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Six questions sur le financement par Bayer, Yelp et Walt Disney d’un parti européen allié à Macron

Publié par Brujitafr sur 13 Mars 2019, 08:37am

Catégories : #ACTUALITES, #POLITIQUE, #EUROPE

Six questions sur le financement par Bayer, Yelp et Walt Disney d’un parti européen allié à Macron

Dans l’émission « L’Œil du 20 h » diffusé le 11 mars, France 2 a confirmé l’information selon laquelle l’entreprise Bayer-Monsanto donnerait des fonds à l’ALDE, le parti politique européen allié à La République en Marche d’Emmanuel Macron.

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L’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE) reçoit des financements de grandes sociétés, notamment à l’occasion de son congrès. Selon Marine Le Pen, il s’agit de financements de « lobbys » et de conflits d’intérêts, affirmait-elle sur RTL jeudi 7 mars.

Une pratique qui reste légale au niveau européen, alors qu’elle est désormais interdite en France. Récemment, une autre affaire de partenariat avait créé la polémique dans le milieu européen : Coca-Cola avait sponsorisé un événement de la présidence roumaine du Conseil de l’Union européenne.
 
1. Pourquoi cette pratique interpelle ?
Si une entreprise finance un événement ou une association, c’est qu’elle y trouve son intérêt. Ce qui laisse planer une suspicion sur l’influence qu’une multinationale peut avoir auprès de personnalités politiques. D’autant plus que le Parlement européen est le lieu où sont votées de nombreuses normes concernant les grandes entreprises.

Marine Le Pen a ciblé l’argent versé par le géant de l’agroalimentaire Monsanto-Bayer, qui produit le glyphosate. La présidente du Rassemblement national ne cite pas les autres entreprises concernées, comme Yelp, Microsoft ou Walt Disney. Elle sait que les débats sur le glyphosate sont importants dans l’Hexagone et qu’Emmanuel Macron est régulièrement accusé par l’opposition de ne pas avoir une position claire sur l’interdiction de cet herbicide controversé.

2. Une multinationale peut-elle financer un parti européen ?

Cette pratique est encadrée au Parlement européen. Concernant l’ALDE, le montant de ce type de financements est important et représentait 122 000 euros en 2018, donnés par huit entreprises. Il faut clairement afficher d’où proviennent ces fonds, c’est d’ailleurs grâce à cette transparence que ce sujet a pu éclater.

Le budget du Parlement européen prévoit les financements des partis politiques à partir du moment où ils constituent un groupe politique dans l’hémicycle. Cet argent venu des institutions européennes doit actuellement représenter 85 % des financements d’un parti, niveau qui passera à 90 % en 2019.

Dans le cas d’un « petit » groupe comme celui du Rassemblement national, le groupe Europe des nations et des libertés (ENF, 37 eurodéputés sur 751) reçoit 500 000 euros du Parlement européen. Le groupe le plus important, le Parti populaire européen (droite, où siègent Les Républicains), a reçu 8 millions d’euros de fonds par l’institution.

À cela s’ajoutent les contributions des partis nationaux qui sont membres de ce groupe. Enfin, le troisième type de financement peut être des contributions versées par des entreprises.

3. Y a-t-il une réelle transparence dans les financements des partis politiques européens ?

C’est le cas et les règles sont même très strictes en la matière. Trop, pour certains, à l’image du trésorier du Parti démocrate européen (PDE, centre), Jean-Marie Beaupuy, qui regrette « des règles de transparence de partis politiques délirantes pour un trésorier comme moi ».

Les comptes établis par le trésorier doivent non seulement être vérifiés par un expert-comptable, mais doivent ensuite être audités par un prestataire extérieur défini par le Parlement européen (aujourd’hui, il s’agit du cabinet Ernst & Young). Ce dernier audite non seulement les comptes, mais vérifie également tous les justificatifs.

Après ce travail, une autorité interne au Parlement européen revérifie le travail effectué, ce que referont par la suite les services des finances de l’institution européenne. Enfin, le bureau des présidents du Parlement doit valider en toute fin de processus les comptes.

4. L’ALDE, c’est quoi ?

Il s’agit d’un parti politique européen. Mais attention, le parti ALDE est différent du groupe politique ADLE. Il s’agit en effet d’un parti politique qui fait partie du groupe politique ADLE, dont il représente la tendance libérale et est très pro-entreprises.

Le groupe de l’ADLE et le parti ALDE sont menés par l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt.

Dans ce groupe, on retrouve également le Parti Démocrate européen mené par le Modem de François Bayrou. Le PDE avait refusé au moment du changement de nom des Libéraux en ALDE de fusionner avec leurs partenaires de groupe. Jean-Marie Beaupuy a déclaré à Ouest-France que son parti n’a aucun financement d’entreprises privées de son côté.

5. Emmanuel Macron est-il l’allié de l’ALDE ?

Oui, comme Guy Verhofstadt le confirmait il y a plusieurs mois dans Ouest-France. Des représentants du parti La République en Marche étaient du reste présents au congrès de l’ALDE à Madrid en novembre 2018. Les eurodéputés d’En Marche devraient rejoindre le groupe de l’ADLE après les élections, mais rien n’est clairement dit quant à leur adhésion au parti libéral. Des rumeurs font également état de velléités d’Emmanuel Macron de faire éclater les groupes au Parlement européen.

Interrogé par l’émission « L’Œil du 20 h » de France 2 au sujet des financements par des entreprises de ce parti, le directeur de campagne de LREM, Stéphane Séjourné, a réagi en expliquant que son parti n’était pas au courant et condamnait ces pratiques.

Dans un communiqué publié dans la journée de mardi, il va plus loin : « Aucun de nos députés européens ne siègera lors de la prochaine mandature dans un groupe politique ou dans une formation politique européenne qui tolère de tels financements. »

« Cette pratique est incompatible avec une vie démocratique irréprochable et nous ferons tout pour que la législation soit modifiée pour l'ensemble des formations politiques européennes », a insisté l'ancien conseiller d'Emmanuel Macron. LREM a également promis de porter au Parlement européen « une réforme sur la moralisation du financement de la vie politique européenne »

6. Et en France ?

Tout financement par les entreprises d’un parti politique est interdit. Mais il s’agit d’un long processus qui a commencé notamment après l’affaire « Urba », du nom de cette entreprise qui avait financé de manière occulte le Parti socialiste. « Jusqu’en 1988, il n’existait pas de lois fixant les règles de financement des partis, ni de financement public », rappelle le site Vie Publique.

« Les lois du 11 mars 1988, du 15 janvier 1990, du 19 janvier 1995, du 11 avril 2003, ainsi que les lois pour la confiance dans la vie politique du 15 septembre 2017 ont remédié à ce manque, notamment en plafonnant les dépenses électorales. Depuis 1995, les dons sous quelque forme que ce soit des personnes morales (entreprises) sont interdits. »

SOURCE

Européennes : arrangements

 

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