypocrisie.
Le maire d'une grande ville dans la Préfecture Kanagawa déclare que la nourriture contenant du césium radioactif dans les déjeuners scolaires fait partie de l'éducation des enfants. Une grande ville dans la Préfecture Fukushima dans la région Nakadori hautement contaminée (le tiers médian) refuse d'installer des systèmes de climatisation dans les écoles publiques de la ville parce que les enfants ne devraient pas manquer l'opportunité d'apprendre le réchauffement du globe. Une ville à Tokyo vient de commencer à nourrir des enfants avec le lait de Fukushima dans leur menu de déjeuner scolaire. Un professeur dans un collège de la Préfecture Shizuoka avec un doctorat de tourisme envoie ses étudiants à Fukushima pour acheter des produits et marchandises de Fukushima pour dissiper « les rumeurs sans fondement ».

C’est pire que le pire que le Professeur Kunihiko Takeda de l'Université Chubu n’avait craint il y a exactement un an, avec sa prose poétique courte intitulée « une fille ne parle pas »; il avait supplié les enseignants et les éducateurs de faire tout ce qu'ils pourraient pour protéger les enfants. Son appel est tombé dans des oreilles complètement sourdes et nous y voilà. Cela doit être la fin.
D'abord, pour Takao Abe, le Maire de Ville Kawasaki dans la Préfecture de Kanagawa, le fait de faire manger aux enfants de la nourriture qui a été prouvée contenir du césium radioactif d'origine de Fukushima est rien de plus qu’extrêmement éducatif et les parents devraient juste se taire (Tokyo Shinbun le 9/5/2012) :

Le maire Takao Abe a dit lors de sa conférence de presse régulière le 4 septembre que c'était important pour les enfants d'apprendre qu'ils vivaient au milieu de dangers et qu'il continuerait d'utiliser les oranges congelées de Kanagawa et les pommes en conserves d'Yamagata qui ont été reconnues contaminées au césium radioactif pour les déjeuners scolaires dans les écoles primaires de la Ville de Kawasaki, en accentuant l'aspect éducatif d'utiliser la nourriture [reconnue pour être contaminée avec le césium radioactif].

Selon l'inspection de la ville, 9.1 Bq/kg de césium radioactif ont été trouvés dans les oranges congelées [de Kanagawa] et 1.6 Bq/kg dans les pommes en conserve [d'Aomori]. Pourtant, puisque les niveaux sont au-dessous de la limite de la sécurité nationale (100 Bq/kg) la ville a servi les oranges congelées dans les déjeuners scolaires depuis avril de cette année. La ville commencera à utiliser les pommes en conserve en septembre.

Quand on demande pourquoi les villes d’Yokohama et de Kamakura n’utilisent pas les oranges congelées, le Maire Abe répond, « c'est une faute d'apprendre aux enfants à avoir peur d'un niveau si banal [de césium radioactif]. » Il commente ensuite, « Sur la route, il y a un danger d'être frappé par une voiture. Un étranger peut vous poignarder. Apprenez-vous aux enfants à ne pas marcher devant un étranger ? »
Il y a des parents qui ne sont pas convaincus, mais à eux, le maire répond, « Ne soyez pas des poules mouillés »
Le maire Abe est né et a été élevé à Fukushima, à propos. Mais cela n'a rien à voir avec ça, n'est ce pas ?


La Ville de Koriyama dans la région hautement irradiée de Nakadori dans la Préfecture de Fukushima a refusé d'installer des systèmes de climatisation dans les écoles de la ville parce que c'était important pour les enfants de souffrir pour apprendre « l'écologie »(le tweet d'un de mes followers, à propos d’une émission de NHK sur le sujet) :
Ils ne permettent pas l'installation de systèmes de climatisation dans les écoles dans la ville de Koriyama. On en a parlé à la réunion avec TEPCO en juin. Le Conseil de la ville d'Éducation de la ville a aussi dit [aux parents], « Nous voulons que les enfants apprennent l'écologie. »De la vidéo. L’Assemblée de la ville Koriyama, TEPCO et le Conseil d'Éducation tous ont rejeté la pétition des parents qui se sont inquiétés au sujet de leurs enfants au milieu de la contamination de radiation et de la forte chaleur de l'été.
Quand les Japonais disent « l'écologie », tout ce qu'ils veulent dire c’est « l'économie d'énergie pour prévenir le réchauffement climatique ». Réchauffement climatique.
Alors, c'est plus important pour la ville de Fuchu à l’ouest de Tokyo d'aider Fukushima à se rétablir des « rumeurs sans fondement » que de protéger les enfants de la nourriture potentiellement contaminée; ou un bon deal avec un fournisseur de lait important (Snow Brand Megmilk) ne peut pas être abandonné (le lien va à une page avec la documentation du Conseil d'Éducation). Le dernier, mieux. Ainsi dès le 10 septembre, le lait de la ville Fuchu de Snow Brand Megmilk contiendra du lait de Fukushima, en plus de celui de Kanagawa, Chiba, Tochigi, Gunma, Iwate, Miyagi, Yamagata, Aomori. Quand le vin est tiré, il faut le boire, ou littéralement, « Mange du poison, et lèche le plat qui sert le poison ».

Et enfin, le Professeur Akane Okubo a eu son doctorat dans le tourisme (je n'ai jamais entendu une telle chose avant que je n’aie vérifié sa bio) et enseigne à Fuji Tokoha à l'Université de la Préfecture Shizuoka alors qu'elle continue de travailler pour l'institut de recherche d'Agences de voyages du Japon (JTB), un des plus grands opérateurs au Japon. Dans le passé, elle a travaillé pour un autre opérateur du tourisme (Jalan). Comment instruit-elle ses étudiants ? En les expulsant à Fukushima pour acheter en bloc des produits et des marchandises de Fukushima pour contrecarrer « les rumeurs sans fondement ». Elle doit avoir reçu une subvention lucrative du gouvernement national pour sa « recherche ». De Yomiuri Shinbun (9/10/2012) :

Le professeur Okubo a dit, « c'est important pour l'étudiant d'écouter la population locale et de réfléchir à ce qu'ils peuvent faire. Nous voudrions faire n'importe quelle petite chose pour aider à dissiper des rumeurs sans fondement ».

C'est involontairement drôle : « Etudiants universitaires japonais « et « réfléchir » ne vont pas vraiment ensemble.

Le rythme de descente dans la folie de plus en plus profonde semble s’accélérer au Japon. Peut-être est-ce ce que les gens ont du ressentir au cours des années 1930, juste avant la dernière guerre mondiale.

http://bistrobarblog.blogspot.com/2012/09/message-du-10-septembre-2012-sur-le.html

Tag(s) : #VIE QUOTIDIENNE

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