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J'ai rarement lu un article aussi ordurier de la part d'un journaliste. Tout y passe: mensonges, manipulations, amalgames et insultes en prime. Les opposants à la théorie du genre y sont considérés comme des dangereux extrémistes néo-vichystes (entre autre) alors que la nouvelle laïcité à la sauce du genre est considérée comme la "protection des familles": L'inversion des valeurs à son paroxysme et sans vergogne. Le pire c'est que l'on appelle cela du journalisme il parait et que nous avons offert sur un plateau à ce journal            8 284 007 euros de subvention l'année dernière


EXCLUSIF. Le document confidentiel qui accable Najat Belkacem




La fin de l'article atteint des sommets, son auteur considérant que la meilleure façon de protéger les enfants c'est "d'écarter de l'école laïque les parents mus par des présupposés religieux, de leur interdire de la pervertir, de les empêcher d'y imposer leurs croyances" et que "la République est aussi là pour libérer les enfants de leurs parents. Et vite. Et sans tergiverser. Et sans négocier. Et sans ambiguïté." Il finit par "L'heure de vérité approche."...c'est bien la seule chose de censé dans cet article. Fawkes

"Provocation", a décrété la Manif pour tous en apprenant l'arrivée de Najat Vallaud-Belkacem au ministère de l'Éducation nationale. "Provocation !" a répété Christine Boutin.
"Provocation !" a entonné à son tour Laurent Wauquiez. Et Poisson, et Morano, et tout ce que la droite française compte de populistes chrétiens, le mot poli pour dire néo-vichystes, goupillon dégainé mais sabre encore dissimulé, tous de reprendre encore et encore le mot qui accuse : "provocation !"
La cible privilégiée des réacs'
Aux yeux de ces adeptes de la superstition érigée en nec plus ultra du progrès humain, Najat Vallaud-Belkacem est doublement coupable.

C'est que la nouvelle ministre de l'Éducation nationale a été l'un des plus fervents avocats de la cause du Mariage pour tous et, plus grave encore, est suspecte à leurs yeux d'avoir voulu introduire ce qu'ils appellent "Théorie du genre" à l'école, avec démonstration pratique de toutes les façons de se masturber.
Cette campagne était mensongère et odieuse, mais elle a pris, transformant une manipulation médiatique montée par divers groupes extrémistes en succès politique, via le mouvement "journée de retrait de l'école".
La Manif pour tous, Boutin, Wauquiez et les autres sont même aller jusqu'à faire front commun avec Farida Beghoul et Alain Soral, Civitas et les Intégristes pour parvenir à faire plier Benoit Hamon (ex-ministre de l'Éducation nationale) et Najat Vallaud-Belkacem, les contraignant à renoncer à un enseignement utile, porté par les ABCD de l'égalité, de manière tout à fait contraire aux principes de la République, garante de la laïcité de l'école publique, gratuite et obligatoire.
Ce sont donc les pires forces de la droite, libérée de son surmoi gaulliste par le sarkozysme de gouvernement, qui s'attaquent aujourd'hui à Najat Vallaud-Belkacem. Car il ne faut pas s'y tromper : la nouvelle ministre de l’Éducation nationale est la cible qui cache le véritable objectif.
La laïcité en ligne de mire 
Avec cette campagne contre la ministre suspectée d'être l'otage du lobby LGBT et complice des communautarismes les plus rétrogrades qui menacent d'envahir la France, débute l'une de ces opérations de triangulation que les éléments UMP les plus réacs, à l'instar de Marine Le Pen, savent monter de manière adroite.
Dénoncer Vallaud-Belkacem la multi-communautariste, c'est le moyen le plus sûr d'atteindre la véritable cible : la laïcité, fondement de l'école publique.
Une fois de plus, nous allons assister dans les jours, semaines et mois qui viennent à la triangulation de la laïcité par les forces qui lui sont paradoxalement les plus hostiles. C'est au nom de la laïcité, brandie contre les prétendus communautarismes incarnés par Vallaud-Belkacem, que va se livrer le combat à venir pour la "protection des familles".
Si Marine Le Pen a pu faire croire à sa conversion laïque, qui cache en fait une campagne islamophobe qui ne fait pas de distinction entre les uns et les autres, il n'y a pas de raison que la Manif pour tous, Boutin, Morano, Wauquiez et les autres n'y parviennent pas à leur tour.
Si cette campagne peut prendre, c'est en grande partie, hélas, du fait de Najat Vallaud-Belkacem elle-même. La Bérézina républicaine subie lors de l'assaut mené par le mouvement "journée de retrait" de l'école publique, avec capitulation en rase campagne de Benoit Hamon et Najat Vallaud-Belkacem face à des forces politiques, par nature épouvantables, n'incite pas, a priori, à considérer cette même Najat Vallaud-Belkacem comme un ministre inspiré par la laïcité de Jaurès.
Une capacité de résistance compromise
La nouvelle ministre, en l'état, paraît peu capable de résister, au nom de la République et de la laïcité, à des forces auxquelles il ne faut jamais rien concéder. Sa capacité de résistance semble d'autant plus compromise que la faiblesse du pouvoir atteint des niveaux jamais enregistrés sous la Ve République.
Pour tout dire, la question de la capacité de Najat Vallaud-Belkacem à porter l'héritage de Jaurès en matière d'école et de laïcité est posée. Elle l'est d'autant plus qu'à de nombreuses reprises l'ex-ministre des Droits des femmes s'est placée elle même dans des positions ambiguës, prêtant le flanc à l'éternel reproche de communautarisme(s) rampant qui lui est fait.
On citera ici, dernier exemple en date, les critiques formulées à son encontre suite à sa dénonciation des propos de Nadine Morano stigmatisant une femme portant un foulard sur une plage.
Certains détracteurs de l'étoile montante du hollandisme de gouvernement (et pas nécessairement des extrémistes religieux, ce qui est un signe alarmant) ont estimé que la ministre pratiquait une lecture de la laïcité à deux vitesses, suivant que l'on soit femme musulmane ou pas.
C'est le cas de Lydia Guirous, fondatrice du club "Future, au féminin" et secrétaire nationale du Parti radical en charge de la lutte contre les discriminations et les Droits des femmes :
"Au nom d'un relativisme culturel et d'un 'politiquement correct' teinté de culpabilité post-coloniale, il faudrait donc s'interdire de remettre en question toute action ou comportement qui portent atteinte à l'égalité, à la liberté et au respect de nos principes fondateurs, tels que la laïcité ? Les Droits des femmes ne concerneraient donc plus les femmes musulmanes de France. En somme, vous nous proposez donc un ministère des Droits de certaines femmes, dont seraient exclues les femmes musulmanes qui souffrent en silence, contraintes à porter le voile, le hijab, le niqab ou la burqa…"
Le retrait des ABCD de l'égalité, un mauvais signal
Dans ce contexte, compte-tenu de la façon dont Najat Vallaud-Belkacem a mené ses récents combats (y compris en faveur de l'indispensable instauration du Mariage pour tous) de manière plus communautariste que républicaine, les défenseurs de la tradition laïque de l'école ne peuvent qu'être dubitatifs.
Le retrait des ABCD de l'égalité, défendu par la nouvelle ministre de l’Éducation nationale, et quoi que l'on en pense, était par principe intolérable dès lors que l'on pliait face à des communautarismes religieux, qui plus est de la pire espèce. Le message implicite de la séquence, comme si un communautarisme sociétal cédait face à un autre communautarisme, de nature plus réactionnaire, était dévastateur pour la laïcité républicaine. 
Comme s'en réclamait François Mitterrand, Najat Vallaud-Belkacem saura-t-elle se montrer "fidèle à l'enseignement de Jaurès" ?
Ce même Jaurès dont le discours de Castres (1904) mérite d'être ici cité et médité, histoire de rappeler à Najat Vallaud-Belkacem, si besoin est, mais aussi à la Manif pour tous, Boutin, Wauquiez et autres, le fondement de la laïcité, inséparable de la démocratie, et imposant l’établissement par la nation d'un enseignement laïque :
"Il n’appartient à personne, ou particulier, ou famille, ou congrégation de s’interposer entre ce devoir de la nation et ce droit de l’enfant. Comment l’enfant pourra-t-il être préparé à exercer sans crainte les droits que la démocratie laïque reconnaît à l’homme si lui-même n’a pas été admis à exercer, sous forme laïque, le droit essentiel que lui reconnaît la loi, le droit à l‘éducation ?
Comment, plus tard, prendra-t-il au sérieux la distinction nécessaire entre l’ordre religieux, qui ne relève que de la conscience individuelle, et l’ordre social et légal qui est essentiellement laïque, si lui-même dans l’exercice du premier droit qui lui est reconnu, et dans l’accomplissement du premier devoir qui lui est imposé par la loi, il est livré à une entreprise confessionnelle et trompé par la confusion de l’ordre religieux et de l’ordre légal ?
Qui dit obligation, qui dit loi, dit nécessairement laïcité. Pas plus que le moine, ou le prêtre ne sont admis à se substituer aux officiers de l‘État civil dans la tenue des registres, dans la constatation sociale des mariages ; pas plus qu’ils ne peuvent se substituer aux magistrats civils dans l’administration de la justice et l’application du Code, ils ne peuvent, dans l’accomplissement du devoir social d‘éducation, se substituer aux délégués civils de la nation, représentants de la démocratie laïque."
L'heure de vérité approche
Najat Vallaud-Belkacem saura-t-elle dire, à l'exemple de Jaurès, à la Manif pour tous et ses supporters, que la meilleure façon de protéger les enfants, c'est justement d'écarter de l'école laïque les parents mus par des présupposés religieux, de leur interdire de la pervertir, de les empêcher d'y imposer leurs croyances ?
Si la nouvelle ministre est l'héritière de Jaurès, républicaine, laïque (et socialiste), elle saura dire à ces forces anti-laïques que l'école de la République est aussi là pour libérer les enfants de leurs parents. Et vite. Et sans tergiverser. Et sans négocier. Et sans ambiguïté.
L'heure de vérité approche.

Source: Le nouvel Obs

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