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Lait, viande, céréales, poisson... Depuis 2007, les prix des produits alimentaires ont fortement augmenté en France, atteignant même leur plus haut niveau depuis 30 ans au premier semestre 2008. A cela, plusieurs raisons qui s'expliquent par une combinaison de facteurs.
Flambée des prix des aliments, comment l'expliquer ?

Pour commencer, il faut revenir à l'un des fondamentaux de l'économie : l'équilibre entre l'offre et la demande. Lorsque le marché est tendu, c'est-à-dire que la production et les stocks ne permettent pas de satisfaire la demande, les prix montent ; les produits concernés deviennent rares et prisés, ce qui augmente leur valeur d'échange.

L'impact du dérèglement climatique et la baisse des stocks
Plusieurs facteurs peuvent expliquer une diminution de l'offre, comme un manque d'investissement dans l'agriculture ou encore des conditions climatiques défavorables qui entrainent des pertes de récoltes. C'est ce qu'ont connu les producteurs de noisettes turques, principaux fournisseurs du fruit à coque, l'année dernière. De fortes intempéries (gel et grêle notamment) ont frappé les quatre régions productrices du pays et abimé les vergers. Les récoltes ont, de fait, été impactées : les producteurs turques estimaient pouvoir fournir 370 000 tonnes de noisettes au lieu des 590 000 tonnes habituelles. Cette stagnation de la production et la forte demande (le fabricant Ferrero utilise à lui seul un quart de la production mondiale pour ses marques Nutella et Kinder) a fait explosé le cours de la noisette, vendue 2€ le kilo en 2013 et 4€ en 2014.
Autre critère à prendre en compte : la baisse du niveau des stocks. Depuis 1995, les réserves mondiales n'ont jamais été aussi basses : elles sont réduites de 3.4% chaque année en moyenne.

Les nouvelles habitudes alimentaires et la production de biocarburants
Du côté de la demande aussi, plusieurs facteurs jouent. Tout d'abord, l'augmentation de la population mondiale (9 milliards en 2050) couplée à la croissance économique des pays émergents, comme la Chine ou l'Inde, entrainent des changements dans les habitudes de consommation. Par exemple, ces dix dernières années, le Moyen-Orient et les pays est-asiatiques ont triplé leur consommation d'amandes, entrainant une hausse de la demande. Le problème, c'est qu'en parallèle la production a stagné, notamment en Californie qui fournit 80% de l'approvisionnement mondial. Frappée par d'importants épisodes de sécheresse, la région a vu ses capacités de production fragilisées, contribuant à l'envolée des prix.
Difficile également de ne pas parler des agrocarburants, qui monopolisent de plus en plus de terres au détriment d'aliments pour la consommation humaine : aux Etats-Unis, 15 à 25 % des surfaces de maïs leurs seraient destinées. Avec un prix du pétrole élevé et des énergies fossiles qui se rarifient, les biocarburants présentent un fort potentiel et sont encouragés par des politiques de subventions. Plusieurs produits agricoles sont touchés par cette demande supplémentaire (sucre, manioc, oléagineux, huile de palme...), mais ce sont surtout le maïs, utilisé pour la production d'éthanol, et le colza, pour le biodiesel, qui sont concernés.

La spéculation mise en cause
Soumise à controverses, la responsabilité de la spéculation financière est également pointée du doigt. Les produits alimentaires, devenus des actifs comme les autres, seraient l'objet de spéculations de plus en plus massives de la part d'investisseurs qui ne se préoccupent pas des biens physiques (c'est-à-dire des biens agricoles réellement échangés). Cela contribuerait à alimenter la flambée des prix. Mais ces accusations sont contestées par certains économistes et investisseurs financiers : la spéculation contribuerait plus à l'instabilité des prix qu'à leur haut niveau.

Le problème, c'est que cette tendance à la hausse n'est pas prête de s'inverser. D'après les projections de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), les prix devraient rester élevés et volatils pendant les dix prochaines années. Une situation complexe qui a de dramatiques conséquences dans les pays en développement et les zones rurales qui consacrent une part importante de leur revenu à l'alimentation. Lors des « émeutes de la faim » en 2007 et 2008, la FAO estimait que la flambée des prix avait poussé 115 millions de personnes supplémentaires dans une situation de faim chronique.


Crédits photos :
lizabarbiza / f
otolia

SOURCE

Tag(s) : #ACTUALITES

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