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En cours de discussion, l’accord transpacifique associe des pays représentant le tiers des échanges commerciaux américains. Près de 200 lobbies tentent d’influer sur le cours des négociations.

C’est dans la capitale péruvienne de Lima que s’est tenu, la semaine dernière, le 17e round de négociation de l’accord transpacifique. Les discussions, qui impliquent 12 pays des continents asiatiques et américains (Mexique, Japon, Brunei, Nouvelle Zélande, Singapour, Canada, Vietnam, Malaisie), doivent s’achever en octobre. S’il est conclu, il s’agira du plus grand accord de libre-échange jamais négocié par les Etats-Unis. Il associe des pays qui représentent, à eux tous, le tiers des échanges commerciaux américains. Ils comptent même pour 40 % de la production mondiale.

L’enjeu est donc primordial pour les lobbies américains : le Centre pour une politique responsable (Center for responsive politics), qui évalue le poids des lobbies à Washington, estime à 185 le nombre d’entreprises et d’associations qui tentent d’influer sur le cours des discussions auprès des responsables politiques américains.

Un combat inégal

Le principal enjeu est évidemment de libéraliser les échanges. Les taxes à l’importation sont déjà nulles entre Singapour et les Etats-Unis, mais elles s’élèvent à 10% en moyenne entre le Vietnam et les Etats-Unis. Ce sont ces barrières dont New Balance réclame le maintien, au moins provisoire. Le groupe demande un délai de vingt-cinq ans avant leur suppression définitive. Nike, au contraire, demande leur levée immédiate, ne produisant qu’en Asie. Le combat est inégal : les ventes de New Balance (2,4 milliards de dollars l’an dernier) sont 10 fois inférieures à celles de Nike (environ 20 milliards de dollars). Même la fédération américaine du vêtement et de la chaussure s’oppose à New Balance. « Le gouvernement ne doit pas négocier l’accord transpacifique au nom d’une seule entreprise », estime son président, Matt Priest, estimant que cela reviendrait à taxer des millions de consommateurs pour ne conserver que quelques milliers d’emplois.

Les secteurs de la high-tech, de l’industrie financière et de la pharmacie sont également très actifs. Google tente d’obtenir des garanties pour que son logiciel Google Earth ne puisse pas être contrefait à l’étranger. Holywood souhaite pouvoir diffuser encore plus largement ses films en Asie. Les groupes pharmaceutiques, quant à eux, demandent une protection de leurs brevets d’au moins douze ans. Ils veulent retarder l’entrée en application des génériques, en imposant aux pays asiatiques les règles s’appliquant déjà aujourd’hui aux Etats-Unis.

« La protection de la propriété intellectuelle représente l’enjeu essentiel pour les Etats-Unis », indique John Veroneau, lobbyiste à Washington au cabinet Covington & Burling-whose. « L’accord transpacifique risque de donner le ton de tous les accords de libre-échange négociés par la suite ».

Par LUCIE ROBEQUAIN
Tag(s) : #USA

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