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Est-ce que l'assassinat du diplomate américain va justifier les États-Unis à entrer en guerre contre l'Iran ?

 

 

L'ambassadeur américain Christopher Stevens (au centre) a été assassiné mardi. Cette photo d'avril 2011 le montre en discussion avec un membre du Conseil national de transition libyen dans un hôtel de Benghazi. L'ambassadeur américain Christopher Stevens (au centre) a été assassiné mardi. Cette photo d'avril 2011 le montre en discussion avec un membre du Conseil national de transition libyen dans un hôtel de Benghazi.  Photo :  PC/AP/Ben Curtis

L'ambassadeur américain en Libye Christopher Stevens, de même que trois fonctionnaires du consulat de Benghazi, ont été tués dans une violente attaque contre le bâtiment, mardi, nous apprend le ministère de l'Intérieur de la Libye.

Des manifestations avaient éclaté plus tôt en Libye et en Égypte pour protester contre un film américain jugé offensant pour l'islam.

Le film a soulevé l'ire de manifestants au Caire, en Égype, et a provoqué des violences à Benghazi, en Libye.

Le consulat américain de Benghazi a littéralement été attaqué par des manifestants armés. L'ambassadeur et trois fonctionnaires américains du consulat ont péri dans l'attaque, selon les autorités libyennes.

Différentes sources rapportent que des manifestants ont tiré sur le consulat américain, dans lequel ils ont réussi à s'introduire. « Ils ont tiré en l'air avant d'entrer dans le bâtiment », a déclaré le vice-ministre libyen de l'Intérieur, Wanis Al-Charef. Peu après, un témoin a indiqué à l'AFP que des manifestants avaient arraché le drapeau américain et mis le feu au consulat.

Les forces de l'ordre libyennes, cibles de tirs nourris, ont dû évacuer les lieux. Des pillards ont ensuite pénétré dans le consulat, d'où ils sont ressortis avec des bureaux, des chaises ou des machines à laver, ont constaté des correspondants de Reuters.

Selon le porte-parole de la haute commission de sécurité du ministère de l'Intérieur, Abdelmonoem Al-Horr, les forces de sécurité et du ministère de la Défense ont tenté de contenir la situation. Ce dernier rapporte que des roquettes RPG ont également été tirées sur le consulat depuis une ferme toute proche.


Des manifestants ont retiré le drapeau américain de l'ambassade des États-Unis au Caire, avant de tenter de le brûler. Des manifestants ont retiré le drapeau américain de l'ambassade des États-Unis au Caire, avant de tenter de le brûler.  Photo :  PC/Mohammed Abu Zaid

Des milliers de manifestants en Égypte

Le même film controversé a provoqué d'importantes manifestations dans la capitale égyptienne. Des milliers de personnes ont protesté devant l'ambassade américaine. Certains d'entre eux ont pénétré dans l'enceinte de l'ambassade, d'où ils ont retiré le drapeau américain. Ils ont déchiré le drapeau après avoir tenté de le brûler, et l'ont remplacé par un étendard islamique.

Sur un immense étendard noir était écrite la profession de foi musulmane: « Il n'y a de Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète ». Le drapeau noir, similaire à une bannière utilisée par Al-Qaïda, est utilisé fréquemment par des fondamentalistes dans la région.

Selon des responsables de l'ambassade, aucun personnel de la représentation n'était alors présent dans le bâtiment, et l'ambassadeur était hors de la ville.

En soirée, la manifestation avait pris de l'ampleur, et des dizaines de policiers antiémeute se sont alignés le long des murs de l'ambassade. Ils n'ont pas bloqué les protestataires, qui ont continué à grimper le mur et à s'y tenir debout, en chantant. Mais il semble que ceux-ci ne se rendaient plus en soirée dans l'enceinte de l'ambassade.

Le film à l'origine des manifestationsEn ce qui a trait à l'objet de la controverse, il n'est pas encore clair quel film est en cause. Selon des médias égyptiens, ce film aurait été produit récemment aux États-Unis et des extraits montrant le prophète de l'islam ayant des relations sexuelles et mettant en doute son rôle de porteur de la parole de Dieu seraient disponibles sur le site de partage de vidéos en ligne YouTube.

Selon ce que rapporte le Wall Street Journal, le film intitulé Innocence of Muslims (L'Innocence des musulmans) a été réalisé et produit par Sam Bacile, un promoteur immobilier israélo-américain originaire du sud de la Californie. L'homme d'une cinquantaine d'années a décrit l'islam comme un « cancer » et comme une religion de haine.

« Le film est politique. Pas religieux », a-t-il confié au quotidien. Le cinéaste aurait produit son film avec 5 millions de dollars provenant d'une centaine de donateurs juifs, qu'il a refusé d'identifier.

Le long métrage a par ailleurs été défendu par le pasteur controversé Terry Jones, qui s'est attiré de nombreuses critiques par le passé, notamment pour avoir brûlé un exemplaire du Coran et pour s'être opposé à la construction d'une mosquée près de Ground Zero à New York. « C'est une production américaine, qui n'a pas pour objectif d'attaquer les musulmans, mais de montrer l'idéologie destructive de l'islam », a-t-il expliqué, cité par le Wall Street Journal.
Des milliers de manifestants se sont rassemblés devant l'ambassade des États-Unis au Caire. Des milliers de manifestants se sont rassemblés devant l'ambassade des États-Unis au Caire.  Photo :  PC/Mohammed Abu Zaid

Washington condamne les actes

Avant de connaître l'identité des victimes, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a déclaré que « certains ont essayé de justifier ce comportement brutal en le présentant comme une réponse à des éléments incendiaires diffusés sur Internet ».

« Les États-Unis déplorent toute volonté délibérée de dénigrer les croyances religieuses d'autrui. Notre engagement en faveur de la tolérance religieuse remonte aux origines mêmes de notre nation. [...] Mais que les choses soient claires : rien ne saurait jamais justifier des actes de cette nature. » — Hillary Clinton, secrétaire d'État américaine

« Nous pouvons confirmer que notre représentation à Benghazi, en Libye, a été attaquée par un groupe de manifestants », a déclaré la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland, dans un communiqué. « Nous condamnons dans les termes les plus forts cette attaque contre notre mission diplomatique », a-t-elle ajouté.

Mme Nuland a également affirmé que des responsables américains travaillaient avec les Libyens pour sécuriser le bâtiment.

« Quant à la situation du Caire, nous pouvons confirmer que la police égyptienne a expulsé les manifestants qui étaient entrés plus tôt dans la journée dans l'enceinte de l'ambassade », a déclaré Victoria Nuland.

Par ailleurs, un responsable du département d'État a dit à l'AFP, sous le couvert de l'anonymat, qu'il ne pouvait confirmer un lien entre les deux incidents. source

Tag(s) : #ACTUALITES

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