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la boutique souvenir qui fait scandale = Ce ne sera pas la première fois que l'on fera de l'argent en profitant d'un drame...



Mugs, magnets, casquettes, porte-clés, peluches... Le tout estampillé "11-Septembre" : ces produits sont vendus dans la boutique de souvenirs du musée de Ground Zero, ouvert au public depuis mercredi 21 mai à New York. Un business qui choque certains proches des victimes du World Trade Center. "Ils se font de l'argent sur la mort de mon fils. Franchement je trouve ça dégoutant", s'indigne le père d'une des 3.000 victimes, interrogé par BFM TV.




Le "New York Post" a été le premier à s'émouvoir de cette boutique de "goodies" pas vraiment du meilleur goût, qui se décline aussi sur le site du mémorial. "Little shop of horror" (la petite boutique des horreurs), pouvait-on lire sur la une du tabloïd new-yorkais dimanche dernier. Diane Horning, qui a perdu son fils Matthew dans le drame, y témoigne :
C'est la chose la plus grossière, la plus insensible, que d'avoir installé une entreprise commerciale à l'endroit où mon fils est mort. Je trouve ça choquant et répugnant d'y vendre des babioles."

"Ce n'est pas un endroit pour se faire de l'argent"


11-Septembre : la boutique souvenir qui fait scandale

Les familles des défunts ont du mal à digérer les foulards en soie à l'effigie des tours jumelles, les boucles d'oreilles inspirées du "Survivor Tree”, l'arbre qui "survécu" à l'attentat, ou les manteaux pour chien aux couleurs des pompiers de New York. "C’est un lieu pour rendre hommage à toutes ces personnes qui sont mortes. C’est une sorte de terre sacrée. Ce n’est pas un endroit pour se faire de l’argent. Honte à eux!", dénonce le père d'un des défunts.
Ce qui dérange surtout les familles, c'est que la boutique de souvenirs se situe pour ainsi dire au dessus d'un cimetière. Les restes de 1.100 victimes dont les corps n'ont jamais pu être identifiés sont en effet inhumés au sous-sol du musée. Un mausolée qui est loin de faire l'unanimité auprès des proches de victimes.

"Vous n'aimez pas, vous n'achetez pas"

Dans un communiqué, un des responsables communication du musée affirme que les objets vendus ont été "soigneusement choisis", pour ne heurter personne. Selon lui, les proches des victimes, qui ont eu accès en avant-première au musée, auraient même été nombreux "à visiter la boutique et à acheter un souvenir".
Joe Daniels, le directeur du musée, a aussi tenté de se défendre, un peu maladroitement :
Ici, on est aux Etats-Unis. Le principe est simple : vous n’aimez pas, vous n’achetez pas."
Il a fait valoir que le mémorial, qui coûte chaque année 64 millions de dollars (environ 47 millions d'euros), ne bénéficie d’aucune aide publique. Avec les donations et les ventes de billets, la boutique de souvenirs est indispensable pour financer le site. Sans elle, plus d'accès gratuit au mémorial, situé à l'extérieur du musée.
Les souvenirs du 11 septembre existent depuis des années, nuance de son côté le "Washington Post". Noam Freedman, propriétaire d'un magasin de souvenir près de Ground Zero, en vend depuis 2001 : "[Après le 11 septembre 2011], tout le monde venait au magasin pour demander des t-shirts, ils voulaient tous un t-shirt commémoratif", raconte le commerçant, qui a commercialisé ces souvenirs seulement quelques jours après les attentats. "C'est la seule chose qu'on a vendu pendant longtemps."

Juliette Deborde – Le Nouvel Observateur

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20140521.OBS7971/11-septembre-la-boutique-souvenir-qui-fait-scandale.html

Tag(s) : #USA

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