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M. Cazeneuve autorise les policiers à porter une arme en dehors de leur service

Le changement de pied est radical. Une instruction de la direction générale de la police nationale (DGPN), transmise dans les services, jeudi 19 novembre, autorise les policiers à porter leur arme hors service durant l’état d’urgence, y compris lorsqu’ils ne portent pas de gilet pare-balles, comme l’a révélé France Inter. Au lendemain des attentats du 13 novembre, le directeur général, Jean-Marc Falcone, avait au contraire envoyé un télégramme à tous les services pour rappeler que le port de l’arme « implique systématiquement le port du gilet pare-balles ».

Le port du brassard comme seule obligation

Les syndicats de policiers avaient vivement réagi. L’UNSA-Police (3e chez les gardiens de la paix), avait « exigé l’aménagement immédiat, pour nos collègues qui le souhaitent, de la possibilité réglementaire d’être porteurs de leur arme de service, en tout temps et en tous lieux ». Jean-Claude Delage, secrétaire général d’Alliance-Police nationale (premier syndicat) estimait, lui, que « le ministre doit autoriser les policiers à détenir et porter leur arme sans restriction. Cela doit devenir le principe et le dépôt de l’arme l’exception ».

Les syndicats ont été entendus : l’instruction de la DGPN prévoit comme seules conditions d’« avoir un brassard police sur soi pour éviter toute confusion », « d’avoir fait au minimum une séance de tir réglementaire », « d’avoir avisé sa hiérarchie », selon France Inter. Un comité technique exceptionnel doit se réunir pour intégrer ces modifications au règlement d’emploi.

« Quand ils sont en repos, ils sont souvent fatigués »

La question ne fait pourtant toujours pas l’unanimité. Mercredi, lors de la discussion du projet de loi de prolongation de l’état d’urgence, un amendement de Guillaume Larrivé (LR, Yonne) prévoyant le même type de mesure a été critiqué par l’ancien ministre de l’intérieur Daniel Vaillant (PS, Paris) : « Quand [les policiers] sont en repos, ils sont souvent fatigués, et on sait par ailleurs leur fragilité – qu’on considère le nombre de suicides dans la police (…). Votre proposition permet-elle la sécurisation des armes à domicile, garantit-elle contre leur vol éventuel, leur utilisation dans des conditions illégitimes ? A vouloir faire trop bien, on risque de prendre une mesure qui va se retourner contre les policiers eux-mêmes. »

Mais la mesure était en fait déjà dans les tuyaux, comme l’a alors révélé la secrétaire d’Etat, Clotilde Valter, qui suppléait Bernard Cazeneuve : « Je vous demande de retirer votre amendement, d’autant que le ministre de l’intérieur envisage, pour le temps que durera l’état d’urgence, de mettre en œuvre cette mesure. »

Laurent Borredon

Tag(s) : #ACTUALITES

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