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Cette photo troublante montre la nuque d'un enfant, ou d'un homme jeune, dans la ligne de mire d'un fusil. La photo a été expédiée sur le compte personnel Instagram de Mor Ostrovski, soldat israélien de 20 ans, dans une unité de snipers.

Le contexte - en particulier le caractère des bâtiments qu'on voit en arrière-plan - laisse fortement penser qu'il pourrait s'agir d'un enfant palestinien.

Il n'y a pas d'autres images montrant que le photographe a véritablement tiré sur l'enfant de la photo, dans ce cas précis. La photo est tout simplement insipide, et déshumanisante. Elle incarne l'idée que les enfants palestiniens sont des cibles.

Cela me rappelle le compte effrayant d'un autre soldat israélien adressé à l'organisation Briser le Silence sur la façon dont les soldats israéliens à Naplouse, en 2006-2007, avaient délibérément tiré sur des enfants, en utilisant parfois des balles réelles et quelquefois des balles d'acier enrobées d'une fine couche de caoutchouc :

«  - Où est-ce que vous visez ? Vous choisissez un gamin comme ça, au hasard ?

Oui. On choisit quelqu'un, on vise son corps.

Son corps ?

Au centre de masse.

A une distance de dix mètres, au centre de masse ?

Je me souviens d'une fois où on a abattu un gamin. On ne l'a pas tué pas mais quelqu'un a touché le gamin à la poitrine et il s'est écroulé et il a probablement perdu connaissance, ou pas loin. A environ dix mètres. »

Récemment, Benjamin Doherty a souligné la façon dont l'armée israélienne avait, volontairement ou involontairement, utilisé Instagram et d'autres médias sociaux pour se mettre en valeur. Ces images, que Doherty appelle « la guerre sporno  » (mêlant sport et érotisme) (1), utilisent les «  corps masculins et féminins pour érotiser l'armée, éclipser la violence contre les Palestiniens, encourager l'opinion occidentale à s'identifier aux soldats israéliens  ».

Le compte d'Ostrovski comprend d'autres images de lui-même et de ses armes :


Tag(s) : #CONFLICTS DANS LE MONDE

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