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Gilles Jacquier avait reçu un prix à l'automne 2010 pour un reportage effectué en Afghanistan.

Photo: AFP/KENZO TRIBOUILLARD

Gilles Jacquier avait reçu un prix à l'automne 2010 pour un reportage effectué en Afghanistan.

Huit personnes, dont un grand reporter de France 2, Gilles Jacquier, ont été tuées mercredi, à Homs, dans le centre de la Syrie. Selon la télévision syrienne Addounia, 25 personnes ont aussi été blessées.

Selon un photographe de l'Agence France-Presse qui se trouvait sur place, un obus est tombé sur un groupe de journalistes qui se trouvait en reportage dans ce haut lieu de la contestation contre le régime du président Bachar Al-Assad.

France Télévisions a fait savoir que M. Jacquier et un autre journaliste de France 2 « étaient en mission autorisée par le gouvernement syrien » pour un reportage destiné au magazine Envoyé spécial, diffusé au Canada par TV5.

« Nous sommes en contact avec les autorités syriennes et françaises pour rapatrier le corps et l'équipe de France 2 », peut-on lire dans un communiqué publié par France Télévisions.

« Nous demandons qu'une enquête soit menée afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce drame », a commenté dans un communiqué le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé.

« Nous condamnons vigoureusement cet acte odieux », a-t-il ajouté, en demandant aux autorités syriennes « d'assurer la sécurité des journalistes internationaux sur leur territoire et de protéger cette liberté fondamentale qu'est la liberté d'information ».

L'Union européenne a aussi réclamé qu'une enquête soit faite rapidement pour élucider les circonstances de la mort du journaliste.

« La presse doit être autorisée à remplir son rôle vital de fournir une information indépendante sur les événements en Syrie sans craindre d'être victime de violences ou de répression », a déclaré la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, par voie de communiqué.

Le département d'État américain a également déploré la mort de Gilles Jacquier, qui est devenu le premier journaliste occidental à être tué depuis le début du soulèvement contre le président Al-Assad, à la mi-mars.

Gilles Jacquier en bref


Il était grand reporter à la chaîne de télévision française France 2 depuis 1999.

Il a couvert les guerres d'Irak, d'Afghanistan et du Kosovo, ainsi que le conflit israélo-palestinien.

En 2003, Il a obtenu le prix Albert Londres avec son collègue Bertrand Coq pour un reportage réalisé pendant la deuxième Intifada et l'opération Rempart menée par l'armée israélienne en 2002.

À propos de son travail de vidéojournaliste, il avait dit, dans une entrevue publiée sur le site de France 2 :

« J'ai horreur de la guerre, mais sur ces terrains, je peux faire de vraies rencontres. Le plus souvent, les gens sont eux-mêmes très sincères face à une caméra et on ne peut rester insensible à leur souffrance. Il faut beaucoup de distance ou, du moins, essayer d'en avoir, pour ramener l'information brute.

Moi j'aime surtout filmer les gens au plus près de l'action, avec leurs émotions et sans voyeurisme. Sur les terrains difficiles, il n'y a pas que de la tension, il faut aussi du courage pour aller chercher les images, se trouver au bon endroit, au bon moment, sans prendre trop de risques. »

Carte de la Syrie
 

Un photographe néerlandais a aussi été blessé dans cette attaque, a annoncé le ministère néerlandais des Affaires étrangères. « Il a été blessé, mais est déjà sorti de l'hôpital », a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministère. « Nous espérons qu'il pourra rentrer demain à la maison, notre ambassadeur est en contact avec lui »

Selon Rami Abdoulrahman, de L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), M. Jacquier et le photographe néerlandais ont été atteints par des obus tombés entre les quartiers de Akrama et Al-Nouzha.

Le ministère de l'information syrien a indiqué qu'il était au courant d'un incident concernant des journalistes étrangers à Homs, mais qu'il n'avait pas d'autres détails.

Selon l'ONU, 5000 personnes ont été tuées par les forces de sécurité au cours des dix derniers mois; le régime syrien soutient pour sa part que plusieurs centaines de membres des forces de sécurité ont été tués par des « bandes armées ».

Le président syrien Bachar Al-Assad a pris la parole lors d'un rassemblement public, mercredi, à Damas. « Nous allons triompher sans aucun doute du complot », a-t-il déclaré lors de cette très rare apparition publique.

Photo: La Presse Canadienne /HO/SANA

Le président syrien Bachar Al-Assad a pris la parole lors d'un rassemblement public, mercredi, à Damas. « Nous allons triompher sans aucun doute du complot », a-t-il déclaré lors de cette très rare apparition publique.

 

 

 

Radio-Canada.ca avec

Agence France Presse et Reuters

 

 

Tag(s) : #CONFLICTS DANS LE MONDE

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