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Le secret du drone américain Sentinel exposé par l’Iran

 

16 décembre 2011 Aerobuzz.fr

 

Après en avoir nié l’existant, les USA ont été contraints de reconnaître la perte d’un drone ultra secret d’espionnage, au-dessus de l’Iran. L’affaire est embarrassante pour Washington d’autant que Téhéran qui a récupéré l’engin intact, triomphe.

 

Le 5 décembre dernier les autorités iraniennes, annonçaient la capture d’un drone américain surpris le 4 décembre 2011 en train de survoler la frontière iranienne. Face à cette situation gênante, les autorités américaines ont d’abord opposé un silence assourdissant avant de laisser entendre à mots couverts qu’il pourrait s’agir d’une manipulation. En réponse, Téhéran a décidé d’enfoncer le clou en faisant circuler les jours suivants sur le net et dans tous les médias des photos et des vidéos très claires de l’engin sans pilote intact, examiné de près par des spécialistes des forces aériennes locales. Les militaires ont expliqué que le drone a été saisi grâce à des moyens de guerre électronique capables de déjouer ce bijou technologique américain désigné « Sentinel ». Outre Atlantique le silence devint de plus en plus assourdissant… Ce fut finalement le président américain en personne, Barack Obama qui a officialisé le 12 décembre dernier l’évènement en exigeant au passage la restitution immédiate de l’appareil.

 

Mais à l’heure actuelle que sait-on de cet engin sans pilote ? Pas grand chose en fait, si ce n’est qu’il est apparu pour la première fois en 2009 en Afghanistan, à Kandahar. Sa forme générale d’aile volante rappelle le bombardier furtif B2 en service dans l’US Air Force. Mais sa conception générale est signée par le très secret bureau d’études « Skunk Works », (littéralement, les travaux qui puent et dont l’emblème est un putois), de Lockheed Martin. Ce drone, désigné officiellement « RQ170 Sentinel », se présente sous la forme d’une aile volante de 20 m d’envergure environ sans dérives. A l’instar du B2, le « Sentinel » doit faire appel pour son pilotage à des commandes de vol électriques actionnant des surfaces mobiles situées sur le bord de fuite de l’aile. La forme de la tuyère est caractéristique d’un appareil conçu pour évoluer en subsonique.

 

La partie supérieure du « Sentinel » abrite l’entrée d’air protégée par une grille antiradar de l’unique réacteur de type inconnu. Le dos de l’engin présente deux bosses symétriques abritant probablement des antennes destinées au guidage et à l’envoi de données. Bien que rien ne trahisse leur présence, il n’est pas exclu que le nez les bords d’attaque du drone abritent des antennes sophistiquées noyées dans la peau du drone.

 

Même si les vues du ventre de l’engin manquent, il y a fort à parier que l’engin est pourvu de moyens optiques jour/nuit et d’au moins un système d’écoute des signaux radio et radar. Ces données sont cruciales pour établir l’ordre de bataille d’un pays, identifier ses points faibles ou tout simplement prendre le pouls d’un pays en écoutant ses conversations téléphoniques. Les images, elles sont utilisées pour la localisation et l’identification de sites nucléaires ou militaires particuliers. Autant d’informations qui sont ensuite relayées par liaison de données satellitaire, ce qui pourrait expliquer les carénages d’antennes sur le dos de l’engin.

 

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Le drone espion américain capturé par l’Iran présenté par la télévision iranienne.

Ce genre de drone dont la conception fait appel à des matériaux et des formes très particulières se veut pratiquement invisible pour les radars de tir et la majorité des radars de surveillance. Dès lors comment se fait t-il qu’il soit tombé ? Et c’est là que l’explication iranienne, qui prétend avoir fait appel à la guerre électronique pour arraisonner le drone prend tout son sens au grand dépit des forces américaines.

 

Il existe aujourd’hui des moyens radar et des systèmes de guerre électronique passifs capables de détecter les avions furtifs à longue distance et au besoin de brouiller leurs systèmes de transmission. Pire ces systèmes de conception russe pour la plupart, sont disponibles sur le marché depuis au moins une dizaine d’années. Mais entre la détection d’un engin furtif et sa prise de contrôle par une entité organisée, il y a un saut technologique énorme… Et c’est précisément ce que prétend pouvoir faire l’Iran, peut être grâce à la livraison par Moscou du fameux système de guerre électronique russe « Avtobaza ». Un ensemble d’interception et de brouillage électronique dernier cri. L’autre explication probable est plus simplement la défaillance d’un système critique du drone tel que le moteur, le système d’approvisionnement en carburant ou le calculateur de gestion de vol.

 

Cet incident démontre paradoxalement l’intérêt du drone. On se souvient de la capture au début des années 60 de Gary Powers, un pilote de la CIA dont le U2 avait été abattu par les missiles sol-air russes. Le malheureux avait été exhibé devant les caméras du monde entier et utilisé à des fins de propagande anti américaine. Plus près de nous, en 2001 c’est un avion espion EP3E et tout son équipage qui a été capturé et détenu par les autorités chinoises…

 

Le drone ne pose pas ce genre de problème politique, l’engin sans pilote permet aux politiques de s’affranchir des contorsions diplomatiques liées à la récupération de ressortissants pris la main dans le sac. En outre un engin sans pilote est plus économique qu’un avion dans la mesure ou il a besoin de moins de redondances liées à la sécurité de son occupant. En revanche l’absence de cerveau humain, implique la nécessité d’une liaison de données performante avec une base déportée pour assurer le guidage, les déroutements ou gérer un imprévu. C’est précisément cette liaison qui est le talon d’Achille du drone, car toute émission radio trahit la présence de l’engin furtif aux yeux des moyens de guerre électronique.

 

En matière de drones furtifs, les « Skunk-Works » n’en sont pas à leur coup de maitre. Dans les années 60, ils ont donné aux services de renseignement américains un drone supersonique innovant, le D21 qui, bien que déjà conçu pour être indétectable tout en filant à plus de 3.000 km/h se révéla trop en avance pour son temps. Au moins un fut perdu en territoire sensible avant que le programme ne soit arrêté. Depuis le bureau d’études a mis en service plusieurs systèmes sans pilote dont l’existence est probablement encore classée secret défense.

 

Pour conclure, il faut reconnaître que la demande de restitution par le président Obama de son drone démontre, mais un peu tard, la peur de voir percés à jour les secrets technologiques de cet engin innovant. Des secrets qui pourraient intéresser au plus haut point des pays avancés comme la Chine et la Russie, deux pays d’habitude bien disposés à l’égard de Téhéran.

source: rpdefense
Tag(s) : #ACTUALITES

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