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Signe des temps : se développent en parallèle des notions comme le travail sans revenu (bénévolat) et le gratuit payant...

#Louvre muséum - Paris

Le très récent rapport de l'Inspection générale des finances (IGF) et de l'Inspection générale des affaires culturelles (Igac) sur "L'Evaluation de la politique de développement des ressources propres des organismes culturels de l'Etat" (voir notre article ci-contre du 30 juin 2015) met l'accent sur la nécessité - dans un contexte de rigueur budgétaire - de dégager d'autres recettes que les seules subventions publiques. Le rapport émet également des réserves sur le développement de la gratuité des musées - plus pratiquée en France que dans le reste de l'Europe - et qui prive les musées d'un certain nombre de recettes.

Cupid (detail) FALCONET, Étienne-Maurice (b. 1716, Paris, d. 1791, Paris) 1757 Marble Musée du Louvre, Paris

"Ticket donation", ou comment concilier recettes et gratuité

Le travail de l'IGF et de l'Igac vise les établissements culturels de l'Etat, mais l'objectif concerne tout autant ceux des collectivités territoriales. En l'occurrence, Paris a trouvé un moyen original de satisfaire deux ambitions apparemment inconciliables. D'un côté, la ville - contrairement au rapport IGF-Igac - est très attachée au principe de la gratuité dans ses quatorze musées : l'accès aux collections permanentes est gratuit pour l'ensemble des publics et les expositions temporaires sont gratuites pour les jeunes de 14 à 18 ans. De l'autre côté - et face à la baisse des dotations de l'Etat -, la ville a besoin de trouver des recettes complémentaires.
Paris a donc mis en place le "ticket donation". Le principe est simple : l'accès reste gratuit, mais les visiteurs qui le souhaitent peuvent acheter un "ticket donation" d'une valeur comprise, selon les établissements, entre deux et cinq euros. Cette contribution volontaire remplace des systèmes plus classiques - et qui faisaient quelque peu vieillots - comme le tronc à la sortie ou à l'entrée du musée. La décision de mettre des urnes à disposition des visiteurs a été votée par le conseil de Paris en 2012, mais sa mise en œuvre s'est révélée décevante. Avec le "ticket donation", on est plus près de l'esprit du crowdfunding et donc davantage dans l'air du temps.

Une technique pratiquée aux Etats-Unis depuis 1970

Le principe du "ticket donation" n'est d'ailleurs pas vraiment nouveau. Il se pratique depuis longtemps aux Etats-Unis (depuis 1970 au MET), sous la forme de la "Suggested Donation" (don suggéré), systématiquement proposée aux visiteurs par certains musées gratuits. Avec toutefois une différence de taille : les "suggested donations" sont sensiblement plus élevés que les "tickets donation" des musées de la ville de Paris. Au Met - le Metropole Museum of Art de New York -, le montant suggéré est de 25 dollars, même si la plupart des visiteurs donnent moins. Ce système est également pratiqué par d'autres musées comme le Museum of Natural History.
Cet écart dans les montants marque aussi la limite du système des "tickets donation". Il doit en effet rapporter environ 200.000 euros cette année, ce qui semble bien modeste au regard des besoins...

Jean-Noël Escudié / PCA

Tag(s) : #ART

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