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Avec notre envoyée spéciale dans la Marne, Nathalie Schuck | Publié le 15.03.2012, 11h15 | Mise à jour : 19h57

 

De brèves échauffourées ont opposé jeudi à la mi-journée quelque 200 métallurgistes de l'aciérie ArcelorMittal de Florange (Moselle) aux forces de l'ordre, devant le QG de Nicolas Sarkozy, et les métallos ont décidé de boycotter la rencontre proposée lundi à l'Elysée.

De brèves échauffourées ont opposé jeudi à la mi-journée quelque 200 métallurgistes de l'aciérie ArcelorMittal de Florange (Moselle) aux forces de l'ordre, devant le QG de Nicolas Sarkozy, et les métallos ont décidé de boycotter la rencontre proposée lundi à l'Elysée. | LP/Kenzo

Les syndicats d'ArcelorMittal de Florange, qui avaient promis de devenir le «cauchemar du gouvernement» si les deux hauts-fourneaux de l'aciérie, en sommeil depuis plusieurs mois, n'étaient pas remis rapidement en route, ont tenu leur promesse. Venus pour défendre l'avenir de leur usine de Moselle, 200 salariés en colère sont arrivés à 12 heures dans le XVe arrondissement, à proximité du QG de campagne de .

 

Après de brèves échauffourées avec les forces de l'ordre, les organisations syndicales ont fait savoir qu'elles refusaient de se rendre à l'Elysée lundi où une rencontre était prévue avec le . «Les vont maintenant se durcir puisque Sarkozy nous prouve qu'il est le candidat de la fermeture et non de l'ouverture», a renchéri le responsable CFDT Edouard Martin.

«Une petite manoeuvre de syndicalistes» pour Sarkozy

La réponse présidentielle a été ferme : à son arrivée dans la Marne dans l'après-midi, où il s'apprêtait à visiter une fonderie, Nicolas Sarkozy a qualifié les incidents du matin de «petite manoeuvre» de syndicalistes et accusé la CGT de vouloir jouer un «rôle politique». «Ce n'était pas des ouvriers, c'était un petit nombre de syndicalistes. Les syndicats doivent défendre les intérêts des salariés, pas faire de la politique [...] Que la CGT ne pense pas qu'elle a un rôle politique à jouer dans cette campagne, ça ne lui va pas, ce n'est pas bien. Que les syndicalistes défendent les syndiqués et ne fassent pas de politique et la CGT se portera mieux [...]. Je dis aux vrais salariés de Florange, ceux qui travaillent, que je suis à leur disposition.»

Le matin, Nicolas Sarkozy avait quitté son QG peu avant l'arrivée des manifestants, vers 11h30. A sa sortie, il avait indiqué : «Il y a 17 millions (d'euros) d'investissements qui viennent d'être décidés et qui ont commencé à être réalisés». «Ce ne sont pas seulement les salariés d'Arcelor Mittal qui comptent. Ce sont les salariés de toute la sidérurgie», a-t-il poursuivi.

VIDEO. Le coup de gueule des métallos devant le QG de Sarkozy



Quatre autocars escortés par les CRS

Partis vers 7 heures de Lorraine, quatre autocars affrétés par l'intersyndicale CFDT-CGT-FO avaient été escortés par les CRS depuis le péage autoroutier de Marne-la-Vallée. Accueillis à Paris par des CRS, les «métallos» ont été aspergés de gaz lacrymogène et refoulés vers le pont Mirabeau. Ils ont alors fait savoir qu'ils refusaient de rencontrer Nicolas Sarkozy lundi à l'Elysée. «On n'a jamais dérapé, on est reçu avec des gaz lacrymogènes. On n'ira pas à l'Elysée lundi», a expliqué Edouard Martin, responsable CFDT, la CGT et FO confirmant de leur côté une décision similaire. «Nous ne sommes pas venus dans un esprit d'affrontement mais dans un esprit de dialogue, faire de la pédagogie sur la situation de notre usine», a ajouté Edouard Martin.

Une banderole à la Tour Eiffel

Après les échauffourées avec les forces de l'ordre, les manifestants ont quitté la rue de la Convention, pour se rendre à pied à la Tour Eiffel, où ils ont déployé une banderole proclamant «l'acier lorrain vivra». «Le symbole de la France, c'est la tour Eiffel. Or, l'acier de la tour a été forgé en Lorraine», a expliqué Edouard Martin. Les «métallos» ont indiqué aussi vouloir se rendre à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) au siège d'ArcelorMittal France.

Par ailleurs, selon le journal le Monde, depuis que Guy Bedos s'est déplacé à Florange, le 12 mars dernier, les témoignages d'artistes se multiplient en faveur des sidérurgistes en grève : Bernard Lavilliers, Jane Birkin, Josiane Balasko, La Grande Sophie, Béatrice Dalle, Agnès Jaoui, Antoine de Caunes, Louis Chedid ou encore Nicoletta… Au total, une cinquantaine de chanteurs et comédiens se sont manifestés ces derniers jours.


Sarkozy lance à un journaliste : «Quel couillon va !»

En marge d'un déplacement dans la Marne, Nicolas Sarkozy, interrogé par un journaliste de LCI sur la nécessité d'envoyer les CRS face aux ouvriers de Florange à Paris, lui lance, : « Qu'est-ce que vous voulez que j'ai à foutre de ce que vous me dites ? Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise. » avant de s'exclamer, quelques secondes plus tard, « Quel couillon va ! ». Et le président-candidat de s'excuser immédiatement auprès du jeune journaliste, qui reste plutôt souriant. « Oh pardon !».

Selon notre envoyée spéciale présente sur place, Nathalie Schuck, Nicolas Sarkozy, qui s'entretenait en off avec plusieurs journalistes (un échange pourtant enregistrée par des caméras), était visiblement gêné par les questions portant sur cette intervention des CRS. Mais «aucun des journalistes présents n'a été stupéfait par sa remarque, on est habitué à ce qu'il nous rentre un peu dedans», ça n'avait «rien à voir avec le Casse toi pov' con ! du Salon de l'Agriculture». Nicolas Sarkozy s'est d'ailleurs immédiatement excusé auprès du journaliste et a rajouté, en lui mettant la main sur l'épaule : «Non mais il est sympa, il est jeune, ça pourrait être mon fils».

VIDEO. Sarkozy traite un journaliste de « couillon »




LeParisien.fr

 

Tag(s) : #Présidentielles 2012

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