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Le journal conservateur allemand Die Welt titre, dans une tribune au vitriol, « La France est perdue ». Les Allemands, champion de la compétitivité, ne voient d'un bon oeil l'action du gouvernement, notamment l'instauration d'une taxe sur les modèles haut de gamme, là où les Britanniques, qui n'ont plus d'industrie automobile, sont plus modérés.

Atlantico : Une tribune d'opinion publiée en Une du Die Welt, titrait « La France est perdue ». Une allusion à la suppression de 8 000 postes par PSA Peugeot-Citroën. Comment jugez-vous la position du gouvernement français vis à vis de PSA ?

Christian Schubert: Le gouvernement n'a pas beaucoup de moyens pour intervenir. Il n'a pas de participation dans le capital de PSA.

La situation actuelle est aussi dûe à certaines politiques menées dans le passé. Ainsi, la prime à la casse a favorisé l'achat de petites voitures fabriquées à l'étranger et n'a pas incité les constructeurs à s'orienter vers la production de modèles haut de gamme.

Si une taxe sur les voitures haut de gamme est instaurée, cela aurait des effets très négatifs. En effet, une intervention protectionniste risque de ne pas être acceptée par Bruxelles. Le principal problème de PSA est de ne pas s'être tourné suffisamment vers l'étranger, notamment vers les pays à forte croissance. Peugeot-Citroën est trop concentré vers les marchés d'Europe du sud et la France. On ne pourra pas sauver PSA avec des mesures protectionnistes.

Arnaud Montebourg, avant d'être ministre, avait un positionnement très protectionniste, notament avec le thème de démondialisation. Mais il s'agit de recettes anciennes qui n'ont jamais fonctionné. Il faut améliorer la compétitivité de la France. Mais le gouvernement n'a rien présenté dans cette voie. Il a surtout annoncé des taxes supplémentaires.

John Lichfield: La plupart des commentateurs britanniques considèrent effectivement qu'il est difficile d'agir lorsqu'il s'agit d'une aussi grande industrie. Mais il faut prendre du recul par rapport à l'histoire même du Royaume-Uni.

L'industrie automobile britannique était aussi importante que son homologue française. Mais aujourd'hui, nous n'avons plus de constructeur nationaux outre-Manche. Tous sont étrangers. La presse britannique est donc plus nuancée et estime que l'industrie française est dans la même situation que les Britanniques dans les années 1970 ou 1980 lorsque nos industries étaient menacés.

A l'époque, le gouvernement conservateur de Margaret Thatcher avait décidé de ne pas aider cette filière. Résultat : nous n'avons plus de constructeur automobile. Nous n'avons donc pas de leçons à donner sur ce sujet.

La tribune estime que François Hollande s'apprête à accorder des subventions aux constructeurs français en contrepartie de l'instauration d'une taxe sur les voitures de luxe qui, par conséquent, sont essentiellement allemandes. Pensez-vous que le gouvernement cherche à maintenir des industries sous perfusions plutôt que d'adopter des mesures visant à accroître la compétitivité de l'industrie française ?

Christian Schubert: Même sous le gouvernement de François Fillon et sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la France restait encore trop étatique et centralisée. Il faut donner plus de libertés aux entreprises et réduire les charges qui pèsent sur elles et décentraliser les initiatives puisque ces dernières émergent des entreprises.

Par exemple, la recherche est trop axée sur l'Etat. Mais ce sont les consommateurs qui permettent de déterminer les produits qui seront consommés demain. Les entreprises doivent jouer un rôle plus important.

John Lichfield : Effectivement, les socialistes français ont tendance à agir ainsi. Mais Hollande et Ayrault sont limités par les règles européennes. 

La France a un problème de coût du travail. François Hollande, Jean-Marc Ayrault et Arnaud Montebourg sont d'ailleurs en train de se pencher sur cette question. Il est difficile de concurrencer des usines de l'Europe de l'est par exemple.

Comme l'a dit le PDG de PSA dans le journal Le Monde, PSA est en train de payer le fait d'avoir été plus patriotique que Renault en maintenant une plus grande partie de sa production sur le territoire français. Le gouvernement doit réfléchir sur la question du coût du travail même si Pierre Moscovici estime qu'il ne s'agit pas d'un problème.


 

suite sur Atlantico

 

 


 

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PSA Aulnay = La VRAIE raison du licenciement des 8 000 salariés ! (vidéo)+ Alliance PSA - GM : Peugeot contraint d'arrêter ses ventes en Iran sur demande des Américains ?

 

 

Une des principale cause des futurs

licenciements chez PSA…!


PSA_2.preview.jpg

 

 

Pour des raisons politiques, PSA ne vend plus à l'Iran ses petites automobiles (450 000/an), premier pays à l'exportation, cela faisant suite aux sanctions internationales. C'est donc  pour des raisons politiques, que les 8 000 salariés vont être remerciés ! Un scandale...

 


 

 

 

Ghisham Doyle pour WikiStrike

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Alliance PSA - GM : Peugeot contraint d'arrêter ses ventes en Iran sur demande des Américains ?

Après la signature des accords entre le groupe PSA et la General Motors, une première tension met à l'épreuve la nouvelle alliance franco-américaine.
La General Motors détient maintenant la qualité d'actionnaire dans le groupe PSA avec à terme, une prise de participation à 7% dans le capital du constructeur français. Mais le cadre géopolitique complique déjà certains points de l'alliance.

C'est précisément le marché iranien qui pose problème. Les tensions entre les Etats-Unis et le gouvernement iranien depuis l'année dernière ont entraîné le boycott des activités commerciales entre les deux pays.

Et comme la General Motors est désormais considérée comme un actionnaire de PSA, les lobbys américains qui exigent le blocage de toute activité avec le régime iraniens se sont vites penchés sur les comptes du groupe français.

Or, Peugeot était toujours impliqué dans l'exportation de voitures en Iran où certains modèles comme la 405 sont toujours commercialisés (en collaboration avec le régime iranien) et rencontrent même un certain succès. Peugeot était présent sur ce marché depuis 1978 et l'Iran représentait il y a peu 2% du chiffre d'affaire de sa division automobile.

Peugeot a donc récemment suspendu la production et l'expédition d'automobiles et de pièces automobiles vers l'Iran. Il y a fort à parier que cette suspension devienne définitive compte tenu du contexte géopolitique et de ses relations avec la General Motors. En France, 350 salariés de PSA seraient concernés par cette suspension.

L'alliance avec General Motors a-t-elle donc eu un impact négatif sur les activités de PSA dans le monde ? De son coté, le groupe assure que cet arrêt en Iran était prévu bien avant la collaboration avec les Américains.

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"Chomage m'a tué"

 

 

Les syndicats de PSA sous le choc d'annonces "dramatiques"

Les syndicats de PSA Peugeot Citroën, qui a annoncé jeudi la fermeture de l'usine d'Aulnay en 2014 et un plan global de 8.000 suppressions de postes en France, ont qualifié ces décisions de "dramatiques", la CGT parlant "de crime social" au sujet d'Aulnay.

Jean-Pierre Mercier le 28 juin 2012 lors d'une manifestation devant le siège de PSA à Paris Jean-Pierre Mercier le 28 juin 2012 lors d'une manifestation devant le siège de PSA à Paris - AFP/Archives Bertrand Guay

Jean-Pierre Mercier, délégué CGT, a dénoncé "douze mois de mensonge" de la part de la direction à propos de l'usine de Seine-Saint-Denis. "La lutte va démarrer maintenant", a-t-il ajouté, en estimant qu'"en temps de crise économique, c'est un crime social de fermer une usine".

"On est en droit de demander au gouvernement d'intervenir", a-t-il ajouté, en le jugeant "passif".

M. Mercier a accusé la direction de "sacrifier Aulnay" pour "plus de rentabilité et plus de bénéfices à la famille Peugeot". Le président du directoire, Philippe Varin "a déclaré la guerre aux salariés. Nous sommes déterminés à sauver nos emplois, nous sommes prêts à aller jusqu au bout. En septembre une grande bataille va commencer", a prévenu l'élu CGT.

Selon Franck Don, de la CFTC, la situation est "dramatique". "Nous sommes convaincus que la stratégie de montée de gamme va amplifier et accélérer les pertes d'emplois sur le territoire, des emplois perdus à jamais"

En outre, selon lui, "la baisse des effectifs en recherche et développement est gravissime et n'augure rien de bon pour l'avenir".

Pierre Contesse (FO Rennes) a évoqué "une catastrophe, sachant que Rennes est déjà une usine sinistrée". "Cela va être très dur. On va essayer d'accompagner les gens le plus possible", a-t-il dit.

Selon le syndicat, "il y a eu des erreurs de stratégie évidente", citant notamment "quatre milliards pour la recherche et le développement et des projets qui n'ont pas abouti". SOURCE

 

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Alors que François Hollande plaide pour un nouveau « contrat social », il devrait fortement se poser des questions sur ces 60.000 licenciements annoncés, qui doivent être en grande partie des licenciements boursiers. Si des gens comme PSA se sentent libres de virer 10.000 Français, pourquoi leur laisser le droit de vendre des véhicules sur notre territoire ? Qu’ils les vendent donc au Maroc ! J’exagère à peine, mais c’est néanmoins le fond de ma pensée. Ou alors, il faut les taxer fortement afin de subvenir aux besoins de ces gens qui seront à la charge de l’État. Je n’ai pas de mots assez forts pour ces patrons voyous,  jetant d’un coup de pied une masse salariale qui s’est souvent dévouée, corps et âme, à une entreprise, et ceci pendant des années. De facto, ces salariés ont fait de ces dernières ce qu'elles sont aujourd'hui…

PSA_aulnay.jpg
PSA prévoit selon les syndicats entre 8000 à 10.000 suppressions d'emplois. | REUTERS/BENOIT TESSIER

Remis à l'après-présidentielle, les "plans d'allégement de masse salariale", selon la pudique acception des départements de ressources humaines, viennent peser sur le dialogue social en ce début d'été. Selon nos calculs, 84 entreprises sont concernées et près de 60.000 emplois menacés à travers toute la France (tableau consultable sur le site du Monde.fr), plans sociaux, plans de départ volontaires et départs en retraite anticipée confondus.

Pour plus de clarté, nous n'avons pas comptabilisé le non-renouvellement de contrats de sous-traitance ou les ruptures conventionnelles, auxquels les entreprises ont de plus en plus recours.

Nous n'avons pas compté non plus les entreprises où les départs sont inférieurs à 20, et nous avons donné les estimations des syndicats quand des chiffres publics n'étaient pas disponibles. Enfin, nous avons exclu les entreprises dont les dirigeants niaient officiellement l'existence d'un plan social (Areva, TF1...).


UN BILAN LOURD POUR LES SALARIÉS

Mais, au-delà de tout calcul d'apothicaire, le bilan sera lourd pour les salariés. Le secteur qui paie le plus lourd tribu est l'automobile, avec plus de 13.000 emplois menacés, en particulier chez les équipementiers, comme chez Honeywell à Condé-sur-Noireau - déjà tristement célèbre pour avoir abrité une usine Valéo, devenue symbole de la contamination à l'amiante. Mais le record revient au constructeur PSA, dont un délégué syndical Force ouvrière a évoqué la possibilité d'un plan comptant 8 à 10.000 suppressions de postes.

Dans le textile, autre secteur touché, les chiffres posent également la même question lancinante : peut-on encore produire français ? Après Lejaby, c'est Dim, Playtex et Wonderbra qui sont visés, le fonds d'investissement américain propriétaire de DBApparel ayant décidé de céder le groupe. En balance, plus de 900 personnes à Autun, en Saône-et-Loire, où les employés ont déjà essuyé un plan social.

Autre dossier chaud, les transports (8600 départs craints par les syndicats) sont entraînés par le poids lourd Air France, qui a présenté son projet "Transform 2015" pour les personnels au sol, prévoyant 5122 suppressions de postes sans départs contraints.

Enfin, le commerce et la distribution s'illustrent dans ce sombre palmarès avec plus de 8500 emplois en danger.

Tous ne sont pas logés à la même enseigne : les banques et les assurances devraient subir presque moitié moins de coupes que l'agroalimentaire (environ 4600 emplois). Et, là où 800 départs volontaires sont proposés chez Société générale, les 3400 employés de Doux, sans compter les 700 éleveurs qui dépendent de l'avenir de l'entreprise, attendent de savoir s'ils seront repris ou envoyés vers Pôle emploi.


ALSACE ET PACA EN LIGNE DE MIRE

Ville emblématique de ces tensions sur le travail, Reichstett, bourg alsacien de 4000 habitants, voit deux entreprises majeures disparaître : Coop Alsace, qui emploie plus de 300 personnes sur sa plateforme logistique, et Petroplus, qui emploie encore 70 personnes, et dont l'avenir semble bouclé sur ce site, contrairement à celui de Petit-Couronne, qui a repris de l'activité depuis mi-juin pour honorer un contrat avec Shell.

En Alsace, la CGT estime que plus de 6000 emplois sont menacés dans l'industrie, pointant des entreprises comme Lohr (740 emplois), General Motors (1000) ou encore Caddie (124). Autre région particulièrement affectée, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, avec près de 1800 emplois visés, dont 800 à la SNCM (Marseille).

Certaines de ces menaces semblent planer de façon inéluctable sur des entreprises où la question n'est plus que celle de l'échéance. C'est le cas de la métallurgie, qui pâtit du retrait des grands groupes mondiaux, comme Rio Tinto, qui ne possède plus que deux usines en France, Dunkerque et Saint-Jean-de-Maurienne (le géant minier cherche un repreneur pour cette dernière). Le groupe a en outre vendu trois usines, en mars dernier, à un fonds d'investissement ; les sites de Gardanne, Beyrède et La Bâthie emploient quelque 700 personnes.

Arcelor Mittal aussi limite ses activités, à l'image des hauts fourneaux de Florange, en Moselle. Ces derniers restent suspendus aux actions médiatiques des métallos lorrains. Le sidérurgiste, qui a déjà annoncé la fermeture définitive de hauts fourneaux à Liège, en Belgique, et à Madrid, assure cependant qu'il ne s'agit que d'une mise en veille temporaire, liée à une baisse de la demande.

Mais, parfois, l'espoir reste de mise : ainsi, chez Fralib, les employés préparent un projet de reprise depuis que la multinationale Unilever a accepté de se rasseoir à la table des négociations. D'autres projets pour l'usine de fabrication de tisanes et ses employés sont encore évoqués.


LES LICENCIEMENTS ABUSIFS EN QUESTION

La conférence pour l'emploi sera-t-elle l'occasion d'évoquer l'idée chère à Michel Sapin : l'interdiction des licenciements abusifs et par extension, peut-être, la mise en place d'une autorisation judiciaire des licenciements ?

Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, a pour sa part indiqué que le sujet d'un meilleur encadrement des plans sociaux, en cas de fermeture d'un site rentable, serait discuté avant qu'un texte ne soit proposé.

Ce principe n'est pas acquis : la Cour de cassation a invalidé mardi dernier la décision de la cour d'appel de Reims de mars 2011 et estimé que la liquidation judiciaire de Sodimédical, fabricant de matériel médical de Plancy-l'Abbaye (dans l'Aube) et filiale du groupe austro-allemand Lauhman et Raucher, était possible indépendamment de la bonne santé financière du groupe.

Mathilde Damgé

 

Source : Le Monde.fr via Chalouette "Crashdebug"

Tag(s) : #ECONOMIE - FINANCE

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