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Au cours des derniers mois
, le régime a été confronté à un boycott permanent de ses manifestations politiques, religieuses et militaires par les jeunes Pasdaran, les Bassidjis et les militaires, mais aussi les membres clergé et les Bazaris quand ils pouvaient y participer. Le régime a été réduit à ses 130 dirigeants et 5000 responsables ou associés économiques et s’est trouvé de facto condamné à tomber si un soulèvement populaire se produisait.

Une seconde fracture est alors apparue : les associés économiques du régime se sont mis à acheter de l’or et des dollars pour préparer leur fuite. Leurs achats ont mis à rude épreuve les réserves d’or et de devises du régime. Ce dernier s’est mis à menacer ses associés paniqués tout en cherchant à les rassurer en leur montrant qu’il a les moyens de rester au pouvoir grâce à ses commandos cagoulés ou en faisant reculer Washington avec ses provocations.

Mais l’absence de policiers dans les rues et dans les manœuvres du régime a remis en cause sa capacité à réprimer. Ses menaces balistiques ont aussi été régulièrement esquivées. Il n’avait plus le moyen de rassurer ses serviteurs : leur nombre a diminué. Il a alors mis l’accent sur l’arrivée de nouvelles recrues au sein des Pasdaran et a évoqué l’existence d’une milice de mollahs combattants ou des milliers partisans fanatiques en province.

La semaine dernière, trois événements ont remis en cause ses promesses sur l’existence d’une relève pour sauver le régime. D’abord, le boycott de la commémoration d’une grande date révolutionnaire par les fonctionnaires encore fidèles au régime, puis le boycott de la Fête du Sacrifice par le peuple, les Pasdaran, le clergé et les Bazaris et enfin, l’absence de 93% des jeunes officiers, les recrues tant attendues, à leur parade de fin d’études devant leurs commandants et le Guide. A chaque fois, la mobilisation a été inférieur à 350 personnes !

La peur des associés du régime s’est amplifiée : la demande d’or et de dollar a augmenté et les prix de l’or et du dollar ont battu des records.

Cette semaine, selon le programme officiel, à l’occasion de la fête religieuse d’Eyd Ghadir (la fondation du chiisme), le régime devait organiser la semaine du Bassidj avec de nombreuses manifestations militaires et religieuses et pour finir un grand rassemblement avec des dizaines de milliers de bassidjis devant le Guide.

Il y a un an, à la même occasion, en l’absence des Bassidjis, le régime avait réuni environ 3500 vieux fonctionnaires. Ces derniers l’ont lâché la semaine dernière à trois occasions. Le régime était sûr de n’en avoir même pas assez pour simuler un rassemblement. Il a alors zappé son programme : la semaine du bassidj a disparu !

Aucun média n’a signalé ce changement de programme et personne n’a rien vu car on ne parlait que d’un sujet : une explosion dans une base iranienne lors du déplacement d’un missile expérimental. Ce qui veut dire que l’on fabriquait le missile à côté d’un dépôt de munitions !

Mais il n’y a pas que ce détail qui cloche : les responsables du régime ont attribué à la victime la plus gradée, le général des Pasdaran Tehrani-Moghadam, la direction du programme des recherches balistiques visant Israël ou l’Europe avant d’annoncer que sa mort n’allait pas entraver la mise en œuvre d’un nouveau missile très performant. Le régime laissait supposait qu’il avait été assassiné. Mais le nom de Tehrani-Moghadam ne figure pas sur les listes des Pasdaran sanctionnés par l’Europe, les Etats-Unis et le Conseil de Sécurité. Il n’a jamais été mentionné comme un acteur du programme balistique du régime.

Le général des Pasdaran Tehrani-Moghadam faisait partie de l’Organisation pour l’Autonomie des Pasdaran, une entité chargée d’assurer l’autonomie financière des Pasdaran grâce à l’industrie et la construction. Cette entité n’est pas mandatée pour fabriquer des armes : ce secteur est sous l’autorité d’une entité intitulée Sanâyeh Nezâmi (ou littéralement Industries Militaires). Par ailleurs, Washington sanctionne aussi des personnes chargées de financer les Pasdaran et Tehrani-Moghadam ne faisait également pas partie de la liste. N’étant pas actif dans le secteur de l’armement, il n’y avait aucune raison pour lui de se trouver sur un dépôt de munitions ou un centre de fabrication de missiles (deux lieux que l’on confond dans ce récit). Par ailleurs, n’étant pas impliqué dans l’armement, il n’y avait aucune raison pour Israël de le tuer dans le but de stopper les programmes balistiques du régime.

En d’autres termes, il y avait de l’intox dans l’air, le régime était en train d’orienter l’opinion. Pour quelle raison ?

Réponses : à un moment, où le régime devait organiser un grand rassemblement, mais ne le pouvait pas, il craignait une forte dévalorisation, il a organisé une explosion qui lui a permis de zapper l’objet de ses soucis, il a également éliminé des Pasdaran qui ne lui étaient pas proches pour mettre en garde leurs camarades en rupture. Au passage, il a mis en avant l’implication des Pasdaran dans sa défense pour nier leur rupture qui l’affaiblit. Enfin, en faisant courir des rumeurs évoquant une certaine capacité balistique, le régime s’est donné les moyens de reprendre ses provocations pour faire reculer Washington. Certaines publications pro-israéliennes ont bien été les idiots utiles du régime pour cette propagande niant ses faiblesses réelles et surévaluant des capacités balistiques inexistantes.

Mais loin de ces agitations médiatiques virtuelles et superficielles, la présente édition de la Semaine en images vous mène au cœur des réalités du régime : la rupture des Pasdaran avec le régime, la peur des dirigeants, la baisse de participation des derniers fidèles aux manifestations périphériques du régime, la panique grandissante des alliés du régime. Voici les images d’une semaine placée sous le signe de l’explosion.



Les derniers événements survenus en Iran : un début explosif…La semaine dernière avait commencé, lundi, par le boycott national de la Fête du Sacrifice. La semaine s’était achevée, jeudi, par le boycott des jeunes officiers de leur parade de fin d’études devant leurs commandants et le Guide, commandant en chef des armées en raison du caractère islamique de toute déclaration de guerre de la république islamique.

Après ces deux boycotts, l’un religieux et l’autre militaire, le régime ne pouvait plus évoquer l’existence de partisans religieux ou l’existence de nouvelles recrues pour le défendre. Ses associés ont vite compris, les prix de l’or et du dollar avaient immédiatement enregistré une forte hausse.

Le régime qui était dépassé a profité de l’arrêt de publication des journaux pendant la journée chômée de vendredi 11 novembre (19 Âbân) pour ne pas communiquer ces hausses afin de ne pas amplifier la crise. Mais cela n’a pas changé l’anxiété née de l’absence de 93% des élèves officiers pendant la parade.

Samedi 12 novembre (21 Âbân), dès l’ouverture du Bazar, les achats de devises et d’or (pièces, poudres, lingots) ont repris et on atteint un nouveau record absolu avec l’or à 616,000 Tomans et le dollar à 1350 toman. Parallèlement, dès l’ouverture de la bourse de Téhéran, la pièce en or livrable pour le mois en cours est montée à 655,000 tomans alors que l’or descend sur le marché mondial.

La situation était grave car dans deux jours et quelques heures, le mardi 15 novembre (23 Âbân) , avec le boycott prévisible de la journée de Bassidj, le régime allait vivre une nouvelle crise certainement plus forte. Le régime devait trouver une solution pour la crise en cours et la crise du mardi 15 novembre. Le Conseil de Discernement, organe qui décide de tout dans tous les domaines, s’est réuni en assemblée extraordinaire.

Deux heures plus tard, un dépôt de munitions explosait. Le régime l’a confondu avec un centre de fabrication de missile, personne n’a remis en cause les approximations, bien au contraire. Puis le régime a annoncé le déplacement d’un missile top secret en évoquant près de 40 officiers supérieurs morts, plus d’une quinzaine d’officiers supérieurs blessés par une explosion d’origine inconnue survenue lors de ce déplacement.

Dans une deuxième annonce le régime a diminué le nombre des blessés et des tués sans dire qui était mort ou pas et a focalisé les attentions sur le Général des Pasdaran Hassan Tehrani-Moghadam, un officier très aimé de ses hommes, comme étant le chef des officiers supérieurs tués ou blessés lors de cette mission alors que Hassan Tehrani-Moghadam ne faisait pas partie du programme balistique et ne devait pas se trouver sur place surtout pour une mission top secret.

© WWW.IRAN-RESIST.ORG

Les annonces consécutives de plus en plus surprenantes ou contradictoires comme le retour au chiffre initial des tués à partir de mardi qui n’ont donné lieu à aucun commentaire des média ont perturbé l’opinion et empêché la réflexion sur le sujet. Mais à froid, l’examen de tous les détails et surtout des témoignages des gens habitants dans le voisinage de la base permettent de distinguer les défauts du récit officiel et des points troublants de cette explosion mortelle qui a coûté la vie à des officiers supérieurs d’un corps en rupture avec le régime.

Le premier point très troublant est à notre avis le fait que cette explosion d’un missile super puissant qui a blessé ou tué près de 60 personnes n’a mis le feu à aucun bâtiment de la base car il n’y a eu aucune fumée noire (comme pour les tours jumelles), mais une fumée blanche comme dans un tour de magie (où l’explosion doit faire du bruit et détourner les attentions). Cette explosion très puissante (entendue à plusieurs kilomètres) n’a également projeté sur le voisinage aucun débris incandescent d’autres missiles stockés dans le dépôt car il n’y a eu aucun témoignage sur des dégâts en dehors du site. Personne n’a également signalé des nuages de cendres ou de gaz toxique. On a donc une explosion qui n’a rien brûlé et dont la fumée très visible est restée localisée à la verticale du lieu d’explosion.

Le second point très important se trouve du côté des témoignages des voisins. Tout d’abord, ils ont rapporté qu’ils avaient vu les soldats quitter le site en grand nombre un peu avant l’explosion et que ces soldats leur avaient parlé d’une permission exceptionnelle. Cela était bizarre car on était un samedi qui est le premier jour de la semaine en Iran. C’est bizarre de diminuer la sécurité d’un site avant une mission importante.

Les témoins ont également affirmé que les ambulances locales à la fois civiles et militaires venues pour aider avaient été refoulées par des gardes alors que dans tous les cas d’explosions ou d’attentats contre les Pasdaran, on n’avait jamais refoulé les ambulances.

On peut invoquer des mesures de sécurité, mais personne n’a déplacé les blessés vers les ambulances qui étaient arrivées devant la base. Il serait plus juste de dire qu’il n’y avait pas d’ordre pour laisser les secours passer.

Mieux encore : d’autres ambulances appartenant à la principale base des Pasdaran placée sous le commandement des éléments fidèles au régime ont été admises par la suite pour prendre les blessés et les conduire vers un hôpital dont le nom n’a été précisé nulle part. Grâce à des media à la botte, personne n’a posé de questions sur ce sujet. Personne n’a voulu aller à la rencontre des familles des victimes.

En clair, on a éliminé discrètement et efficacement un grand nombre d’officiers supérieurs aimés de leurs hommes, des meneurs d’un corps militaire qui a tourné le dos au régime.. On peut même envisager que le régime a tenu à l’écart les témoins indésirables comme les soldats (envoyés en permission) ou les secouristes (refoulés) car cette explosion bizarre qui n’a provoqué aucun incendie n’était qu’une mise en scène sonore pour justifier des éliminations. Celles-ci ont eu lieu ailleurs ou encore les hommes annoncés comme morts pourraient être vivants et interrogés pour donner les noms d’autres camarades en rupture qui organisent les boycotts internes comme celui des jeunes officiers et certaines opérations punitives contre les éléments fidèles au régime.

Deux points confirment cette hypothèse d’arrestation et non de l’élimination. Tout d’abord, personne n’a vu les blessés, les mourants ou même les cadavres qui, selon la tradition musulmane, doivent être enveloppés dans des linceuls et être inhumés. Le lundi 14 novembre (22 Âbân), le jour de l’enterrement, on n’a eu droit qu’aux images d’une cérémonie officielle précédant l’enterrement, puis à des images de transport de cercueils vers le cimetière, mais on n’a vu aucune image du cimetière avec les corps enveloppés dans des linceuls.

Le second point qui pourrait confirmer l’hypothèse d’arrestation et non de l’élimination est le changement du nombre des victimes. La diminution puis le rétablissement du chiffre initial après l’enterrement du lundi 14 novembre pourraient être lié à l’interrogation et son échec.

Avant d’aller voir les images, un dernier point reste à évoquer : on ne peut pas envisager un tel coup ou une telle rafle sans disposer d’une enquête sur les personnes à éliminer, un plan pour régler les détails, des faux dissidents pour attirer les victimes dans un traquenard et un délai de mise en œuvre pour s’assurer de la présence des victimes sur les différents lieux du traquenard.

La possibilité plus que certaine qu’il s’agissait d’un traquenard avec des mouchards infiltrés et des surveillances rapprochées du moins pour certains a d’ailleurs empêché tout rassemblement spontané d’officiers en mémoires des victimes. Comme on le verra plus loin, il y a à peine une dizaine d’officiers des Pasdaran à la cérémonie officielle précédant l’enterrement. Ces gens ont préféré ne pas se mettre en avant avec les yeux rouges pour ne pas être repérés. Nous verrons d’ailleurs, les dirigeants bien peu affectés ou des pleureurs qui n’ont pas les yeux rouges donc des simulateurs chargés de nouer le contact avec d’éventuels sympathisants.

En d’autre terme, si le régime a marqué un point pour intimider les Pasdaran en rupture, il a aussi perdu un point en encourageant les Pasdaran à se montrer plus prudents. Conformément à la tradition musulmane iranienne, le régime a d’ailleurs tenu une seconde cérémonie officielle, mais celle-ci a également été boycottée par les officiers des Pasdaran. Il en organisera d’autres en mémoire des victimes selon la tradition musulmane aux 7ème et 40ème jours après leur mort.

Cela a dû prendre plusieurs mois de travail de préparations et plusieurs jours pour lancer des invitations individuelles afin d’éloigner ces gens de leurs lieux de commandement ou de travail et les attirer là où ils seraient à découvert.

Cela veut dire qu’il ne s’agissait pas d’une décision prise à la hâte lors de la réunion extraordinaire du Conseil de Discernement, l’organe plénipotentiaire qui décide tout dans tous les domaines. Très vraisemblablement, le plan était prêt, il a été appliqué ce samedi.

Mais revenons au coup mortel prémédité qui semble désorganiser les Pasdaran en rupture. La mise en œuvre complexe du coup (avec un lancement forcément espacé des invitations officielles) laisse supposer que le processus a été lancé au début sinon au milieu de la semaine dernière donc avant le refus des jeunes Pasdaran de saluer leurs commandants et le Guide, le symbole du régime. Le motif du déclenchement n’était donc pas ce boycott très fort, mais un autre événement extraordinaire qui a dépassé le seuil de tolérance du régime.

Ce qui est extraordinaire est que la semaine dernière était riche en événements, mais deux grands faits d’actualité ont été connus à partir du samedi : les deux concernaient des morts violentes de personnes liées aux Pasdaran au moment où nous situons la prise de décision d’attaquer les Pasdaran en rupture.

La première personne tuée est le Général des Pasdaran Hedayat Darvishvand, commandant du district de Roudbar qui abrite la base militaire de Manjil, une des plus grandes garnisons du nord du pays.

Selon le récit officiel, le Général Darvishvand a été tué dans un attentat à la bombe contre un bus de pèlerins iraniens en Irak. C’est un récit invraisemblable que le commandant ait lâché son poste de commandement pour un pèlerinage et ait pris le bus comme s’il n’était pas pressé. De plus les gens de ce niveau ne voyagent pas en bus avec les gens normaux. Plus invraisemblable encore, la bombe aurait également fait deux autres victimes liées au Pasdaran : le fils de 23 ans d’un autre commandant de la même région ainsi que l’épouse d’un vétéran des Pasdaran de la même région. Ce fut la semaine des bombes bizarres qui tuent de manière sélective.

Par ailleurs, la semaine a été marquée par l’annonce de la mort violente du colonel des Pasdaran Ahmad Rezaï, fils de Mohsen Rezaï, premier commandant en chef des Pasdaran et actuel n°2 du Conseil de Discernement.

Le colonel des Pasdaran Ahmad Rezaï a été retrouvé électrocuté avec des veines ouvertes contre la porte d’une suite au 18ème étage de l’hôtel Gloria de Dubaï, où il était installé depuis deux mois avec un faux passeport américain sous le nom de Tom J. Anderson, homme d’affaires américain.

La mort du colonel des pasdaran Ahmad Rezaï remontait au mercredi soir. L’absence signalée de prise de courant à proximité de la porte de sa suite prouve, selon plusieurs sites iraniens, qu’il ne pouvait pas s’agir d’un suicide. Il a donc été tué. Mais le régime n’a pas lancé d’accusations. C’est donc un autre cas de mort violente de Pasdaran pendant la semaine dernière au moment où nous situons la prise de décision de frapper les Pasdaran en rupture.

Mais s’il y a un rapport avec l’explosion, ce meurtre doit être considéré comme un cas à part car le colonel des Pasdaran Ahmad Rezaï, qui n’avait jamais mis le pied dans une caserne, n’était pas un rebelle, mais un agent d’infiltration du régime.,

Le parcours extraordinaire d’Ahmad Rezaï… En 1998, alors que le régime était confronté à une montée de mécontentements suite à ses premiers revers économiques après l’adoption des premières sanctions pétrolières visant le terrorisme islamique du régime et certains dirigeants dont des Pasdaran, Ahmad Rezaï s’était réfugié à 23 ans aux Etats-Unis. le régime l’avait alors traité de traître et il s’était présenté comme un transfuge. Mais il ne voulait révéler aucun secret du régime ou le nom des agents du régime à l’étranger. Il se contentait de répéter les reproches formulés par les Américains contre les dirigeants visés par les sanctions notamment Rafsandjani et Khamenei et ne mettait personne d’autre en cause. Lors de cette fuite, Ahmad Rezaï n’a également pas souhaité prendre de contacts avec l’opposition en exil. Il n’a contacté que les Américains pour annoncer une rupture des jeunes avec l’Islam et l’envie de la jeunesse d’aller vers un régime différent sans mentionner que l’objectif était de tourner le dos à la révolution de 1979 qui rappelons-le avait été soutenue par Washington pour mettre en place un relais d’agitation (islamique) à proximité de l’Asie centrale russo-chinoise.

Au même moment, certains théoriciens iraniens qui se disaient également des dissidents s’étaient mis à parler de la possibilité d’un coup d’Etat des Pasdaran pour rompre avec le pouvoir religieux et entrer dans une ère d’affairisme constructif : communément, on parlait du modèle chinois qui séduisait à l’époque Washington.

L’idée semblait être de suggérer la possibilité d’un rapprochement avec Washington à l’issue d’un relookage du régime. Il s’agissait de mettre à l’écart des personnes sanctionnées par Washington comme Rafsandjani et Khamenei afin de mettre fin aux sanctions et ainsi sauver la plupart des autres dirigeants et surtout le régime. Nous avons évoqué cet épisode dans l’article sur l’évolution de la place de Rafsandjani au sein du régime. Ce dernier qui semblait sur le point d’être sacrifié avait cédé une partie de ses pouvoirs à ses adversaires internes pour court-circuiter le complot à son encontre, mais il n’avait rien tenté contre ceux qui avaient voulu le virer car ce genre de luttes ne peut que conduire à l’explosion du régime.

Si à Téhéran, Rafsandjani a concédé une partie de son pouvoir pour se consolider, à Washington, les Américains qui ne veulent pas d’une solution non islamique avec des gens qui lui échappent, mais leur république islamique avec leurs pions, n’ont pas donné de suite à l’offre et n’ont invité Ahmad Rezaï à aucun panel de discussions entre les opposants et des personnalités américaines alors qu’il en organisait beaucoup à cette époque.

Ahmad Rezaï a tenté de nouer le contact pendant deux ans, mais en l’absence d’une quelconque réponse, il n’avait plus de raison de rester aux Etats-Unis : le traître ou le transfuge est rentré en Iran où il n’a non seulement pas été inquiété, mais encore il a été promu colonel des pasdaran sans avoir fait son service militaire ! Il a même été admis comme conseiller de papa au Conseil de Discernement, le centre des décisions du régime, c’est dire que l’on avait confiance en lui. Il a alors fait le pèlerinage à La Mecque avec son père (les deux photos ci-dessous).

© WWW.IRAN-RESIST.ORG

© WWW.IRAN-RESIST.ORG
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© WWW.IRAN-RESIST.ORG

Mais il est aussi retourné à plusieurs reprises aux Etats-Unis officiellement pour divorcer d’avec sa femme coréenne ou pour voir la fille née de leur union.

Il y a deux mois, au moment où le boyott des Pasdaran s’est amplifié, le faux colonel Ahmad Rezaï s’est installé sous un nom américain dans un grand hôtel de Dubaï. Au vu de ses états de services, on peut supposer qu’il devait renouer le contact avec les Américains pour relancer la proposition qui permettrait de rester dans la tradition de la révolution qui plait à Washington afin de court-circuiter les Pasdaran en rupture qui veulent sortir du régime. On ne peut donc envisager qu’il ait été tué par le régime qu’il voulait sauver. L’hypothèse d’un coup fomenté par Rafsandjani ne peut être retenu car à présent Washington a focalisé ses sanctions sur Khamenei et évoque Rafsandjani comme un démocrate donc un élément qui aurait sa place dans le régime relooké. De plus, on évoque assez souvent la possibilité d’un abandon des accusations de terrorisme et de poursuites judiciaires internationales à son encontre.

Si le régime ne peut pas avoir éliminé Ahmad Rezaï, on ne peut également pas envisager l’élimination américaine car il restait un canal de discussion pour une solution permettant d’écarter des gens qui veulent sortir du système islamique en place.

En fait, celui ou ceux qui ont fait le coup avaient intérêt à fermer ce canal et dans l’état des choses, il ne peut s’agir que des Pasdaran en rupture qui boycottent de manière permanente toutes les manifestations religieuses et emblématiques du régime pour sortir de ce régime.

De fait, nous pensons que le principal élément déclencheur de la guerre ouverte contre les Pasdaran en rupture a été le meurtre de l’agent Ahmad Rezaï, chargé de liaison entre le régime et les Américains.

Lire l'article en entier : http://www.iran-resist.org/article6395.html

source: Iran-resist
Tag(s) : #ACTUALITES

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