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LEMONDE | 16.12.11 | 11h55 • Mis à jour le 16.12.11 | 12h12

 

Le président russe Dmitri Medvedev à Damas, le 11 mai 2010.

New York (Nations unies) Correspondante - L'étau se resserre autour de Damas. Le plus fidèle allié du régime de Bachar Al-Assad au sein du Conseil de sécurité de l'ONU vient d'opérer un véritable revirement, ouvrant la voie à une possible action de l'organe exécutif des Nations unies contre la répression sanglante en Syrie, qui sévit depuis plus de neuf mois.

La Russie, qui préside ce mois le Conseil, a contre toute attente, présenté jeudi 15 décembre un projet de résolution condamnant la violence perpétrée "par toutes les parties, y compris l'usage disproportionné de la force par les autorités syriennes". Un geste diplomatique qui intervient alors que l'ONU fait état d'un bilan de plus de 5000 morts. "Cela ne peut plus durer. Au nom de l'humanité, il est temps pour la communauté internationale d'agir", avait déclaré la veille le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

"Les Russes agissent toujours par surprise", lâche, un brin irritée, une source onusienne, avant d'affirmer : "La nouvelle en soi est positive, c'est le signe de leur disposition à envisager une action, mais nous devons rester prudents, nous ignorons tout de leurs réelles intentions."

Pour justifier son geste, l'ambassadeur russe a fait remarquer, sarcastique : "Nous entendons des voix se plaindre de l'inaction du Conseil, mais aucune proposition n'est formulée." Nombreux sont les diplomates occidentaux à estimer que la Russie n'avait d'autre choix que d'agir, "Moscou était dans une position intenable, souligne l'un d'entre eux. En prenant l'initiative après des mois de procrastination, elle retourne la situation à son avantage aux yeux du reste du monde." En octobre, la Russie et la Chine, déterminées à ne pas laisser le "scénario libyen" se répéter, avaient opposé leur veto à un projet de résolution présenté par des pays européens condamnant les violences et menaçant de sanctions le régime syrien.

Le projet russe prévoit que "rien dans cette résolution ne devra être interprété comme une autorisation d'interférence militaire quelle qu'elle soit, par qui que ce soit". L'ambassadeur de France à l'ONU, Gérard Araud, qui a estimé, lundi, que le silence du Conseil de sécurité, "moralement responsable des souffrances du peuple syrien", était un "scandale", a qualifié le revirement russe d'"événement extraordinaire", mais a jugé le projet de résolution "déséquilibré" et souligné qu'il méritait "beaucoup d'amendements".
Le texte, qui s'inspire d'un projet russo-chinois distribué en septembre, "exhorte le gouvernement syrien à cesser de réprimer ceux qui exercent leur droit à la liberté d'expression, de rassemblement pacifique et d'association".

Mais si l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine insiste sur l'"impartialité" de son contenu, il n'en condamne pas moins les attaques perpétrées par des "groupes terroristes" contre les institutions et forces syriennes et place sur un même plan, en termes de responsabilité des violences, les forces de l'ordre et les manifestants. La surprise et l'incrédulité des diplomates occidentaux face à l'initiative russe ont vite tourné à l'exaspération.

"Nous sommes prêts à travailler sur ce texte, a fait savoir le représentant permanent du Royaume-Uni, Michael Tatham, mais permettez-moi d'être clair : nous pensons qu'il faut une résolution qui soit à la mesure de la gravité de la situation sur le terrain (…) et le texte que fait circuler la Russie ne correspond pas à cela." Les délégations européennes du Conseil de sécurité (France, Royaume-Uni, Allemagne, Portugal), ont immédiatement chargé leurs experts de plancher sur les moyens d'amender le texte. "Nous allons maintenant entrer dans une longue séquence de négociations", explique un diplomate.

Les Occidentaux souhaitent une mise à l'index explicite des forces syriennes, un embargo sur les armes, une référence au rapport de la haute-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay, évoquant des crimes contre l'humanité, et le plein soutien à l'initiative du plan de paix de la Ligue arabe, qui prévoit l'imposition de sanctions et l'envoi d'observateurs étrangers en Syrie.

Alexandra Geneste

 

vu sur "Incapable de se taire" = La Russie décroche de la Syrie.---mais ne le fera pas aussi facilement de l'Iran. Hier, des militaires déserteurs ont tués des militaires loyaux. La guerre est prise, elle n'a simplement pas encore le nom.

Tag(s) : #CONFLICTS DANS LE MONDE

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