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De violents incidents ont éclaté dimanche en marge d'une manifestation pro-européenne à Kiev, où des participants ont tenté de forcer le siège du gouvernement ukrainien avant d'être repoussés par la police faisant usage de gaz lacrymogènes.

Les incidents ont éclaté après un rassemblement de dizaines de milliers de personnes sur la place de l'Indépendance, haut lieu de la Révolution orange pro-occidentale en 2004, à l'appel de l'opposition dénonçant le revirement du gouvernement qui a décidé d'abandonner un accord d'association avec l'UE, sous la pression de Moscou.

Des manifestants ont tenté de percer un cordon de police devant le siège du gouvernement proche de cette place, et certains ont jeté des pierres en direction des forces de l'ordre qui ont répliqué à coups de matraques et de gaz lacrymogènes, selon un correspondant de l'AFP. Le calme semblait revenu par la suite, et il n'y a eu aucune interpellation. Des participants étaient toujours réunis sur la place de l'Indépendance et chantaient "révolution!". Ils ont participé à une manifestation qui a réuni dans l'après-midi environ 20.000 personnes, selon la police, plus de 100.000 selon les organisateurs. Agitant des drapeaux de l'Union européenne et des partis d'opposition ukrainiens, les manifestants ont protesté contre la décision du gouvernement de renoncer au rapprochement avec l'UE.

Ils accusent le régime du président Viktor Ianoukovitch d'avoir cédé aux pressions de la Russie qui pousse Kiev à adhérer à son union douanière avec d'autres pays de l'ex-URSS. "Ianoukovitch dégage!", ont crié certains manifestants. "Nous sommes venus ici pour montrer que nous nous sentons européens", a déclaré à l'AFP une manifestante, Alexandra Prissiajniouk, étudiante de 19 ans. "Nous espérons que nous allons pouvoir montrer notre force à travers cette action et que nous représentons quelque chose pour notre pays. Le pouvoir ne peut pas ne pas réagir à une telle manifestation de la société civile", a ajouté l'étudiante. Venu de la région de Dniepropetrovsk (400 km au sud-est de Kiev), un autre manifestant, Artem Vachkevitch, a estimé que l'Ukraine, qui a déclaré son indépendance en 1991 après la chute de l'URSS, était dans les faits toujours dépendante de la Russie.

"Nous voulons montrer que Ianoukovitch, ce n'est pas l'Ukraine. C'est un homme qui a été mis en place (à la présidence) par la Russie", a déclaré M. Vachkevitch, âgé de 31 ans. Le parti d'opposition Oudar a affirmé que les autorités avaient refusé à l'avion de son leader, le boxeur Vitali Klitschko, d'atterrir à Kiev, ce qui l'a contraint à se poser dans une autre ville et empêché de participer à la manifestation. Le gouvernement ukrainien a abandonné contre toute attente jeudi les négociations sur un accord d'association avec l'UE et décidé de se tourner vers le grand voisin russe, une décision aussitôt dénoncée par l'opposition et vue comme une erreur stratégique en Europe. Ioulia Timochenko, l'ex-Première ministre et adversaire politique du président Viktor Ianoukovitch en prison pour une accusation d'abus de pouvoir qu'elle dénonce comme une vengeance politique, a appelé à accentuer la pression sur le gouvernement avant le sommet du Partenariat oriental de l'UE à Vilnius les 28 et 29 novembre, au cours duquel l'accord avec l'Ukraine devait être initialement signé.

"Aujourd'hui, nous avons un objectif très précis: contraindre Viktor Ianoukovitch à revenir sur sa décision humiliante, et faire en sorte que l'accord d'association avec l'UE soit signé le 29 novembre à Vilnius", a déclaré Mme Timochenko, selon un communiqué. Mme Timochenko, qui purge une peine de sept ans de prison, a appelé les manifestants à ne pas relâcher la pression et à rester sur la place de l'Indépendance jour et nuit jusqu'au sommet de l'UE le 29, afin d'obtenir gain de cause. Des manifestations pro-européennes ont eu lieu dimanche dans d'autres villes d'Ukraine et rassemblé plusieurs centaines de participants. La Russie, destination du quart des exportations ukrainiennes, avait clairement prévenu Kiev des conséquences commerciales d'un accord avec l'UE.

 

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Tag(s) : #ACTUALITES

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